14-18 et la suite : bienvenue aux aïeux des expulsables d'aujourd'hui

En tapant « les coloniaux dans la Grande Guerre » dans la lucarne d'un moteur de recherche on reçoit une moisson d'études montrant l'importance de l'enrôlement (pas toujours volontaire) de jeunes gens de tous pays colonisés, en Afrique, en Amérique en Asie, pour une guerre européenne. Et on a recommencé pour la deuxième saison, vingt ans plus tard.

Alors que les arrière-petits-fils et les arrière-petites-filles de ceux qui ont survécu sont qualifiés de dangereux envahisseurs par le pouvoir du moment, voici quelques anti-sèches glanées sur la toile, en complément du ramdam mémoriel qui s'ouvre cette semaine.

Le recrutement des troupes indigènes

À la veille de la première guerre mondiale, les troupes indigènes, ex-troupes de marine devenues troupes coloniales en 1900 (d'où la présence d'une ancre marine sur leurs uniformes) étaient composées de tirailleurs recrutés sur la base du volontariat et devenus soldats de métier, en Indochine, en Afrique orientale (Madagascar, Côte des Somalis et Djibouti), en Afrique équatoriale et occidentale, en Guyane, dans les Antilles et les territoires du Pacifique.

En août 1914, lorsque la France est entrée en guerre, le haut-commandement français qui envisageait d'utiliser des troupes indigènes dans le conflit, décida de multiplier les appels à l'engagement dans les colonies, en particulier en Afrique occidentale française.

Il fut relayé par Blaise Diagne, premier député noir africain à l'Assemblée nationale, inscrit dans le groupe de l'Union républicaine radicale et radicale-socialiste, qui appela «  les populations africaines au loyalisme patriotique, au rassemblement sous les plis du drapeau de la "Mère Patrie" ».

Ces appels ne suscitèrent pas l'enthousiasme et le commandement français dut recourir à la contrainte. Mais le recrutement forcé se heurta à une vive résistance des populations indigènes qui se manifesta en 1915 par de sanglantes révoltes durement réprimées. Lire la suite...

L'armée coloniale 1914-1918

Les troupes indigènes qui servaient sous l'ancre (ex-troupes de marine, devenues "coloniales" en 1900) étaient composées de tirailleurs recrutés sous tous les cieux de l'empire français d'outre- mer.

À la veille de la Grande Guerre leur répartition était la suivante :

  • QG et commandement supérieur du corps d'armée colonial, à Paris à l'Hôtel des Invalides.

  • Groupe de l'Indochine, QG à Hanoï : tirailleurs tonkinois, annamites.

  • Groupe de l'Afrique orientale, QG à Tananarive (Madagascar) : tirailleurs malgaches, brigade indigène dc la Côte des Somalis, à Djibouti.

  • Groupes de l'Afrique équatoriale et de l'Afrique occidentale, QG à Saint-Louis (Sénégal) : tirailleurs sénégalais, brigades indigènes de Guinée, du Niger, de Casamance, du Tchad, du Gabon, Moyen-Congo, Oubangui-Chari.

  • Groupes des Antilles-Guyane, Pacifique : compagnies de la Martinique, de Nouvelle-Calédonie, formées surtout de métropolitains (les Marsouins).

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Grande Guerre : ces soldats venus des colonies

La Première Guerre mondiale a mobilisé beaucoup d’hommes sur les champs de bataille. Pour combattre l’armée allemande et ses alliés, les empires français et britannique ont utilisé leurs colonies comme viviers à soldats.

L’Armée d'Afrique était l’un des plus importants contingents, principalement avec ses unités militaires venues d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Le recrutement concernait aussi l’Afrique noire. Les tirailleurs sénégalais en sont l'un des exemples les plus célèbres.

Si les effectifs n’étaient en rien comparables à ceux engagés dans le conflit, leurs actions n’en demeuraient pas moins capitales. Ces hommes vaillants et courageux étaient souvent envoyés en première ligne. Ils ont participé à de nombreuses batailles historiques, comme celles de la Somme ou de Verdun. Lire la suite...

À relire aussi, sur le blog de Gilles Manceron : Les soldats coloniaux de 14-18, éternels oubliés ?

 

Les soldats d'Outre-Mer pendant la Seconde Guerre mondiale

Dans son allocution prononcée à Libreville, au Gabon, le 7 juin 1963, à l'occasion de l'inauguration du monument au capitaine N'Tchoréré (volontaire 14-18, fait prisonnier avec sa compagnie le 7 juin 1940 près d'Amiens, il est abattu à bout portant par des soldats allemands, après avoir revendiqué le droit d'être traité en officier français), l'ambassadeur de France soulignait de quel poids les sacrifices consentis par les soldats venus d'outre-mer avaient alors pesé sur les orientations prises par le général de Gaulle, chef de la France Libre. Lire la suite...

Les combattants noirs de la 2e DB avaient été mis à l'écart avant son entrée à Paris

La 2e Division blindée (DB) du général Leclerc qui libéra Paris le 25 août 1944 avait été "blanchie" un an auparavant lors de sa création en Afrique du nord, avec la mise à l'écart des combattants noirs, à la demande des Américains. Lire la suite...

 

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
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