feredor
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

44 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 avr. 2020

Mode panique activé chez les rentiers !

C'est la panique chez les rentiers qui voient leurs profits fondre comme neige au soleil. Leur solution ? Sacrifier de la populasse.

feredor
Citoyen
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une oligarchie en panique.

Cela fait déjà quelques jours que, des rangs de l’oligarchie, monte une nouvelle doctrine. Il faudrait remettre la population au travail car la crise économique engendrée par le confinement provoquerait in fine beaucoup plus de morts que la crise sanitaire. Nous devrions donc accepter la perspective de voir mourir des dizaines de milliers de personnes afin de sauver l’appareil productif. Défendu par des gens de droite comme de « gauche », ce crédo se fraye petit à petit un chemin parmi les titres de nos journaux et touche de plus en plus de gens qui y voient une rationalité tout à fait acceptable.

Outre l’abjection de cette logique toute utilitariste qui lorgne sur des idées éprouvées dans les années 40, et qui démontre le caractère idéologiquement pur de nos élites (mais c’est un autre débat qui mériterait un ouvrage entier), il est important de rappeler que cette vision pessimiste d’une crise économique qui se révèlerait plus mortelle que son versant sanitaire, n’a de sens qu’en restant dans la logique néolibérale qui nous tient lieu de politique depuis quarante ans.

La crise économique qui vient sera effectivement dévastatrice pour les populations, acculant celles-ci à la malnutrition, l’absence de soin, le désespoir, le suicide… Mais elle ne le sera que parce que le système individualiste et inégalitaire que nous avons construit le permettra, et parce que nos élites oligarchiques entendent accélérer le processus de destruction du modèle social dès la fin du confinement. Il est bien entendu que plus on détruira la solidarité et la coopération, moins les citoyens les plus fragiles auront les ressources pour faire face aux cataclysmes qui  se préparent.

Mais pour une oligarchie habituée à se gaver sur la bête, il est insupportable de voir son capital et ses rentes fondre comme neige au soleil au profit d’une populasse qu’ils n’ont jamais vu autrement que comme une variable d’ajustement. Aussi ont-ils activé le mode panique et commencent-ils se répandre dans les médias complaisants pour dérouler leur sabir idéologique. Pour eux il est urgent de revenir au statut du « Business as usual » et donc de menacer la population des pires maux s’ils ne s’exécutent pas dans les meilleurs délais.

Face à ce chantage qui ne dit pas son nom il importe de ne plus nous laisser impressionner. Nous ne devons pas retourner au travail tant que le gouvernement n’aura pas pris ses responsabilités en nous fournissant massivement masques et tests. Et le poids de la crise qui s’en suivra devra d’abord être supporté par ceux qui, thuriféraires de la mondialisation et de l’asservissement du vivant, l’on créée. Et ça passe par des mesures radicales : rétablissement de l’ISF, suppression des niches fiscales, rapatriement de toutes les sommes détenues dans les paradis fiscaux, peines d’emprisonnement pour les patrons fraudeurs, suspension des délocalisations, limitation des écarts de salaires de 1 à 5 dans les entreprises, Création d’un revenu universel….

Des solutions pour que la population survive à la crise sont légions, mais elles impliquent de rompre avec l’idéologie dominante et proto totalitaire du néolibéralisme.

La question est désormais : qui va porter ce programme ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser. 
par Romaric Godin
Journal
Électricité et gaz : les salaires mettent le secteur sous haute tension
Appel à la grève dans le secteur des industries électriques et gazières, le 2 juin prochain, pour réclamer des revalorisations de salaires indexées à l’inflation. Chez RTE, gestionnaire du réseau électrique français, un mouvement social dure depuis déjà depuis treize semaines.
par Cécile Hautefeuille
Journal
Nouveau gouvernement : le débrief de Mediapart
Premier conseil des ministres du deuxième quinquennat Macron ce matin, marqué par l’affaire Damien Abad. Émission consacrée donc à notre nouveau gouvernement et à la campagne législative de ceux qui n’en font plus partie, comme Jean-Michel Blanquer, parachuté dans le Loiret.
par À l’air libre
Journal — Écologie
Planification écologique : le gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot

La sélection du Club

Billet de blog
L’École et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école
Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.
par Djéhanne GANI
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN
Billet de blog
Ndiaye et Blanquer : l'un compatible avec l'autre
« Le ministre qui fait hurler l'extrême droite », « l'anti-Blanquer », « caution de gauche »... voilà ce qu'on a pu lire ou entendre en cette journée de nomination de Pap Ndiaye au ministère de la rue de Grenelle. Beaucoup de gens de gauche qui apprécient les travaux de M. Ndiaye se demandent ce qu'il vient faire là. Tentons d'y voir plus clair en déconstruisant le discours qu'on tente de nous imposer.
par Jadran Svrdlin
Billet de blog
Déblanquérisons l'École Publique, avec ou sans Pap Ndiaye
Blanquer n'est plus ministre et est évincé du nouveau gouvernement. C'est déjà ça. Son successeur, M. Pap Ndiaye, serait un symbole d'ouverture, de méritocratie... C'est surtout la démonstration du cynisme macronien. L'école se relèvera par ses personnels, pas par ses hiérarques. Rappelons ce fait intangible : les ministres et la hiérarchie passent, les personnels restent.
par Julien Cristofoli