Cinq questions au réalisateur Salah Abu Neema

Salah Abu Neema a réalisé le court métrage Area C, gagnant du prix du jury lors de la dernière édition du concours des courts métrages du FCP.

Salah Abu Neema fait partie de cette jeune génération de réalisateurs palestiniens nés et actifs surtout en Cisjordanie. Beaucoup d’entre eux sont issus de Dar Al-Kalima, université consacrée aux études sur l’art et la culture fondée à Bethléem en 2006. Jusqu'à récemment, en l'absence d'un parcours universitaire artistique, les étudiants Palestiniens n'avaient d'autre choix que de s'expatrier pour suivre ce type d'études. C’est le cas de beaucoup de réalisateurs palestiniens, notamment Michel Khleifi, retourné en Palestine après ses études en Belgique. La création de Dar Al-Kalima a offert l'opportunité pour ces jeunes de se former en Palestine et a donné naissance à une toute nouvelle génération d'artistes palestiniens. Le travail de ces jeunes réalisateurs palestiniens trouve une place spéciale dans la programmation du Festival Ciné-Palestine qui leur consacre un concours de courts métrages. Beaucoup de films sélectionnés pour la shortlist du concours sont réalisés par des étudiants de Dar Al-Kalima. C'est le cas notamment d'Area C, qui raconte les difficultés d'une famille de la Cisjordanie face aux colons Israéliens. Présenté lors de la dernière édition du concours du FCP, le film a également été montré lors du ciné-club du FCP du 19 janvier au Lieu Dit. A cette occasion, nous avons posé quelque questions au réalisateur Salah Abu Neema qui y était présent.

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D’où t’est venue l'idée de réaliser Area C ?

J’habite dans un village de la zone C de la Cisjordanie moi-même, je vis cette situation décrite dans le film. Personnellement, je n’ai jamais été attaqué par des colons mais j’entends de nombreux récits, d'événements qui surviennent tous jours, comme l'incendie de maisons par des individus s'introduisant dans la zone C. J’ai essayé de mélanger ces récits et mes expériences personnelles. Comme le protagoniste de mon court, j’aime bien les jeux vidéo.

Comment as-tu réalisé Area C ?

Area C a été financé par 8xMille, un financement italien, et produit par Dar Al-Kalima qui a mis en place la logistique.

 

 

Vous travaillez ensemble avec les autres étudiants de Dar Al-Kalima ?

On se connait, oui. Moi je travaille aussi beaucoup avec mon superviseur, Suha Arraf, une réalisatrice palestinienne, avec qui je travaille sur l’écriture, et Majdi El Omari, le réalisateur palestinien-canadien.

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Tu peux nous parler un peu de tes prochains projets ?

J’ai réalisé un court qui est en post production. Il parle d'identité, une identité qui ne correspond pas à la société dans laquelle l’individu évolue. Le protagoniste est quelqu’un qui se retrouve dans un immeuble vide, mais voit autour de lui des images d’ailleurs, de son passé. Il y aussi beaucoup d’autres thèmes, la mort et le deuil, la douleur, l’amour et le sexe.

C’est ton projet de fin d’études ?

Non, c’est toujours pour l’université mais je développe également autre chose pour mon projet de fin d'études. Je commencerai le tournage en juin, c’est en phase de développement. C’est toujours un court, sur un dealer qui réalise un film.

Dans l'attente de voir les prochains films de Salah Abu Neema au FCP, nous vous attendons pour nos prochains ciné-clubs!

 

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