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Billet de blog 17 févr. 2018

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Immigration de survie

Non, les migrants ne quittent pas leur terre, leur famille juste pour gagner un peu plus d’argent et profiter de nos prestations.

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Ils s’arrachent de leur pays parce qu’on leur a volé leurs terres ou leur bétail, qu’ils ont perdu leur moyen d’existence à cause de la déforestation ou de la pollution des terres et des mers, que la violence familiale a déshérite ou rejeté un enfant (souvent né de père polygame), que les institutions locales et nationales sont corrompues et violentes envers les plus faibles.

En venant en Europe, ils risquent leur vie et celles de leurs enfants sur terre et sur mer parce qu’ils n’ont plus que l’espoir d’un ailleurs.

C‘est le cas de A. 22 ans, qui fait pâturer 50 vaches sur les terres du gouvernement à C. au Tchad, attaqué par 3 voleurs de bétail. Armé d’une kalachnikov comme tous les bergers, il blesse un voleur, est mis en prison, s’évade et demande l’asile à Nantes. Il n’aura pas le statut de réfugié.

C’est le cas de G., mineur camerounais de 16 ans, chassé par sa marâtre à la mort de son père polygame. Il ne sera pas reconnu mineur par les services du Conseil départemental et ne pourra pas faire une demande d’asile.

Même en Tunisie, pays démocratique mais corrompu : voir l’article du nouvel Obs de février 2018 de Céline Lussato qui, dans son reportage sur les habitants du bassin minier de Gafsa, témoigne de la pollution liée à l’exploitation d’une usine de phosphate entraînant accidents du travail et cancers. Pas d’école, pas d’hôpitaux. « Où est l’argent gagné grâce à l’exportation du phosphate ? » s’insurgent les habitants. Pas étonnant que le nombre de départs vers l’Europe explose : 50 départs par jour pour l’Italie en ce début d’année.

Autre exemple, Martine Orange mentionne ici les plaintes des riverains des plantations de la Socfin en Afrique : « Depuis des années, ceux-ci dénoncent l’accaparement de leurs terres, la suppression de leur espace vital, la destruction des forêts, la pollution des eaux, la vie miséreuse qui leur est réservée (voir le reportage photographique d’Isabelle Alexandra Ricq réalisé en 2008) ».

Ils n’ont pas été protégés par leur pays, qui ne leur offre pas le minimum vital : santé, scolarisation, travail. Pire, leurs dirigeants politiques et économiques les dépouillent et s’enrichissent à leurs dépens. Ils ne seront pas protégés par la France. Et pourtant...

Il ne s’agit pas d’immigration de confort, mais d’immigration de survie.

Propos recueillis par Martine et Jean-Claude Vernier

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