Demandeurs d'asile pourchassés de campement en squat, et retour

Les administrations n'ont pas attendu la nouvelle loi « Asile et immigration » adoptée le 2 août 2018 pour imposer massivement des conditions de vie indignes aux exilé-e-s qui veulent demander la protection de la France en raison des persécutions subies dans leur pays.

L'enchainement d'ouvertures de squats suivies d'expulsions à plus ou moins brève échéance est le lot de bien des étrangers à Nantes depuis des années. Or, on trouve dans ces squats de nombreux demandeurs d'asile laissés à la rue par l'administration, et même des réfugiés.

Le 115 refuse d’héberger les « heureux » qui ont réussi à faire enregistrer leur demande d'asile, au motif qu'ils sont censés être pris en charge par l’État. Le moindre prétexte est retenu, même contre les familles, femmes isolées avec enfants en bas âge, personnes malades, pour opposer un refus catégorique à leur demande.

Les administrations se renvoient la balle et, pendant ce temps les personnes sont et restent à la rue, et cela peut durer des semaines. Elles cherchent alors un endroit où se poser, pour au moins dormir, manger, se laver, parfois soutenus par des collectifs solidaires.

L'avant-dernier épisode nantais a été l'installation en mai 2018 d'un campement au square Daviais, un parc en centre-ville. Campement finalement évacué le 23 juillet, à l'initiative de la préfète de la Loire Atlantique, après un bras de fer avec la maire de Nantes. Environ 450 demandeurs l'asile (Soudanais, Érythréens et autres), enregistrés auprès de la préfecture ou n'y ayant pas encore réussi (parce que là aussi il faut faire la queue des jours et des jours), y vivaient tant bien que mal, mal abrités sous les quelque 230 tentes offertes par des associations solidaires.

Le square comportait un seul point d’eau, et les bains- douches municipaux, situés non loin, étaient saturés. Des collectifs de citoyens s'étaient mobilisés, apportant repas et autres aides. Cette situation créant de multiples problèmes, notamment sanitaires, Médecins du Monde avait ouvert une clinique d'un jour, avec une cinquantaine de bénévoles. Une centaine de personnes ont été examinées et, si nécessaire, orientées vers le CHU tout proche.

Les institutions et organismes officiels sont restés remarquablement peu réactifs – jusqu'à l'expulsion.

Environ 250 de ces errants forcés se sont alors repliés dans un bâtiment inoccupé d'un lycée proche. Mais, le 2 août au matin, ils ont de nouveau été mis à la rue sur demande de la maire, alléguant des risques liés à la présence d'amiante. Une partie d'entre eux est retournée au square Daviais.

En pleine canicule.

Martine et Jean-Claude Vernier

Tout savoir sur la nouvelle loi Asile et immigration, un texte pratiquement identique à celui proposé par le gouvernement après des mois de débats et de navettes parlementaires. Les dispositions relatives à l’asile devraient entrer en vigueur au plus tard  le 1er janvier 2019

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