Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

460 Billets

1 Éditions

Billet de blog 16 oct. 2009

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

La demande d’asile est-elle une activité de plein air?

L’Etat n’a pas assez de places pour loger tous les demandeurs d’asile qui se présentent dans les préfectures. Le 115 ne peut même plus en bien des endroits faire face aux besoins d’hébergement des indigènes. Résultat : dans le Bas-Rhin, dans l’Oise, en Gironde tout comme à Calais et autres squares, les demandeurs d’asile (sur)vivent dehors.

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’Etat n’a pas assez de places pour loger tous les demandeurs d’asile qui se présentent dans les préfectures. Le 115 ne peut même plus en bien des endroits faire face aux besoins d’hébergement des indigènes. Résultat : dans le Bas-Rhin, dans l’Oise, en Gironde tout comme à Calais et autres squares, les demandeurs d’asile (sur)vivent dehors.

Tout demandeur d'asile ayant déposé son dossier auprès de l'OFPRA est en droit de réclamer "des conditions matérielles d'accueil décentes" dont la privation peut constituer une atteinte à son droit d'asile (décision du Conseil d'Etat du 12 janvier 2001).

Une famille kosovienne de sept personnes, arrivée en France dans la nuit du 22 au 23 juillet 2009, s’est rendue dès le lendemain à la préfecture du Bas-Rhin pour demander la protection de la France. Celle-ci lui a alors délivré une convocation pour le 20 août 2009, sans enregistrer leur demande d’asile. Ils n’avaient dès lors pas accès au dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile (DNA) ni à l’aide temporaire d’attente (ATA). Pour l’hébergement, il leur est simplement indiqué “d’appeler le 115″ (qui n’existe pas dans le Bas-Rhin). La suite est racontée ici. Cela s’est terminé ( ?) par une ordonnance du juge des référés du Conseil d’Etat du 6 août 2009, donnant injonction à l’Etat de loger dans les 24 heures cette famille qui était sans hébergement stable pendant un mois, en considérant qu’il s’agit là d’une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’asile.

Une ressortissante soudanaise, arrivée en France le 8 août 2009, s’était présentée au guichet de la préfecture de l’Oise le 10 août 2009 pour solliciter son admission au séjour au titre de l’asile. Une simple convocation lui a alors été remise pour le 7 septembre 2009 alors qu’elle aurait dû bénéficier d’une autorisation provisoire de séjour lui permettant de déposer sa demande d’asile à l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) et d’obtenir soit un hébergement dans le cadre du DNA, soit, à défaut, un hébergement d’urgence et le bénéfice de l’aide temporaire d’attente. L’histoire est racontée sur le même blog . Encore une fois le juge des référés du Conseil d’Etat estime que le fait pour une préfecture de laisser un demandeur d’asile sans autorisation provisoire de séjour (APS), ni ressources ni hébergement pendant un mois, constitue une atteinte au droit fondamental d’asile.

Le 28 septembre, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) de la Gironde alertait sur "la situation illégale en matière de logement et d’aide sociale à laquelle sont confrontés les demandeurs d’asile", précisant qu’une soixantaine d’entre eux "sont refusés par le 115 chaque soir faute de place et plus de 3 000 personnes sont repoussées dans les rues de la CUB (Communauté urbaine de Bordeaux) chaque nuit." Reportage de FR3-Bordeaux du 26 septembre 2009 à l’appui.

"Sept familles de demandeurs d'asile primo arrivants ont fait condamner la préfecture de la Gironde, obligée de mettre à leur disposition un hébergement (application de la jurisprudence de la décision du Conseil d’Etat du 6 août 2009 concernant la famille Qerimi). Depuis, seules deux familles sont hébergées, cinq autres sont toujours à la rue (une vingtaine d'enfants) et la préfecture s'assoit sur les décisions de justice rendues sur référé liberté par le tribunal administratif de Bordeaux.

