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Billet de blog 1 avr. 2018

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Allo! Vous demandez l'asile? Un opérateur va traiter votre appel

À partir du mois de mai, les demandeurs d’asile en Île-de-France devront passer par une plateforme téléphonique pour enregistrer leur demande d’asile et obtenir un rendez-vous dans une plateforme d'accueil des demandeurs d'asile, puis en préfecture. En français, en anglais ou en arabe. Tant pis pour les Tchétchènes, les Bangladais et autres Albanais.

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Nous reproduisons un article de InfoMigrants. Ce n'est malheureusement pas un poisson d'avril...

À partir du mois de mai, les personnes en Île-de-France souhaitant obtenir un rendez-vous pour enregistrer leur demande d’asile devront, en tout premier lieu, passer par une plateforme téléphonique de l’Ofii (Office français pour l’immigration et l’intégration). 

"Nous allons mettre en place un système de prise de rendez-vous par téléphone", explique Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii. La plateforme sera multilingue (français, anglais, arabe). Pour l’heure, le numéro de téléphone n’est pas connu, a précisé le directeur de l'Ofii à InfoMigrants.

Jusqu’à présent, les migrants souhaitant demander l’asile devaient se rendre dans une Pada (plateforme pour demandeurs d’asile). Gérées par des associations, les Pada sont des structures qui prennent les rendez-vous pour les demandeurs d’asile en préfecture - ou des rendez-vous dans un Guda (guichet unique), un lieu qui regroupe un agent de la préfecture et un agent de l’Ofii. 

Problème : les files d’attentes devant les Pada en Île-de-France ne cessent de s’allonger (environ 20 jours d’attente à Paris) avec des dommages collatéraux importants : des centaines d’hommes et de femmes dorment à la rue dans l’attente d’obtenir un précieux rendez-vous. 

La réforme est donc censée désengorger les Pada en attribuant, en amont, des rendez-vous via la plateforme téléphonique de l’Ofii.  

Selon Pierre Henry, le directeur de France Terre d’asile – l’association qui gère la Pada de Paris – le système de la cellule téléphonique de l’Ofii est trop complexe pour les demandeurs d’asile. "Ce n’est pas exactement un système de simplification", a-t-il réagi à InfoMigrants. "Je ne pense pas que cette plateforme téléphonique soit un modèle d’accès aux droits des demandeurs d’asile. Je redoute plutôt l’incompréhension d’une partie des [migrants] devant ce nouveau dispositif". 

Selon lui, une réforme de l’asile devrait prendre en compte le problème de l’hébergement. Ni la nouvelle plateforme téléphonique, ni les Pada ne résolvent le souci de l’accès à un logement. "Il n’y a pas de corrélation entre le premier accueil et l’hébergement. Il faudrait déployer des centres où fusionnent des Pada et des structures d’hébergement. Le demandeur d’asile obtiendrait ainsi une date en préfecture en même temps qu’un toit."

Transmis par Martine et Jean-Claude Vernier

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