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Felix Bankounda Mpele

Enseignant-Chercheur, Juriste et Politologue, consultant, Membre de l'Association Française de Droit Constitutionnel, Membre-Expert de l'Institut International de Droit d'Expression et d'Inspiration Françaises (1997-2024)

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Billet de blog 29 décembre 2019

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OÙ ET QUI EST 'L'ENFUMEUR', ENTRE MACRON ET ASSELINEAU !

La décision commune, entre les présidents Ouattara et Macron, de mettre un terme au fcfa en Afrique de l'ouest n'arrête pas de susciter les commentaires. François Asselineau a réagi avec vigueur à ce propos, traitant l'attitude de Emmanuel Macron d'enfumage...

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 Plutôt politicien jusqu'au bout de l'ongle, ce cher François Asselineau, l'ancien candidat à la dernière présidentielle notamment, à tel point qu'à la fin de sa réaction contre la déclaration commune entre Macron et son homologue ivoirien Ouattara annonçant la fin prochaine du fcfa, où il traite Macron d''enfumeur', on se demande si on ne peut pas lui reprocher lui-même ce qu'il reproche à Macron !

Sur la forme, il reproche à Ouattara de parler à la place de ses autres collègues présidents ouest - africains intéressés, mais omet de signaler que Ouattara est président en exercice de l'UEMOA. Quand bien même cette question intéresserait la CEDEAO comme on l'a entendu ici et là, on ne voit pas ou on explique pas en quoi, juridiquement, cette annonce purement formelle lie ou empêche la CEDEAO, le moment venu, de le faire à son tour, selon les formes requises. Bien plus grave, parce que frisant l'ingérence, au nom de sa conception de la souveraineté qui est son cheval de bataille politique, il considère ou impose que les États africains concernés devraient également avoir individuellement une monnaie souveraine ! De quoi se mêle - t-il ! En raison de sa conception souverainiste à lui, l'Afrique devrait-elle sacrifier ou abandonner le panafricanisme idéalisé par tous ses dignes fils et, surtout, seule stratégie qui, au regard de l'histoire universelle, démontre que les grands ensembles seuls se développent rapidement et tiennent le coup de l'inévitable concurrence mondiale !

En reprochant à Macron de ne pas informer ou consulter les autres institutions politiques françaises préalablement, il feint d'ignorer que pour cette annonce, Ouattara ou les États africains n'étaient pas forcément liés à l'agenda français et qu'ainsi, inconsciemment, le défenseur de la souveraineté à tout prix n'a plus la même conséquence ou la même vigueur quand il s'agit de la souveraineté africaine. Qui lui dit que Macron n'a pas en quelque sorte été mis devant le fait accompli par Ouattara, sur une question éminemment africaine, dont l'opinion publique africaine avait depuis quelques années fait un grand enjeu, une préoccupation quasi quotidienne.

Enfin, maniant avec dextérité la démagogie, il fait également semblant d'être le seul à ne pas comprendre que c'est parce que la France ou Macron assure ou accepte d'être le garant de ces États africains que la parité fixe a été retenue pour ne pas faire courir sur la France les effets et risques de l'instabilité économique des États africains concernés. Objectivement, l'on peut comprendre que cette garantie réciproque ou ce risque réciproquement concédé est l'expression, le corollaire d'une étape de rodage et que, dans l'hypothèse d'une évolution favorable, et au nom de la souveraineté, rien n'interdit les deux parties de déclarer leur retrait, par dénonciation ou consentement mutuel, comme ils viennent de le faire.

On ne manquera toutefois pas de noter qu'en procédant comme il l'a fait, Ouattara a cru ou voulu marquer un coup politique au plan national et africain. Ce qui n'est pas gagné d'avance, au vu de multiples mésinterprétations empreintes quand même de beaucoup de subjectivisme, de militantisme ou de considérations politiciennes, comme François Asselineau, le président de l'UPR, vient de le démontrer. Qu'en définitive, l'on se demande si c'est la France ou l'Afrique qu'il veut bien défendre, en disant à la fois que Macron fait courir des risques à la France, et que la parité ne serait pas favorable à une bonne politique économique des États africains intéressés, alors qu'au départ, le but recherché par ceux-ci c'est de se mettre sur les rails de la gestion d'une nouvelle monnaie unique dont la réussite reste une gageure, au regard des expériences ratées sur le continent et ailleurs.

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