Ami macroniste entends tu... ?

De plus en plus de macronistes tentent de faire taire les critiques en appelant à l’union nationale. A les croire, il ne faut blâmer personne pour cette crise et se permettent même de culpabiliser les voix discordantes. Bref, le foutage de gueule reste ouvert, même pendant les travaux. Une petite riposte s’impose.

Cher ami macroniste,

Cela fait maintenant quelques semaines que tu fais feu de tout bois afin de relayer urbi et orbi tes appels à la retenue, la dignité. Ton crédo ? En ces temps de crise il faut l’union nationale. Alors tu te répands non seulement sur les réseaux sociaux, mais également dans les tribunes de chaque organe de presse suffisamment complaisant pour t’ouvrir ses colonnes.

Et maintenant tu vas même jusqu’à t’insinuer dans les discussions alcoolisées des conversations skype pour pousser tes pauvres arguments.

Et à chaque fois tu nous ressers le même discours lénifiant : il serait vain d’accabler qui que ce soit de la situation actuelle, personne ne pouvait prévoir cette catastrophe, nous sommes en guerre, nous avons besoin de solidarité et, d’ailleurs, celles et ceux qui s’aventurent à la critique sont des tireurs dans le dos irresponsables. Bref, le monde s’effondre mais à quoi bon chercher des responsables ? N’est-ce pas mesquin de faire preuve de rancœur lorsque le pays a besoin de toutes les énergies pour se relever ?

Alors voilà cher ami macroniste, je vais me permettre à mon tout petit niveau de t’apporter à la fois ma réponse et un début d’éclairage.

Pour ce qui est de la réponse, elle va être un peu directe.

Oui, il est important  voire même vital de désigner les responsables car ce n’est pas avec ceux qui ont créé le problème que l’on va trouver les solutions. Pour changer ce monde et le remettre d’équerre, il faudra faire appel à d’autre cerveaux, mieux faits, moins pervertis, plus ouverts et plus verts. Et plus vite nous désignerons les responsables, plus vite nous pourrons les écarter du chemin de la résilience. Et je rajouterai également que la notion de responsabilité n’aurait plus jamais aucun sens si, au moment de la prendre, ceux qui en avaient accepté l’augure, en échange le plus souvent d’une rétribution exorbitante, refusaient de l’endosser et s’en allaient couler des jours heureux sans rendre aucun compte à ceux qu’ils ont trahis.

Et il se trouve ami macroniste que le responsable c’est toi. Oui je sais ce n’est jamais agréable de se faire moucher avec sa propre merde, et peut être même que tu n’avais pas encore réalisé que tu aurais à répondre de toutes les saloperies dont tu t’es fait le promoteur depuis que tu es en âge de voter. Mais  il se trouve que cela fait quarante ans qu’avec tes copains néolibéraux de gauche comme de droite vous avez entrepris de soutenir tous les gouvernements scélérats qui se sont permis de défaire ce que le Conseil National de la Résistance avait construit en réponse à la pure barbarie qui avait ravagé le monde. Quarante ans que toi et les tiens mettez un point d’honneur à ignorer les avertissement des intellectuels, sociologues, économistes, journalistes politiques, écrivains, syndicalistes, simples citoyens, qui vous crient, hurlent, clament qu’il est certains domaines – en l’occurrence, la santé - dans une société citoyenne qui ne peuvent relever du marché, que la main invisible du marché, la théorie des abeilles Mandevilienne, ou celle de la rationalité des agents économiques ne sont, au mieux que des fables pour enfants, au pire des arnaques immorales. Que la compétition de tous contre tous n’est et n’a jamais été l’alpha et l’omega de l’espèce humaine, et que c’est plutôt sur la solidarité et la coopération que ce sont fondées les sociétés.  Cela fait également quarante ans que, les mêmes, vous martèlent que la « globalisation » heureuse n’existe que dans vos cerveaux malades d’hyper consommateurs, et qu’à force de délocaliser leurs richesses, leur ressources et leurs expertises les états se mettaient en grand danger. Cela fait également quarante ans - depuis le rapport du club de Rome précisément – que  les mêmes, vous avertissent sur le danger des effets du productivisme et de la croissance sur une planète aux contours et aux ressources finis.

On pourrait passer des semaines à vous citer les noms de ces personnes qui, très tôt vous ont mis en garde. On pourrait vous sortir les millions de pages de rapports et d’études produites sur les dangers qui nous guettaient. Les milliers de programmes alternatifs. Mais vous les avez traité avec mépris, dédains, puis vous avez finis par les ostraciser. Populistes, xénophobes, fasciste, antisémites…. Aucune insulte n’était assez forte pour faire taire celles et ceux qui essayaient de vous arracher à votre idéologie. Et aujourd’hui vous voulez nous faire croire que vous ne saviez pas et que personne ne pouvait prévoir ? Vous voudriez encore une fois que chacun se taise et vous laisse continuer à faire vos saloperies sans entrave ? Et bien non. Je ne sais pas encore comment va se passer l’après pandémie. Je ne sais pas encore quel sera le rapport de force et jusqu’où toi et tes copains proto fascistes seront prêts à aller pour mater le peuple, ce qui est certain c’est que des comptes vont vous être demandés. Avec insistance. Et qu’on ne lâchera rien. Jusqu’au pénal. Jusqu’à la prison s’il le faut. Mais ton union nationale tu peux t’asseoir dessus.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.