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Billet de blog 26 nov. 2017

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La société civile solidaire des migrants mineurs laissés sans protection

À Marseille, la détermination d'un collectif de jeunes migrants a contraint les autorités à leur assurer la vivre et le couvert que leur promet la loi. Il y a fallu aussi la convergence de tous les soutiens, associations, syndicats, citoyens accourus, l'action des partis politiques auprès de la ville, de la préfecture et du conseil départemental, et jusqu'à l'archevêché.

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21 novembre 2017, un appel est lancé par le RESF

« Bonjour à tous et toutes,
Dans le cadre de la campagne nationale "Justice pour les Jeunes Isolés Etrangers", après de nombreuses interpellations restées sans réponse du Conseil Départemental et de sa Présidente Martine Vassal, le collectif Soutien Migrants13 /el Manba a décidé de mettre temporairement à l'abri les dizaines de mineurs qui errent dans la ville, et d'occuper l'église St Ferréol, située sur le Vieux-Port à Marseille. 
Il ne s'agit pas de réquisitionner cette église ni de la transformer en lieu de vie. Il s'agit d'occuper un bâtiment de tous temps dévolu à l'accueil inconditionnel des plus démunis pour alerter sur les graves carences du Conseil Départemental, qui au lieu de protéger les mineurs comme il en a la compétence et l'obligation, les expose à de graves dangers en les laissant à la rue pendant des semaines voire des mois.
Nous comptons sur les nombreux citoyens révoltés par la situation de ces jeunes, et par la politique migratoire dont ils sont victimes, pour venir les soutenir. En relayant cette information, en venant nous voir, en sollicitant des personnalités dont le poids médiatique peut contraindre le CD à respecter ses obligations légales et les décisions de justice rendues en faveur des jeunes.
Nous attendons de Madame Vassal qu'elle vienne en personne nous rencontrer, et assurer aux jeunes l'accès effectif à leurs droits : une prise en charge réelle et immédiate, la sécurité du quotidien, des soins adaptés, une assistance éducative, une scolarisation effective, et pas seulement quelques nuits en hôtels miteux. Le déblocage des moyens nécessaires relève bien d'une volonté politique, et de décisions urgentes à prendre.
Notre détermination n'est que le pendant de la détresse et de l'exaspération de ces jeunes, qui se sentent abandonnés par l'Etat, à juste titre.»

22 novembre 2017, de la même source 

« Le directeur de l'ADDAP  envoyé par le Conseil Départemental 13 est venu ce soir faire une proposition de logement temporaire aux jeunes. Un communiqué est en préparation qui précisera le résultat de la rencontre. Mais d'ores et déjà :
DEMAIN Jeudi 23 novembre : RASSEMBLEMENT 12 H 30 sous l'ombrière
VENDREDI 24 novembre, EMMAUS organise un repas solidaire et citoyen devant le CD à midi (on peut y aller à 11 h pour donner un coup de main, installer les chaises et les tables) »

Et le 24 novembre 2017

« En 24 heures les lignes ont beaucoup bougé du côté du Conseil Départemental.
Ce jeudi soir, le directeur de l'ADDAP qui était venu hier soir porteur d'une proposition d'hébergement temporaire, à l'ex MSD Pressensé, de 19 h à 8 h exclusivement, est venu soumettre à l'avis des mineurs une autre et "ultime" proposition du CD13.
- hébergement temporaire toujours au même lieu ouvert 24h/24h
- en attendant l'installation des douches le camion douche sera à la disposition des jeunes
- la Croix Rouge assurera tout ce qui relève de l'accès aux soins
- les Restos du coeur fourniront la nourriture tous les jours et tous les repas (au lieu de trois repas par semaine)
- l'équipe éducative mettra en place les cours d'alphabétisation entre autre
- une équipe d'éducateurs sociaux seront présents
- une surveillance sera assurée la nuit
- les dossiers seront pris en charge et dès qu'il y aura possibilité d'intégration dans un foyer elle sera effective
A été posée la question de la scolarisation (à laquelle à RESF nous pourrions peut-être apporter un début de solution)
Les jeunes se sont réunis entre eux (et des adultes, dont certains on ne comprenait pas pourquoi ils intervenaient) pour discuter cette proposition. Après de longues minutes, ils ont annoncé qu'ils acceptaient de partir à Pressensé, mais ne le feraient que le lendemain matin.
Cette victoire est due tout d'abord à la détermination des jeunes, à une convergence de tous les soutiens, à toutes les associations, syndicats qui se sont mis en soutien (CGT, SGEN CFDT, FSU, Solidaire),  à tous les citoyens qui sont venus à un moment ou à un autre, ainsi qu'à l'action des partis politiques auprès de la ville, de la préfecture et du CD ; action entreprise aussi par l'archevêché.
Néanmoins nous restons vigilant.e.s et nous n'oublions que d'autres mineurs sont encore dans la rue. »

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier

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