Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

460 Billets

1 Éditions

Billet de blog 19 juil. 2009

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Sans titre de séjour, un père irakien est-il encore un père ?

Parti en catastrophe d’Irak en 2004, Osman Saman s’est réfugié en France. Réfugié au sens commun, mais pas administratif, malheureusement. Il est aujourd’hui père d’une fillette française de trois ans, ce qui devrait lui donner le droit de résider en France. Mais la vie est compliquée au pays des droits de l’homme : la mère, malade, ne peut pas s’occuper de l’enfant, et le père, toujours sans papiers malgré des démarches innombrables, en est empêché : sa fille est placée en famille d’accueil.

Fini de rire
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parti en catastrophe d’Irak en 2004, Osman Saman s’est réfugié en France. Réfugié au sens commun, mais pas administratif, malheureusement. Il est aujourd’hui père d’une fillette française de trois ans, ce qui devrait lui donner le droit de résider en France. Mais la vie est compliquée au pays des droits de l’homme : la mère, malade, ne peut pas s’occuper de l’enfant, et le père, toujours sans papiers malgré des démarches innombrables, en est empêché : sa fille est placée en famille d’accueil.

La Nouvelle République du 17 juillet 2009 relate son témoignage, dont voici des extraits :

" Depuis la naissance de sa fille, il demande sa régularisation. En attendant, Maeva a été placée en famille d'accueil (…).


« Je suis fatigué, vraiment trop fatigué. Dans ma tête, il y a juste ma fille et pas autre chose. Depuis 2006, je cours pour les papiers. (…) La préfecture m'a demandé un passeport, pour prouver ma nationalité. Mais je me suis enfui sans papiers ! Et mon pays est en guerre…

(…) J'ai un droit de visite tous les quinze jours, c'est très important pour moi et ma fille. On est bien ensemble. Mais ça fait quatre fois que la police m'arrête à la sortie de la gare, le jour du rendez-vous. (…) Ils m'ont gardé cinq heures et demie en garde à vue. Je ne sais pas pourquoi. J'ai manqué ma visite, j'ai peur de perdre ça. Je n'ai pas le droit de vivre, rien du tout. Je suis dehors. Je n'existe pas. J'ai juste le droit de respirer un petit peu. Je me demande si ça aussi ça ne va pas s'arrêter. En Irak, on meurt une seule fois ; ici, on meurt plusieurs fois. Je veux juste pouvoir travailler, élever ma fille et la voir grandir ».

Un travailleur social a accompagné Osman Saman, à titre privé, dans ses démarches. Il s'étonne de l'attitude de l'administration. « Il s'agit d'une demande de carte de séjour “ vie privée familiale ”. Dans ce cas précis, la préfecture du Cher a exigé le passeport : la loi ne le demande pas. Excès de zèle ou abus de pouvoir ? Finalement, le père de l'enfant l'a obtenu après trois ans de démarches. Depuis janvier, il n'a reçu aucun courrier et pas de réponses à ses appels téléphoniques. Deux préfets sont passés… De plus, je m'étonne encore de ces “ coïncidences à répétition ” : des arrestations les jours de visite et la confiscation du passeport au cours d'un contrôle. L'administration oublie les droits d'une petite fille française de pouvoir vivre avec son père. »

Martine et Jean-Claude Vernier

--

Pour consulter la liste des billets : Thème du blog

Pour être informé par courriel de la mise en ligne des nouveaux billets de Fini de rire, on peut envoyer son adresse électronique .

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À la Une de Mediapart

Journal — Politique économique
Comment la Macronie a tourné le dos à la rationalité économique
Alors qu’en 2017, Emmanuel Macron se présentait comme le champion de « l’évaluation des réformes », il fait fi des évaluations scientifiques négatives sur sa politique économique. Désormais, sa seule boussole est sa politique en faveur du capital.
par Romaric Godin et Mathias Thépot
Journal
Projet de loi immigration : « Nous sommes sur des propositions racistes »
Le projet de loi immigration, porté par Gérald Darmanin, est discuté mardi 6 décembre à l’Assemblée nationale. L’occasion notamment de revenir sur les chiffres de « la délinquance des étrangers » avancés par le chef de l’État et le ministre de l’intérieur. 
par À l’air libre
Journal — Habitat
Faute de logement, des mères restent à l’hôpital avec leurs enfants
À l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, sept femmes sont accueillies sans raison médicale. En cause : la  saturation de l’hébergement d’urgence. Maïrame, mère d’un bébé de cinq mois, témoigne. 
par Faïza Zerouala
Journal — Travail
Grève chez Sanofi : « Ponctionner les actionnaires pour augmenter les salaires »
Démarré le 14 novembre, le conflit social chez le géant français du médicament touche désormais une quinzaine de sites. Reportage à Montpellier, où les « petits salaires » de l’entreprise sont mobilisés pour une hausse des rémunérations.
par Cécile Hautefeuille

La sélection du Club

Billet de blog
Rap et théorie postcoloniale : sur « Identité remarquable » de Younès Boucif
« Un Arabe qui fait du rap y’a pas grand-chose d’original », rappait Younès dans « J’me rappelle ». Mais quid d’un Arabe qui rappe, joue (au cinéma, au théâtre), écrit des romans, manage et se fait parfois, à ses heures perdues, documentariste ? À l'occasion de la sortie de son album, retour sur la trajectoire d'un artiste aux talents multiples.
par Matti Leprêtre
Billet de blog
Playlist - Post-punk et variants
Blue Monday infini et températures froides bien en dessous de celles d'Ibiza en hiver. C'est le moment idéal pour glorifier le dieu post-punk et ses progénitures art rock ou dark wave, fournisseurs d'acouphènes depuis 1979. Avec Suicide, Bauhaus, Protomartyr, Bantam lyons, This heat, Devo, Sonic Youth...
par Le potar
Billet d’édition
2. B.B. King et la légende de Lucille
Il suffit d’avoir admiré son jeu tout en finesse et en agressivité contenue, d’avoir vécu l’émotion provenant du vibrato magique de sa guitare, d’avoir profité de sa bonhomie joviale et communicative sur scène, de son humilité, et de sa gentillesse, pour comprendre qu’il n’a pas usurpé le titre de King of the Blues.
par Zantrop
Billet de blog
Anne Sylvestre : manège ré-enchanté
Tournicoti-tournicota ! On savait l'artiste Anne Sylvestre facétieuse, y compris à l'égard de ses jeunes auditeurs, fabulettement grandis au rythme de ses chansons, alors qu'elle ne cessa pas de s'adresser aussi aux adultes irrésolus que nous demeurons. Presque au point de la croire ressuscitée, grâce à l'initiative de la publication d'un ultime mini album.
par Denys Laboutière