Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

456 Billets

1 Éditions

Billet de blog 1 sept. 2018

Pour une politique d’asile digne de la France, pour un accueil humain des réfugiés

Aujourd’hui, plus de 400 réfugiés s’entassent dans un camp de fortune en plein cœur de Nantes. Citoyens qui vivent à Nantes, confrontés au drame du nouveau « Calais » du square Daviais, nous appelons l’État à créer immédiatement des places d’accueil dignes et en nombre suffisant pour que cesse ce scandale humanitaire qui déshonore notre pays.

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

APPEL DE NANTES À L’ÉTAT FRANÇAIS

Pour une politique d’asile digne de la France, pour un accueil humain des réfugiés

Nous sommes des citoyens qui vivent à Nantes, confrontés au drame du nouveau « Calais » du square Daviais. Nous appelons l’État à créer immédiatement des places d’accueil dignes et en nombre suffisant, partout en France, pour que cesse ce scandale humanitaire qui déshonore notre pays.

Nous appelons tous les citoyens de bonne volonté à signer cet appel et à le relayer.

 Nantes, 1er septembre 2018

Monsieur le président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Aujourd’hui, plus de 400 réfugiés s’entassent dans un camp de fortune en plein cœur de Nantes, débordant du square Daviais (auxquels autant s’ajoutent dans les squats).

La situation empire depuis plusieurs mois et le retour du mauvais temps n’arrange rien. Les conditions de vie de ces personnes démunies sont intolérables, malgré la mobilisation exemplaire des associations et des militants présents sur place, malgré les efforts matériels de la Ville de Nantes, malgré la bonne volonté de nombreux habitants. Ces réfugiés ont fui l’enfer pour un pays qui a inscrit « fraternité » au fronton de ses édifices, et que trouvent-ils ? La négation de leur dignité humaine.

Face à cette situation d’urgence absolue, à tout point de vue et notamment sanitaire, la maire de Nantes Mme Johanna Rolland a écrit le 20 août dernier à M. le Premier ministre pour l’alerter et appeler l’État à prendre ses responsabilités en créant sans attendre des places dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). La réponse est venue par la bouche de Mme la préfète de Loire-Atlantique : « La situation est inextricable à Nantes. Il n’y a pas de solution. » Faut-il comprendre que l’État a décidé d’abandonner les villes confrontées à ces circonstances dramatiques ?

La République a été fondée sur la considération « que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements… » Cette même déclaration stipule que « La Société a le droit de demander des comptes à tout Agent public de son administration. »* Messieurs, vous n’ignorez pas la situation des réfugiés présents sur notre sol ; auriez-vous oublié votre devoir ou serait-ce du mépris ? Votre apparente indifférence conduit à recréer à Nantes un « Calais », en espérant cyniquement que la Ville suppléera à l’État, alors que vous savez pertinemment que ce n’est ni de sa compétence ni dans ses moyens. Cette tension ne peut que mal finir.

Nous ne voulons pas avoir honte de notre pays, qui se flatte d’être l’une des toutes premières puissances mondiales et en même temps se montre pleutre, indigne de ses principes humanistes pourtant proclamés à tous vents. Il est temps que l’État français se ressaisisse. Il est plus que temps de mettre en œuvre une politique d’asile digne de la France : ce n’est pas Marine Le Pen qui a été élue en mai 2017. Il est plus que temps de répondre solidairement entre les différents pouvoirs publics, en bonne intelligence, à l’urgence d’un accueil tout simplement humain. À commencer par offrir aux réfugiés un hébergement digne de ce nom, à commencer par créer sans délai de nouvelles places d’accueil partout en France, en nombre suffisant. Nous en avons les moyens, il ne manque que la volonté politique. En un mot, il est temps d’agir.

Dans l’espoir,
Veuillez croire, Monsieur le président de la République,
Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Intérieur,
A l’expression de notre très respectueuse considération.

 Éric CHALMEL dit FRAP, dessinateur de presse
Goulven BOUDIC, enseignant
Frédéric VASSE, dirigeant d’entreprise

*Extrait de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789).

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier

--
Voir le sommaire complet du blog. Abonné à Mediapart ou non, on peut s'inscrire ici pour être informé par courriel de la mise en ligne de nos nouveaux billets.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Discriminations
En Haute-Loire, au « pays des Justes » : la rumeur et les cendres
Le village de Saint-Jeures, réputé pour avoir sauvé des juifs pendant la guerre, n’est pas épargné par l’islamophobie. Quand Yassine, un jeune chef d’entreprise à son aise, décide d’y faire construire une maison et d’installer sa famille, les pires bruits se mettent à courir. Jusqu’à l’incendie.
par Lou Syrah
Journal — Extrême droite
Les « VIP » de Villepinte : l’extrême droite et la droite dure en rangs serrés
Parmi les invités du meeting de Villepinte, des responsables identitaires, des anciens d’Ordre nouveau et du Gud et des royalistes côtoient les cathos tradis de La Manif pour tous et les transfuges du RN et de LR. La mouvance identitaire s’apprête à jouer un rôle majeur dans la campagne.
par Karl Laske et Jacques Massey
Journal
Verlaine Djeni, le drôle d’« ami » de Marine Le Pen et Rachel Khan
La candidate du RN et l’écrivaine macroniste ont déjeuné ensemble au domicile de la première, en avril 2021. Les deux femmes ont été mises en relation par ce blogueur d’extrême droite, ancien militant LR, condamné pour détournement de fonds publics.
par Michel Deléan
Journal — Migrations
Un passeur algérien raconte son « business » florissant
En 2021, de nombreuses personnes ont tenté de quitter l’Algérie et rejoindre l’Europe par la mer, débarquant à Almeria, Carthagène ou aux Baléares. Dans le sud de l’Espagne, Mediapart s’est s’entretenu longuement avec un de ces « guides » qui déposent les « harraga » (exilés) en un aller-retour. 
par Nejma Brahim

La sélection du Club

Billet de blog
Le convivialisme, une force méta-politique
Vu d'ailleurs le convivialisme peut sembler chose bien étrange et hautement improbable. Parmi ses sympathisants, certains s'apprêtent à voter Mélenchon, d'autres Jadot, Taubira ou Hidalgo, d'autres encore Macron... Ce pluralisme atypique peut être interprété de bien des manières différentes. Les idées circulent, le convivialisme joue donc un rôle méta-politique. Par Alain Caillé.
par Les convivialistes
Billet de blog
Une constituante sinon rien
A l’approche de la présidentielle, retour sur la question de la constituante. La constituante, c’est la seule question qui vaille, le seul objet politique qui pourrait mobiliser largement : les organisations politiques, le milieu associatif, les activistes, les citoyens de tous les horizons. Car sans cette réécriture des règles du jeu, nous savons que tout changera pour que rien ne change.
par Victoria Klotz
Billet de blog
La Chimère Populaire
Pourquoi certain·es d'entre nous se sont inscrit·es à la Primaire Populaire et envisagent désormais de ne pas y voter ? Un petit billet en forme de témoignage personnel, mais aussi d'analyse politique sur l'évolution d'un choix électoral - parce que la trajectoire de l'électorat est mouvante, n'en déplaise aux sondages ou aux Cassandre de tous bords.
par Albin Wagener
Billet de blog
Et si nous avions des débats constructifs ?
La journée internationale de l'éducation de l'UNESCO, le 24 janvier, est l'occasion de rappeler que les savoirs et expertises de toutes et de tous sont essentiels pour nourrir les conversations démocratiques.
par marie-cecile naves