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Billet de blog 2 août 2009

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Les mariages en couleur ne sont pas des mariages blancs

Les Amoureux au ban public est un mouvement de couples franco-étrangers en butte à la complexité organisée et au soupçon généralisé qui empêchent des citoyens français de vivre normalement une vie de couple, dès lors que leur choix s’est porté sur un étranger extra-communautaire. Ils ont décidé de s’adresser directement au ministre de l’Immigration pour témoigner des atteintes portées à leur vie familiale. Et corriger au passage quelques chiffres avancés par le ministère.

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Les Amoureux au ban public est un mouvement de couples franco-étrangers en butte à la complexité organisée et au soupçon généralisé qui empêchent des citoyens français de vivre normalement une vie de couple, dès lors que leur choix s’est porté sur un étranger extra-communautaire. Ils ont décidé de s’adresser directement au ministre de l’Immigration pour témoigner des atteintes portées à leur vie familiale. Et corriger au passage quelques chiffres avancés par le ministère.

Par communiqué du 27 avril 2009, le ministre de l’immigration a annoncé la création d’un groupe de travail chargé de faire des propositions pour renforcer la lutte contre les mariages de complaisance.

Selon les Amoureux au ban public, "Le communiqué du ministère de l'immigration du 27 avril 2009 (…) commence par signaler que « la délivrance de titres de séjour à des conjoints de Français représente chaque année 70% des titres de séjours délivrés à des étrangers souhaitant séjourner durablement sur le territoire national ». Cette affirmation est cependant fausse : selon le cinquième rapport du Comité interministériel de contrôle de l’immigration, le nombre d’étrangers extracommunautaires admis à séjourner durablement en France en 2007 s’élève à 171 222 personnes, dont 38 054 conjoints de Français qui ne représentent donc qu’un peu plus de 22 % de l’immigration totale. Le communiqué relève également que « près d’un mariage sur trois contracté par nos concitoyens est un mariage mixte ». Les chiffres officiels montrent cependant que ces mariages ne représentent en réalité que 26,5 % du total des mariages, et qu’ils connaissent une baisse régulière depuis trois ans."

Pour donner un seul exemple des situations aussi aberrantes qu’inhumaines auxquelles peut conduire l’obsession de la fraude, voici le récit d’une jeune française. J'ai rencontré mon mari en France. Puis il est reparti en Algerie ; nous avons continué a nous parler et puis, l'envie d'être ensemble plus forte que tout, en octobre 2007 nous nous sommes mariés en Algérie. Et là a commencé notre galère. Chaque dossier envoyés au consulat revenait avec les même motifs : manque de pièces. Je me suis battue car j attendais un enfant et j ai fait toutes les démarches à ma portée. J'ai vu le député de ma région, le maire de ma ville qui m'ont aidée. Il a fallu affronter la police aux frontières deux fois avec leurs questions personnelles qui font rougir. J'ai pris des risques pendant ma grossesse, continuant à me rendre en Algérie tous les deux mois pour être avec mon mari. Et là, première douche froide : la préfecture refusait l'entrée en France de mon mari. La peur d'être seule à l'accouchement, la peur que mon mari ne puisse pas serrer sa fille dans ses bras… Alors, la rage au ventre, je me suis battue encore plus. Et, surprise, lors de mon dernier voyage en Algérie, à un mois de l'accouchement, une lettre du consulat qui donnait le visa. Depuis un an mon mari est près de nous, il a vu sa fille venir au monde mais n'a toujours pas de carte de séjour : c’est récépissé sur récépissé. Je veux dire à tous les couples dans le même cas de ne pas baisser les bras, battez vous, gardez courage et foi en votre bataille. Rappelons que cette carte de séjour, quand il l’obtiendra, aura une validité de seulement un an et ne sera renouvelée que si le couple apporte la preuve de la continuation de la vie commune.

La campagne d’envoi de témoignages a débuté le 22 juillet 2009 et se poursuivra jusqu’au 15 septembre, date à laquelle le groupe de travail doit rendre ses propositions. Cette action des Amoureux au ban est soutenue par de nombreuses associations : Cimade, GISTI, RESF, FASTI, ARDHIS, SOS Racisme, MRAP, Ligue des droits de l’homme, Secours catholique

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Martine et Jean-Claude Vernier

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