Samedi 26 septembre à l'occasion du colloque organisé par les avocats membres de l'institut de défense des étrangers à Bordeaux, le RESF33 a procédé à une action d'information dont voici quelques photos [Fichier joint, ndlr]".

Ce samedi (17 octobre 2009), RESF33 appelle à un rassemblement à 18 heures à la passerelle de bois Kawamata, Esplanade des Quinconces, "en solidarité avec ceux qui dorment sous les ponts. (Venez avec vos duvets, matelas, cartons, lampes de poche, ...)".


Martine et Jean-Claude Vernier

--

Pour consulter la liste des billets de Fini de rire, c’est ici.

Pour être informé par courriel de la mise en ligne des nouveaux billets, on peut envoyer son adresse électronique .

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À la Une de Mediapart

Journal — Politique économique
Comment la Macronie a tourné le dos à la rationalité économique
Alors qu’en 2017, Emmanuel Macron se présentait comme le champion de « l’évaluation des réformes », il fait fi des évaluations scientifiques négatives sur sa politique économique. Désormais, sa seule boussole est sa politique en faveur du capital.
par Romaric Godin et Mathias Thépot
Journal
Projet de loi immigration : « Nous sommes sur des propositions racistes »
Le projet de loi immigration, porté par Gérald Darmanin, est discuté mardi 6 décembre à l’Assemblée nationale. L’occasion notamment de revenir sur les chiffres de « la délinquance des étrangers » avancés par le chef de l’État et le ministre de l’intérieur. 
par À l’air libre
Journal — Habitat
Faute de logement, des mères restent à l’hôpital avec leurs enfants
À l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, sept femmes sont accueillies sans raison médicale. En cause : la  saturation de l’hébergement d’urgence. Maïrame, mère d’un bébé de cinq mois, témoigne. 
par Faïza Zerouala
Journal — Travail
Grève chez Sanofi : « Ponctionner les actionnaires pour augmenter les salaires »
Démarré le 14 novembre, le conflit social chez le géant français du médicament touche désormais une quinzaine de sites. Reportage à Montpellier, où les « petits salaires » de l’entreprise sont mobilisés pour une hausse des rémunérations.
par Cécile Hautefeuille

La sélection du Club

Billet de blog
Playlist - Post-punk et variants
Blue Monday infini et températures froides bien en dessous de celles d'Ibiza en hiver. C'est le moment idéal pour glorifier le dieu post-punk et ses progénitures art rock ou dark wave, fournisseurs d'acouphènes depuis 1979. Avec Suicide, Bauhaus, Protomartyr, Bantam lyons, This heat, Devo, Sonic Youth...
par Le potar
Billet de blog
Anne Sylvestre : manège ré-enchanté
Tournicoti-tournicota ! On savait l'artiste Anne Sylvestre facétieuse, y compris à l'égard de ses jeunes auditeurs, fabulettement grandis au rythme de ses chansons, alors qu'elle ne cessa pas de s'adresser aussi aux adultes irrésolus que nous demeurons. Presque au point de la croire ressuscitée, grâce à l'initiative de la publication d'un ultime mini album.
par Denys Laboutière
Billet d’édition
2. B.B. King et la légende de Lucille
Il suffit d’avoir admiré son jeu tout en finesse et en agressivité contenue, d’avoir vécu l’émotion provenant du vibrato magique de sa guitare, d’avoir profité de sa bonhomie joviale et communicative sur scène, de son humilité, et de sa gentillesse, pour comprendre qu’il n’a pas usurpé le titre de King of the Blues.
par Zantrop
Billet de blog
Rap et théorie postcoloniale : sur « Identité remarquable » de Younès Boucif
« Un Arabe qui fait du rap y’a pas grand-chose d’original », rappait Younès dans « J’me rappelle ». Mais quid d’un Arabe qui rappe, joue (au cinéma, au théâtre), écrit des romans, manage et se fait parfois, à ses heures perdues, documentariste ? À l'occasion de la sortie de son album, retour sur la trajectoire d'un artiste aux talents multiples.
par Matti Leprêtre