"Une chose est sûre: le président Trump, par son apolitisme apparent, et ses manières, délibérément, 'politiquement incorrectes' devant lesquelles Reagan devient indiscutablement un nain, nous réserve, y compris en Afrique, énormément de surprises, pour le meilleur et pour le pire. Sacrée Amérique qui, de temps en temps, sait mettre en selle des spécimen hors-normes! Car, je suis d'avance convaincu que ce sera une aventure à multiples épisodes, très fracassants et renversants, les uns après les autres..." (Ainsi, soulignions-nous le 16 novembre 2016, Cf Commentaires, "LES RÉACTIONS AFRICAINES À L'ÉLECTION DE DONALD TRUMP, RFI, 16 novembre 2016)
C'est un truisme de l'affirmer, la politique internationale d'un État c'est bien souvent la continuation de sa politique intérieure dans laquelle elle trouve ses motivations profondes. Dans sa campagne, comme dans les débuts de sa présidence, Trump s'est révélé, de façon délibérée, comme un isolationniste, essentiellement orienté et focalisé vers la politique intérieure et les intérêts américains, condamnant ainsi ouvertement les interventions américaines extérieures antérieures notamment, au nom d'une certaine rationalité économique.
Pourquoi alors penser que cette position forcenée, maintes fois affirmée par Donald Trump, pourrait changer.
Il y a au moins trois raisons:
- D'abord parce que tout le discours de Trump a été, jusqu'ici, et en apparence, un défi, une croyance et un espoir semé dans la résolution de nombreux problèmes auxquels se heurtent une partie importante des américains. Non sans sous-estimer leur complexité, ni les contrepoids de la société politique américaine sur l'ensemble des sujets posés, et plus précisément sur ceux relatifs à l'assurance-maladie et à l'immigration qui se révèlent, à l’œuvre, comme un échec pour Donald Trump! Un échec qui augure d'autres et qui, d'une façon ou d'une autre, et inévitablement, pourrait conduire Donald Trump à rechercher d'autres canons, d'autres domaines moins contraignants politiquement pour redorer le blason. Ainsi, et rapidement, LA PREMIÈRE RAISON QUI POURRAIT DÉTERMINER DONALD TRUMP À ASSOUPLIR OU ROMPRE AVEC SON ISOLATIONNISME PROCLAMÉ CE SERAIT LES ÉCHECS VITE APPARUS DE SA POLITIQUE INTÉRIEURE, et qui font déjà de lui, en moins de trois mois, un président très impopulaire et contesté.
- Ensuite, la compétition et l'obsession contre Obama! De la contestation absurde de la nationalité de son prédécesseur jusqu'au désir de suppression de sa réalisation symbole que constitue l'obamacare, sans oublier le dernier épisode rocambolesque des prétendues écoutes d'Obama contre lui, Trump a démontré une sorte de paranoïa, ou tout au moins une intention sans équivoque de 'déboulonner', d'effacer, d'égratigner le 44ème président américain. Or, l'on se rappellera, à propos de la Syrie, le rétropédalage spectaculaire du président Obama sur sa fameuse "ligne rouge" fixée à Bachar El Assad, le président Syrien, sur l'usage des armes chimiques. En août 2013, comme aujourd'hui, l'usage des armes chimiques par l'armée syrienne apparemment contre son peuple a constitué et démontré UNE CERTAINE FAIBLESSE D'OBAMA QUE CHERCHERAIT À EXPLOITER LE COMPÉTITEUR TRUMP POUR DÉMONTRER SA FORCE, MARQUER DES POINTS LÀ OÙ L'AUTRE A ACCUSÉ DE FAÇON ÉVIDENTE SA FAIBLESSE, quelles qu'en soient les raisons
- Enfin, embourbé dans une connivence critiquée avec la Russie qui a déjà coûté des postes à certains de ses proches collaborateurs, et qui est loin d'être finie, TRUMP PEUT PRENDRE PRÉTEXTE DE CE NOUVEL ÉPISODE SYRIEN POUR CHERCHER À METTRE EN ÉVIDENCE SES CONTRADICTIONS ET SON INDÉPENDANCE FACE À LA RUSSIE ET À POUTINE ! Les premières prises de position fortes et opposées de l'un et l'autre, avec la convocation d'urgence du Conseil de sécurité, annoncent un premier et apparent bras de fer qui, pour la forme, permettrait à Trump d'anticiper et de contrebalancer les promesses de révélation d'un de ses proches jusqu'ici subordonnées à la reconnaissance d'une immunité.
Sans doute peut-on, sur toutes ces hypothèses, opposer le droit international, et surtout le veto russe. L'on sait, et l'intervention de l'Otan au Kosovo notamment l'a démontré, que quand l'une des grandes puissances est déterminée à intervenir, elle trouve toujours des raisons de le faire, soit au nom de l'humanité, soit au nom du terrorisme. ON CONSTATERA, DANS CE SENS, QUE DANS SON BREF SPEECH SUR LE SUJET, TRUMP PARLE DÉJÀ D'UN "AFFRONT À L'HUMANITÉ" ET DE DEACH COMME PRÉTEXTE À UNE INITIATIVE PROCHAINE DONT ON IGNORE ENCORE LES FORMES!
Quoiqu'il en soit, on aura compris que se trouve à l'origine de cet éveil de Trump, peu attendu a priori, une impasse entrain de voir le jour dans la réalisation de ses promesses internes majeures, l'accroissement d'une déconnexion avec ses concitoyens, mais aussi une expression de son insaisisable et imprévisible personnalité...