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Billet de blog 1 sept. 2018

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Pour une politique d’asile digne de la France, pour un accueil humain des réfugiés

Aujourd’hui, plus de 400 réfugiés s’entassent dans un camp de fortune en plein cœur de Nantes. Citoyens qui vivent à Nantes, confrontés au drame du nouveau « Calais » du square Daviais, nous appelons l’État à créer immédiatement des places d’accueil dignes et en nombre suffisant pour que cesse ce scandale humanitaire qui déshonore notre pays.

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APPEL DE NANTES À L’ÉTAT FRANÇAIS

Pour une politique d’asile digne de la France, pour un accueil humain des réfugiés

Nous sommes des citoyens qui vivent à Nantes, confrontés au drame du nouveau « Calais » du square Daviais. Nous appelons l’État à créer immédiatement des places d’accueil dignes et en nombre suffisant, partout en France, pour que cesse ce scandale humanitaire qui déshonore notre pays.

Nous appelons tous les citoyens de bonne volonté à signer cet appel et à le relayer.

 Nantes, 1er septembre 2018

Monsieur le président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Aujourd’hui, plus de 400 réfugiés s’entassent dans un camp de fortune en plein cœur de Nantes, débordant du square Daviais (auxquels autant s’ajoutent dans les squats).

La situation empire depuis plusieurs mois et le retour du mauvais temps n’arrange rien. Les conditions de vie de ces personnes démunies sont intolérables, malgré la mobilisation exemplaire des associations et des militants présents sur place, malgré les efforts matériels de la Ville de Nantes, malgré la bonne volonté de nombreux habitants. Ces réfugiés ont fui l’enfer pour un pays qui a inscrit « fraternité » au fronton de ses édifices, et que trouvent-ils ? La négation de leur dignité humaine.

Face à cette situation d’urgence absolue, à tout point de vue et notamment sanitaire, la maire de Nantes Mme Johanna Rolland a écrit le 20 août dernier à M. le Premier ministre pour l’alerter et appeler l’État à prendre ses responsabilités en créant sans attendre des places dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). La réponse est venue par la bouche de Mme la préfète de Loire-Atlantique : « La situation est inextricable à Nantes. Il n’y a pas de solution. » Faut-il comprendre que l’État a décidé d’abandonner les villes confrontées à ces circonstances dramatiques ?

La République a été fondée sur la considération « que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements… » Cette même déclaration stipule que « La Société a le droit de demander des comptes à tout Agent public de son administration. »* Messieurs, vous n’ignorez pas la situation des réfugiés présents sur notre sol ; auriez-vous oublié votre devoir ou serait-ce du mépris ? Votre apparente indifférence conduit à recréer à Nantes un « Calais », en espérant cyniquement que la Ville suppléera à l’État, alors que vous savez pertinemment que ce n’est ni de sa compétence ni dans ses moyens. Cette tension ne peut que mal finir.

Nous ne voulons pas avoir honte de notre pays, qui se flatte d’être l’une des toutes premières puissances mondiales et en même temps se montre pleutre, indigne de ses principes humanistes pourtant proclamés à tous vents. Il est temps que l’État français se ressaisisse. Il est plus que temps de mettre en œuvre une politique d’asile digne de la France : ce n’est pas Marine Le Pen qui a été élue en mai 2017. Il est plus que temps de répondre solidairement entre les différents pouvoirs publics, en bonne intelligence, à l’urgence d’un accueil tout simplement humain. À commencer par offrir aux réfugiés un hébergement digne de ce nom, à commencer par créer sans délai de nouvelles places d’accueil partout en France, en nombre suffisant. Nous en avons les moyens, il ne manque que la volonté politique. En un mot, il est temps d’agir.

Dans l’espoir,
Veuillez croire, Monsieur le président de la République,
Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur,
A l’expression de notre très respectueuse considération.

 Éric CHALMEL dit FRAP, dessinateur de presse
Goulven BOUDIC, enseignant
Frédéric VASSE, dirigeant d’entreprise

*Extrait de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789).

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier

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