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Billet de blog 14 nov. 2021

De l'écocide au génocide

De COP en COP le système capitaliste recycle les vieilles promesses mais s'emploie à ne rien changer. Mais désormais le roi est nu. L'échec de la COP26 met un point final au mythe d'une coexistence possible entre capitalisme et écologie. Les faits sont posés: la préservation de l'un ne se fera pas sans abandon de l'autre. Chacun devra maintenant se positionner en conséquence.

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Cette fois ci ça y est, le décor est planté, les acteurs sont en place, l’intrigue est connue. L’échec attendu de la COP 26 marque la fin de la zone d’ambiguïté dans laquelle s’étaient réfugiés tous les acteurs étatiques, institutionnels et économiques depuis 20 ans vis-à-vis du dérèglement climatique. Ces derniers prétendaient résoudre l’immensité des problèmes écologiques par le marché et l’innovation, faisant semblant d’ignorer que le mal originel des malheurs et désastres à venir se niche justement au cœur du système capitaliste mondialisé dont l’ADN se fonde sur la croissance et le productivisme.

Malheureusement de COP en COP, de promesses d’ivrognes en promesses d’ivrognes, de mensonges en mensonges, le roi, toujours sur son trône, apparaît nu. Et le peuple dessillé le voit tel qu’il est : un tyran prêt à toutes les infamies pour conserver son pouvoir.

Il n’y aura pas de révolution technologique miracle qui nous sauvera de l’apocalypse, ni de « plasticité » du capitalisme qui nous permettra de nous y adapter, pas plus que de petits gestes du quotidien qui nous en préserveront.

Aucune technologie – par ailleurs à ce jour inexistante, si ce n’est à l’état de croquis – ne pourra résoudre à la fois le dérèglement climatique, l’appauvrissement des sols, la plastification des océans et l’effondrement du vivant. Pas plus que le capitalisme, dont la plasticité remarquable lui a permis de survivre aux nombreuses turbulences de l’Histoire, ne pourra combattre le chaos qu’il génère lui-même. Quant aux "petits gestes du quotidien", une étude réalisée par le cabinet Carbone 4 a prouvé que même si la totalité des populations adoptait des comportement vertueux vis-à-vis de l’environnement, cela ne réduirait que de 25% les émissions à effet de serre. Mieux que rien, diront certains, mais malheureusement, on ne meurt jamais « seulement » à 25%.

Avec l’échec de la COP 26 nous entrons donc dans une nouvelle phase de la course à l’apocalypse. Celle où les responsables vont avoir de plus en plus de mal à se cacher derrière leur petit doigt et où ils vont devoir assumer un positionnement non pas motivé par l’intérêt général, mais par celui d’un système productiviste capitaliste qui n’entend rien lâcher de ce qui fait sa prospérité depuis deux siècles.

Et les termes dans lesquels vont se poser le débat vont se faire de plus en plus précis et douloureux. Il est désormais acté que la partie la plus favorisée de l’humanité se livre à un véritable écocide. Mais derrière cet écocide que se joue-t-il réellement si ce n’est un génocide différé mais bien réel ? Qui peut croire qu’avec une augmentation de 2 à 3 % de la température globale de la planète et un effondrement du vivant, la prochaine génération pourra continuer à vivre sans connaître la souffrance et la mort en grand nombre. Qui peut croire que les enfants avec lesquels nous jouons actuellement « et à qui nous ne devons surtout pas léguer une dette trop importante » pourront ne serait-ce qu’hériter d’une planète vivable.

C’est donc à l’aune de ce génocide anticipé qu’il convient de questionner nos dirigeants, de les mettre devant leurs responsabilités et, in fine, de les contraindre par la force s’il le faut car on n’a jamais vu dans l’histoire un tyran quitter son trône de lui-même au nom du bien commun.

Ils ne lâcheront rien, nous non plus.

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