Il se passe décidément des choses très intéressantes sur le plateau de l’émission « ce soir ou jamais » animée par Frédéric Taddeï et diffusée, comme il se doit, tardivement sur France 3 .
Hier soir, c’est de notre « ami » André Gluksman que nous est venu la surprise du jour. Alors que la conversation dérapait encore et toujours sur l’Iran, bête noire et obsession de notre philosophe national (dont le nom de totem est aussi « faucon teigneux »), ce bon Monsieur André a clairement admis face à ses contradicteurs, que le risque qu’un Iran nucléarisé envoie une bombe sur quelque pays que ce soit (y compris Israël) était fortement improbable, et que ce que lui (Dédé la poigne) redoutait c’était qu’avec la bombe nucléaire l’Iran devienne (je cite de mémoire) « une forteresse inattaquable » et lui permette de "pousser ses avantages dans la région en soutenant des forces opposées aux intérêts occidentaux et israéliens comme le Hezbollah ou le Hamas".
Il faut donc remercier André Glucksman (et c’est tout à fait sincère), d’apurer le débat en évacuant le fantasme d’un Iran suicidaire souhaitant acquérir la bombe pour s’en servir, et de préciser que, au final, ce qui est au cœur de ce débat n’est autre d’un enjeu de domination géostratégique.
Et il est tout à fait évident que, comme le signale André Glucksman, un Iran disposant de la bombe nucléaire devient inattaquable et accède ainsi au rang de puissance régionale capable de fédérer (bon gré mal gré) ses voisins et d’imposer sa volonté dans son champ d’influence, exactement comme le fait actuellement une Russie affaiblie mais encore dangereuse, vis-à-vis de pays comme la Géorgie ou l’Ukraine.
Or la perte de la domination occidentale dans cette région serait catastrophique. Catastrophique pour des raisons économiques liées aux ressources pétrolières et catastrophiques également pour des raisons plus idéologiques, liées au projet occidental de normalisation « démocratique » et « libérale ».
La question n’est donc clairement pas de savoir si, avec la bombe l’Iran attaquera Israël, mais bien de savoir si l’occident accepte ou non la remise en cause de sa domination mondiale.
Et même si je subodore que, après moult réflexions, ma réponse sera sensiblement différente de celle de notre Dédé national, il faut reconnaître que la question n’est largement pas anodine et qu’elle mérite d’être posée et de faire débat.