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Billet de blog 21 août 2020

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Après l’état d’urgence sanitaire, l’urgence toujours pour les sans-abri et mal logés

Face à la saturation inédite des dispositifs d’hébergement et à la reprise des expulsions, l’inter-collectif nantais « Personne à la rue ! » alerte les autorités et la société civile sur la gravité de la situation afin que des réponses soient apportées immédiatement aux besoins.

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Nantes, le 20/08/2020

Après la fin de l’état d’urgence le 10 juillet mettant fin à la trêve des expulsions dans un contexte de saturation des dispositifs d’hébergement, la situation des personnes à la rue et en habitat précaire sur la Métropole Nantaise est extrêmement préoccupante :

  • 110 personnes : femmes isolées, femmes enceintes, femmes avec enfants et nourrissons, sont mises à l’abri par l’Autre Cantine dans la « Maison de familles » et à la Maison du Peuple ;

  • 20 Mineurs Non Accompagnés en recours sont soit à la rue, soit risquent de l’être, les squats et les hébergements solidaires étant déjà saturés.

  • 200 personnes sont réfugiées dans d'autres squats, tous menacés d'expulsion

  • Les locataires les plus fragiles ont de plus en plus de mal à payer leurs loyers, et une vague d'expulsions locatives se profile.

  • Plus que jamais le 115 est saturé et sur une logique de gestion de la pénurie :
    - Hébergement temporaire : à chaque fois une semaine au maximum, assortie de période de remise à la rue.
    - Hébergement dans des hôtels de la périphérie ou dans des communes sans moyens de transport en commun et loin des différents services et lieux de démarches administratives.
    - Hébergement souvent sans possibilité de cuisiner et loin des lieux de ressource alimentaire.
    - Hébergement sans accompagnement suffisant
    Tandis que les hommes isolés n’ont aucun espoir d’accéder à un hébergement.

Dans ce contexte, les solutions alternatives à la rue issues des mobilisations citoyennes sont saturées, qu’il s’agisse des hébergements solidaires ou des squats.

Depuis la fin de l’état d’urgence le 10 juillet, les expulsions ont repris sans que des solutions adaptées et pérennes soient mises en place : 2 bidonvilles expulsés par les forces de l’ordre, 4 bidonvilles qui ont « déménagé » sur pression de la police et 1 squat expulsé par suite d’une décision judiciaire, ce qui représente environ 550 personnes (dont de nombreux enfants en bas âge, des personnes malades) qui ont été ou sont encore en errance.

Les réseaux de solidarité, sur lesquels repose une trop grande partie de l’aide aux plus vulnérables, sont également fragilisés par la crise, les équipes sont réduites, les bénévoles et militants sont fatigués et les filets de sécurité qu’ils représentent atteignent leurs limites.

Alors que la crise sanitaire a mis en lumière les inégalités de santé et les enjeux de santé publique qui nous obligent à penser un « monde d’après » plus protecteur et solidaire,

Alors que le corona virus circule toujours et que la possibilité d’une deuxième vague, voire d’un re confinement n’est pas écartée

Les réponses des pouvoirs publics sont insuffisantes et parfois contradictoires, comme l’illustrent les expulsions passées et à venir.

L’inter-collectif « Personne à la rue » dénonce l’écart entre les réponses apportées et la réalité de la situation.

L’inter-collectif « Personne à la rue ! » demande à la Préfecture, aux mairies, à la Métropole, au Conseil Départemental d’agir à la hauteur des enjeux et dans une temporalité qui corresponde à l’urgence de cette réalité :

  • Création de places d’hébergement adaptées aux besoins existants et aux situations des personnes

  • Moratoire des expulsions accompagné d’une amélioration des conditions sanitaires de ces lieux de vie

  • Identification des logements et bâtiments vides en vue de leur réquisition

  • Renforcement et adaptation des dispositifs d’accompagnement médico-psycho-sociaux

  • Renforcement de l’aide alimentaire et des services de réponse aux besoins fondamentaux

L’inter collectif « Personne à la rue ! » demande à être reçu par le nouveau Préfet dans le cadre de sa prise de fonction aux fins d’exposer plus précisément la situation à Nantes et dans l’agglomération, ainsi que nos propositions d’actions à mettre en œuvre afin de pouvoir assurer la mise à l’abri des personnes et tracer des perspectives humaines acceptables.

Signataires :

ATD Quart Monde, Afrique Loire, ASAMLA, ATTAC, CIMADE, Collectif des Hébergeurs solidaires de Nantes et alentours, Collectif des Sans-Papiers de Nantes, Collectif Refus de la Misère, Collectif Solidarité Indrais, Collectif Soutien migrants Nantes, Collectif Urgence jeunes migrants 44, CSF, DAL44, Du Monde dans la classe, Ecole Hors les Murs, Emmaüs 44, GASPROM, GREF, Habitat & Humanisme, JRS Loire-Atlantique, L’ Autre Cantine, L’ Autre Classe, La Maison, LDH, Le Logis Saint Jean, Les Bienveilleurs 44, Ligue de l’Enseignement - FAL 44, Maison des Citoyens du Monde, Médecins du Monde, MRAP, Nosig, Prépa Solidaire, RESF, Romeurope, UJM44
L'Intersyndicale 44 (UD CGT - CFDT - FSU - UNSA - SOLIDAIRES 44)

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
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