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Billet de blog 19 juil. 2009

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Sans titre de séjour, un père irakien est-il encore un père ?

Parti en catastrophe d’Irak en 2004, Osman Saman s’est réfugié en France. Réfugié au sens commun, mais pas administratif, malheureusement. Il est aujourd’hui père d’une fillette française de trois ans, ce qui devrait lui donner le droit de résider en France. Mais la vie est compliquée au pays des droits de l’homme : la mère, malade, ne peut pas s’occuper de l’enfant, et le père, toujours sans papiers malgré des démarches innombrables, en est empêché : sa fille est placée en famille d’accueil.

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Parti en catastrophe d’Irak en 2004, Osman Saman s’est réfugié en France. Réfugié au sens commun, mais pas administratif, malheureusement. Il est aujourd’hui père d’une fillette française de trois ans, ce qui devrait lui donner le droit de résider en France. Mais la vie est compliquée au pays des droits de l’homme : la mère, malade, ne peut pas s’occuper de l’enfant, et le père, toujours sans papiers malgré des démarches innombrables, en est empêché : sa fille est placée en famille d’accueil.

La Nouvelle République du 17 juillet 2009 relate son témoignage, dont voici des extraits :

" Depuis la naissance de sa fille, il demande sa régularisation. En attendant, Maeva a été placée en famille d'accueil (…).


« Je suis fatigué, vraiment trop fatigué. Dans ma tête, il y a juste ma fille et pas autre chose. Depuis 2006, je cours pour les papiers. (…) La préfecture m'a demandé un passeport, pour prouver ma nationalité. Mais je me suis enfui sans papiers ! Et mon pays est en guerre…

(…) J'ai un droit de visite tous les quinze jours, c'est très important pour moi et ma fille. On est bien ensemble. Mais ça fait quatre fois que la police m'arrête à la sortie de la gare, le jour du rendez-vous. (…) Ils m'ont gardé cinq heures et demie en garde à vue. Je ne sais pas pourquoi. J'ai manqué ma visite, j'ai peur de perdre ça. Je n'ai pas le droit de vivre, rien du tout. Je suis dehors. Je n'existe pas. J'ai juste le droit de respirer un petit peu. Je me demande si ça aussi ça ne va pas s'arrêter. En Irak, on meurt une seule fois ; ici, on meurt plusieurs fois. Je veux juste pouvoir travailler, élever ma fille et la voir grandir ».

Un travailleur social a accompagné Osman Saman, à titre privé, dans ses démarches. Il s'étonne de l'attitude de l'administration. « Il s'agit d'une demande de carte de séjour “ vie privée familiale ”. Dans ce cas précis, la préfecture du Cher a exigé le passeport : la loi ne le demande pas. Excès de zèle ou abus de pouvoir ? Finalement, le père de l'enfant l'a obtenu après trois ans de démarches. Depuis janvier, il n'a reçu aucun courrier et pas de réponses à ses appels téléphoniques. Deux préfets sont passés… De plus, je m'étonne encore de ces “ coïncidences à répétition ” : des arrestations les jours de visite et la confiscation du passeport au cours d'un contrôle. L'administration oublie les droits d'une petite fille française de pouvoir vivre avec son père. »

Martine et Jean-Claude Vernier

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