Festival Ciné-Palestine : avec 47SOUL, le Shamstep à l’honneur du concert d'ouverture

C'est dans le cadre du Festival Ciné-Palestine 2017 que le groupe 47SOUL a décidé de se produire une nouvelle fois en France. L'occasion pour le public de (re)découvrir le Shamstep : un son résolument hybride et engagé qui célèbre et révolutionne la dabke, ce genre traditionnel et folklorique des pays du Sham (Syrie, Liban, Jordanie et Palestine), indissociable de l'identité palestinienne.

Véritable phénomène de la scène musicale alternative shami, le groupe 47SOUL, formé en 2013 dans la capitale jordanienne, connait aujourd'hui un succès qui dépasse très largement les frontières du monde arabe. Le nom du groupe fait référence à l'année 1947, une année charnière qui précède la partition de la Palestine. Ces quatre artistes entendent célébrer cet âge d'or perdu, celui de la liberté de mouvement et de circulation en Palestine et dans région du Sham, qui relève désormais de l'utopie. Cette célébration musicale se fait à travers un son électro innovant qui dépoussière le répertoire de la dabke. Les textes de 47SOUL, souvent corrosifs et engagés, résonnent toujours comme un cri de liberté et comme une exigence absolue de justice. 

"What's the soul of the 47 ?" demande le groupe dans Intro to Shamstep, une chanson entêtante et entraînante de leur premier album, sorti en 2015. La création et l'existence même de ce collectif musical hors du commun semblent résumer parfaitement ce qu'est "l'âme de 47". Reflet de la société palestinienne, éclatée depuis le déclenchement de la Nakba*, 47SOUL est tout autant un symbole de résistance culturelle qu'une forte affirmation identitaire et politique. La musique de 47SOUL parvient à se dresser fièrement face aux contraintes politiques et administratives qui ne cessent d'entraver le quotidien des Palestiniens, du fait de l'occupation et de la colonisation israéliennes, toutes deux illégales au regard du droit international.

 © Walid Bouchouchi © Walid Bouchouchi

Précurseur d’un genre musical novateur, le Shamstep, 47SOUL est le fruit de la rencontre humaine et artistique entre quatre musiciens, tous descendants de réfugiés palestiniens, qui sont parvenus à défier les frontières et les checkpoints :

-Hamza Arnaout, aka Al Jehaz -  chanteur et producteur, anciennement membre du groupe jordanien Autostrad, on le retrouve tour à tour à la guitare et derrière le synthétiseur. Il est de nationalité jordanienne. 

-Tareq Abu Kwaik aka Al Far3i (الفرعي) - Ce chanteur, ancien membre du collectif Al Morabba3a excelle dans les percussions traditionnelles arabesIl détient lui aussi un passeport jordanien.  

         -Ramzy Suleiman aka Z to the People (زين الناس ) - Chanteur et producteur, c'est derrière son synthétiseur qu'il réinterprète et modernise les rythmes du mijwez (instrument à vent traditionnel). Il a grandit a Washington DC, il est citoyen américain. 

           -Walaa Sbeit - Il s'est notamment fait connaître avec le collectif Ministry Of Dub Key, c'est lui qui a permis la rencontre des membres du groupe. Chanteur et percussionniste, il tient aussi le rôle de MC au sein de 47SOUL. Né à Haïfa, ce Palestinien de 48 détient un passeport israélien, ce qui empêche le groupe de se produire ensemble dans la plupart des pays arabes.

 C'est pour échapper à ces contraites logistiques aux allures kafkaïennes que le quartet s’est installé à Londres en 2014. Leur premier album « Shamstep », dont les paroles se déclinent en arabe et en anglais, est sorti en juin 2015. Les membres du groupe, qui se sont rencontrés et ont commencé à collaborer sur la toile, n’avaient pu répéter ensemble que 3 fois avant leur première scène, à Amman, devant un public de 80 personnes. Ils font depuis salles combles et ont joué plusieurs fois dans des festivals emblématiques comme celui de Glanstonbury ou celui de WOMAD (World of Music, Arts and Dance). En 2016 ils se sont produits à la Bellevilloise, à Paris et au Festival des Nuits de Sonores, à Lyon. C’est également en 2016 que le groupe a pu se produire pour la première fois devant un public entièrement palestinien, à Ramallah, en Cisjordanie Occupée. Un moment historique pour chacun des membres de 47SOUL et une victoire symbolique à l'échelle de la diaspora palestinienne.   

47SOUL a relevé le défi de célébrer ses racines palestiniennes en modernisant le répertoire chaabi (populaire) de la dabke et du mijwez avec des sonorités résolument électro. Avec des beats parfois hip-hop, rap, soul ou encore reggae, le groupe parvient à transporter le public dans les univers musicaux éclectiques de chacun de ses artistes. Toujours chaabi et festif, le Shamstep n'en reste pas moins un genre musical engagé. Du fait de leurs parcours individuels et de leur histoire collective, les membres du groupe ne pouvaient faire l'économie de s'impliquer dans la lutte pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Le son de 47SOUL est un son de résistance et de résilience, qui parvient à transcender les frontières symboliques comme physiques tout en s'affirmant comme une musique universelle. Le Shamstep a en effet la vocation de rassembler et d'unir le public autour de la lutte contre l'oppression et en faveur de la justice. On retrouve notamment ce message fort dans "Everyland is a Holy Land" : 

"[...] Every land is a holly land every land is a holly land / every people are the promised people every people are the promised people /  From Africa to Palestine the sunlight will shine ...oh my comrade pick up, live up, yourself and mind! [...]"

    

47SOUL "Intro to Shamstep" | "السبعة وأربعين "مقدمة للشامستيب © Indiemaj

 

Pour en savoir plus sur le concert : Concert d'ouverture du Festival Ciné-Palestine - 31 mai 2017

Billetterie pour le concert du 31 mai 2017, à la Marbrerie, Montreuil : http://lamarbrerie.fr/billetterie/ 

Plongez vous dans l'univers musical de 47SOUL : https://soundcloud.com/47soul

Pour suivre l'actualité du groupe : http://47soul.com/  et https://www.facebook.com/47soul

 

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=ZysQQb9bWiI

*Nakba (catastrophe en arabe), terme que l'on doit à l'historien syrien Constantin Zureik et qui désigne l'exil forcé des centaines de milliers de Palestiniens à la suite de la Partition de la Palestine en 1948 et de la mise en place d'une politique de nettoyage ethnique systématique qui ont donné naissance à l'Etat israélien.  

 

 

Liens et espaces de communication FCP 2017 : 

teaser du FCP 2017 : https://www.youtube.com/watch?v=OwQGw0hT_PM

télécharger le programme : Programme-Festival_Ciné-Palestine_3EME_2017.pdf 

teaser de soutien du FCP 2017 :  https://www.youtube.com/watch?v=qIP1N_69pUw

site :  http://festivalpalestine.paris

facebook :  https://www.facebook.com/FestivalCinePalestine/

twitter : @cinepalestine

 

instagram : @festivalcinepalestine

 

 

Samia L. pour Le Festival Ciné-Palestine 

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