His name is S. Nicolas S

Annoncer une consultation référendaire sur l'internement des "fichés S" avant l'élection de 2017. Annoncer l'abolition de la peine de mort avant celle de 1981. Il y a, disons, comme une petite différence... Moralité : pour avoir de la hauteur de vue, il ne suffit pas de mettre des talonnettes.

Et pourtant, je ne suis guère un fan de Mitterrand. Très loin de là. Mais il faut tout de même reconnaître que le parallèle est clairement à son avantage, dans cette comparaison entre deux présidentiables à la veille de l'élection. Cette proposition de Nicolas Sarkozy de jouer les James Bond avec un "permis d'interner" les fichés S, et de prendre les magistrats pour des gratte-papier en leur confiant un "contrôle a posteriori", donne tout simplement la nausée. C'est à se demander s'il ne cherche pas à doubler Marine Le Pen sur sa droite !

Je suggère donc au ministre de l'intérieur actuel d'ajouter au registre des "fichés S" le nom de Nicolas Sarkozy, au motif qu'il met en danger l'intégrité nationale. Ainsi, dans l'hypothèse où il serait élu, et dans l'hypothèse aussi où il gagnerait son référendum (et là, mon gars, va falloir t'accrocher !), au moins serait-il, au final, interné lui-même !

Plus sérieusement, il est évident que ce prétendu référendum annoncé n'a aucune chance d'être gagné. Son existence n'a d'intérêt que sous la forme d'une annonce, de manière à émoustiller les sensibilités vichysantes des quelques grabataires revanchards qui n'ont pas assumé d'être collabo, et de leurs engeances complexées dont les yeux brillent à l'idée du tout proche héritage mal acquis.

Ce soir, je me sens tout à fait prêt à me faire parjure et à participer aux primaires des droites : non seulement celle du PS (ça c'est pour le fun), mais surtout celle de LR. Ça, c'est pour mes enfants.

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