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Billet de blog 14 nov. 2019

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Les migrants, personnes ou objets connectés ?

Les migrants sont enserrés dans un réseau technologique de contrôles répétés, mais aussi grands utilisateurs eux-mêmes du "numérique", pour garder le contact avec le pays, conserver les informations personnelles essentielles. Un véritable champ de bataille entre ceux qui veulent effacer les traces de l’identité des corps de migrants, vivants ou morts, et ceux qui veulent les reconstruire.

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Une annonce de colloque

Le phénomène de la migration subit des changements liés aux transformations politiques, historiques et sociales, mais aussi technologiques à travers notamment les processus de digitalisation et production des données. Dans ceci, l’identité sociale du migrant apparait sous les traits d’une représentation « numérique », dans le double sens du terme. D’une part, les identités des migrants se constituent en relation avec les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui jouent un rôle central à tous les stades du processus migratoire. D’autre part, leur identité se constitue également en relation aux représentations « par les nombres » du phénomène migratoire, qui ont un poids décisif dans le débat public.
Il est évident que toutes les étapes du processus migratoire sont fortement connotées sur le plan technologique. Le voyage des migrants dépend en grande partie de leur familiarité avec les objets portables pour la production et la réception d’informations essentielles voire vitales. Souvent, le smartphone est pour les migrants tout ce qu’ils apportent avec eux, leur seul lien avec ce qu’ils laissent derrière eux et avec ce qui les attend.

Par ailleurs, la gestion et la lutte contre les flux migratoires ont de plus en plus pris les allures d’une surenchère technologique obsessionnelle. Les frontières maritimes et terrestres, devenues en partie des « frontières virtuelles », sont de plus en plus définies par des barrières numériques invisibles de géolocalisation et de communication.

L’intégration ou la non-intégration dans les sociétés d’accueil (ou de rejet) est également définie par l’utilisation experte des médias numériques qui ont grandement contribué à redéfinir des nouvelles « communautés imaginées » et à annuler ou à réduire des distances physiques et symboliques entre les migrants et leurs sociétés d’origine. La perception de ce que les migrants contemporains considèrent comme « chez eux » a, en partie, changé. Les nouveaux médias peuvent favoriser une géographie différente de l’affectivité et de l’attachement devenue plus changeante et mobile.

Finalement, un aspect fondamental sur lequel se joue un enjeu social, anthropologique et politique décisif concerne les identités et les représentations des corps des migrants. En ce domaine, le « numérique » est devenu un véritable champ de bataille entre ceux qui veulent effacer les traces de l’identité des corps de migrants, vivants ou morts, et ceux qui veulent les reconstruire.

Pour qui voudrait s'informer plus avant sur ces réalités:
Journée d’étude 15-16 nov. 2019
Technologies et migrations.
Corps, identités et technologies digitales dans le phénomène migratoire contemporain

ParisCETCOPRA (Paris 1) / GT41 de l’AFS « Corps, techniques et société » / Université de Catane (Italie)

Vendredi 15 nov 2019
Salle 2, Grande Galerie, 12 Place du Panthéon, 75005 Paris
Samedi 16 nov 2019
Salle Cavaillès,  esc. C, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris

Le but principal de ce colloque est d’analyser de manière critique et interdisciplinaire les caractères et les contradictions de ces deux processus interconnectés de transformation des identités sociales des migrants. Les processus matériels, en effet, ne sont pas distincts des formes de leur réalisation et de leur représentation. Comprendre les premiers nous oblige à penser de manière critique les dernières.

En raison des mesures de sécurité en vigueur, toute personne ne possédant ni carte professionnelle, ni carte d'étudiant d'une institution ancrée en Sorbonne doit s'inscrire plusieurs jours à l'avance à l'adresse : <Philo-Recherche@univ-paris1.fr>, en particulier pour la journée du samedi 16 nov.

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
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