Collectif Réquisitions : 400 personnes sans-abri sous tentes Place des Vosges

Il n’existe toujours aucun système de premier accueil pour les personnes arrivant en France, contrairement à la majorité des pays européens. À cela s’ajoute la saturation des hébergements d’urgence et du 115, laissant quotidiennement des milliers de personnes à la rue, dont des familles et des mineurs.

 

collectif-re-quisitions-29-07-2021
Paris, le 29 juillet 2021

Depuis 13h ce jeudi 29 juillet, le “Collectif Réquisitions” et 400 personnes sans abris, dont des  familles avec enfants et des mineurs non accompagnés, sont installées place des Vosges à Paris.  Elles demandent à l'État des solutions d'hébergement dignes et pérennes, conformément à la loi.

Il s’agit de la 9ème action du “Collectif Réquisitions” (2 manifestations et 7 installations de rue ou dans  un lieu public) qui depuis décembre 2020, ont permis à près de 3 000 personnes de ne plus vivre  dans la rue ou un abri de fortune. L’installation dans l’espace public de plusieurs centaines de sans- abri, a été le seul moyen de faire respecter leur droit à être hébergé jusqu’à leur relogement.

À cette violation de ce droit fondamental aggravé par le contexte de grave crise sanitaire, s’ajoutent  les remises à la rue à la place d’une orientation vers une solution de stabilisation ou un relogement,  comme le prévoit également la loi.

Cette grave carence traduit le manque de volonté politique de mettre en place un accueil digne pour  toutes les personnes à la rue, remises à la rue, exilées, expulsées de leur logement, et/ou  discriminées, et ce, jusqu’à leur relogement. Une réalité observée et vécue à Paris, à Calais, à  Rennes et dans toute la France comme aux frontières de l’Europe et en Méditerranée.

La France, selon l’Insee, compte plus de 3 millions de logements vacants dont 400 000 en Île-de- France. Selon les article L 641 et L-642 du code de la construction et de l’habitation, l’État a le  pouvoir et le devoir de réquisitionner les logements de grands propriétaires privés et publics, dans le  cas de crise du logement comme celle que nous connaissons. La réquisition permet de loger plutôt  que d’héberger parfois dans des conditions indignes et elle est moins coûteuse.

Il n’existe toujours aucun système de premier accueil pour les personnes arrivant en France,  contrairement à la majorité des pays européens. À cela s’ajoute la saturation des hébergements  d’urgence et du 115, laissant quotidiennement des milliers de personnes à la rue, dont des familles et des mineurs.

Les personnes sans-abri et le “collectif Réquisitions” resteront sur place jusqu’à l’obtention pour  tou.te.s d’un hébergement digne, dans l’attente de leur relogement.

Nous demandons :
Le respect du droit à un hébergement jusqu’à une orientation et un relogement pour toute personne sans logis;
La mise en place d’une structure de premier accueil inconditionnel pour les personnes nouvellement arrivées sur le territoire;
La prise en charge au titre de l’ASE des jeunes en recours de minorité;
l’application de la loi de réquisition sur les biens de grands propriétaires;
l’arrêt des expulsions sans relogement, la réalisation massive de logements sociaux ;
Le respect des droits fondamentaux de toutes et tous.

Informations recueillies par Martine et Jean-Claude Vernier
--
Voir le sommaire complet du blog.
Abonné à Mediapart ou non, on peut s'inscrire ici pour être informé par courriel de la mise en ligne de nos nouveaux billets.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.