Gilets jaunes : Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?

La mobilisation en vue d’un blocage national le 17 novembre prend de l’ampleur. De quoi s’agit-il ?

Le rassemblement, dimanche 4 novembre à Narbonne. Le rassemblement, dimanche 4 novembre à Narbonne.

Ce matin dimanche 4 novembre avait lieu à Narbonne devant Décathlon l’un des rassemblements préparatoires au blocage du 17 novembre. L’appel avait été lancé sur facebook par Quentin Bnclh auteur de la page « Blocage national 17 novembre - Narbonne ».

Sur place, environ une centaine de personnes : des jeunes, des gens d’âge mûr hommes et femmes, quelques cheveux blancs, des motards… dans l’ensemble des gens simples.

Quentin, qui est pizzaiolo de son métier, et motard, est monté sur le toit d’un fourgon pour se faire entendre. Il a expliqué le mouvement : il a, dit-il, pris l’initiative au niveau local avec deux ou trois copains puis le groupe s’est élargi peu à peu. Il y a un autre groupe comme cela à Narbonne et un à Sigean. L’initiative semble tout à fait spontanée, en tout cas pour celle-là.

Le mot d’ordre, c’est d’abord le refus de la hausse des carburants mais Quentin précise tout de suite qu’il faut élargir à tout ce qui porte atteinte au pouvoir d’achat. Il cite les retraités, qui en ont pris pour leur grade, et puis n’en dit pas plus. Il n’a pas préparé un long discours. Dans la foule, certains citent le gaz, la santé, les taxes…

Ce qui est affirmé nettement c’est que le mouvement se fait en dehors des partis politiques et des syndicats, il se veut un mouvement de citoyens. Quentin précise : « les syndicats nous en aurons peut-être besoin plus tard pour la partie législative. »

Il ouvre le débat mais il n’y en aura pas, il n’a tout simplement pas été organisé et chacun parle avec son voisin.

Les organisateurs semblent surtout préoccupés par l’organisation des blocages : ils ne veulent pas de violences, pas de casse, et entendent éviter d’être en porte-à-faux sur les questions de légalité pour éviter de donner prise aux verbalisations. Ils ont l’intention de durer bien au-delà d’une journée. Quentin précise qu’il espère l’appui des petits patrons du transport et des BTP : on rejoint donc la préoccupation principale du coût du carburant ou des taxes, de façon peu définie.

Les participants font des photos puis montent dans les voitures pour défiler en ville, comme première manifestation.

Le prochain rendez-vous est fixé à dimanche 11 novembre à 10 h au même endroit. Le but, c’est de faire monter la pression et, ce jour-là, d’annoncer les points de blocage pour le 17.

Que dire de ce mouvement ? Plus précisément de ce groupe-là, les autres n’ont pas forcément les mêmes dynamiques. Ce qui est clair, c’est qu’il rassemble des gens comme vous et moi, pas des fascistes comme certains en ont émis la crainte sur les réseaux sociaux ou dans la presse. Ce qui ressort, c’est le ras-le-bol face à ce qui est considéré comme des attaques au pouvoir d’achat. Le carburant sert de catalyseur mais il n’est pas l’unique motif.

L’initiative semble bel et bien spontanée. Quentin a parfois des accents un peu autoritaires : « je veux vous voir tous en gilets jaunes », mais cela semble avant tout un souci de mener à bien l’organisation dont il se sent responsable. Ce qui est clair c’est que l’on ne se perd pas en débat et en analyses, on s’appuie sur un sentiment partagé de colère.

Il est difficile de dire comment le mouvement va évoluer. Pourra-t-il se structurer ? Les revendications seront-elles claires et audibles ? On va le voir dans les jours et semaines qui viennent. Ce qui est sûr c’est que le gouvernement ne semble pas avoir saisi l’ampleur du mécontentement et que cela risque de lui retomber dessus s’il ne réagit pas.

Ph.C.

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