Un Facebook libre pour fédérer les luttes !

Se retrouver sur le net avant de prendre les places...grâce au site https://lemondeapres.org/

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Vert, jaune, rose, noir, rouge, blanc ou encore arc-en-ciel : nous possédons au moins un gilet ou un drapeau d'une ou plusieurs de ces couleurs. Et il y en a d'autres... on peut aussi ne posséder aucun gilet ni aucun drapeau.

Nous sommes salarié.e.s, fonctionnaires, privé.e.s d'emploi, précaires, artisan.e.s, (petit.e) entrepreneur.se, agriculteur.trice.s... rentiers ou rentières... ? Que sais-je encore ! Nous sommes aussi « sans domicile fixe », ou sans papiers d’identité, d'ailleurs...

Je ne listerai pas ici tous les métiers ou activités que nous sommes susceptibles de faire au quotidien. Certain.e.s ne font peut-être pas grand chose, et l'assument.

Mais nous luttons. Nous luttons car trop de laissé.e.s pour compte ne peuvent satisfaire, ou très mal, leurs besoins les plus élémentaires, pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Nous luttons car nous sommes drogué.e.s au pétrole et à l'aluminium, que nous faisons extraire à d'autres, très loin d'ici, et qui finissent dans l’estomac des pélicans. Nous luttons car certains êtres s’autoproclament supérieur.e.s et imposent à des pairs, plus féminins, moins blancs, moins winner, leur violence morale ou physique. Nous luttons car, selon où on habite, on ne reçoit pas le même traitement sanitaire, social, éducatif, répressif. Nous luttons contre ces premiers de cordée dont seul l’argent travaille. Nous luttons car des drones, non contents de remplacer les abeilles, nous coursent dans les rues ou sur les plages désertes, en nous invitant sèchement à rentrer à la maison. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, puisque c’est tout un système. Nous avons d'ailleurs signé un paquet de pétitions. Il y en a d'autres, des sujets de lutte ! N’hésitez pas à les signaler en commentaire. Une liste la plus exhaustive possible est nécessaire, car nos ennemi.e.s sont bien souvent les mêmes.

Expert.e.s de la lutte ou bien résistant.e.s modestes du quotidien, nous aimerions décider, avec nos semblables (pourtant bien différents – on s’engueule souvent), un peu plus de notre avenir en commun sur cette planète : ce qu’on y dit, ce qu'on y produit, ce qu'on y pense. Et aussi comment on y traite les plus fragiles (encore une liste à faire!), quels liens on crée entre les individus, quels que soient leur gueule et leur caractère. Nous voudrions décider complètement, en fait ! Mais pas tout.e.s seul.e.s : des hommes providentiels (quelques femmes aussi, mais moins souvent quand même) qui guident les peuples, on en a trop vu, on en voit trop encore. D'ailleurs l'écran de la télé est tourné contre le mur : il s'y exhibe trop de tristes sires qui nous excèdent, même peints sur un jeu de fléchettes.

Il est temps d’y venir, à mon titre et à mon sous-titre ! Le hasard des discussions, de fil en fil (Internet est une pelote, il faut croire), m’a menée à un belle initiative, le genre qui permet de canaliser un peu les colères. Ce que j’ai appelé le « Facebook libre pour fédérer les luttes » est un site qui permet aux aspirant.e.s à la résistance de se signaler sur une carte interactive, ou de rejoindre un « relais local » déjà existant, pour se fédérer entre elles et eux, sur un même territoire. « Facebook », car nous visons l’outil de communication le plus tentaculaire possible, mais « libre », par opposition au « F » des célèbres GAFAM. « Des luttes » : vous aurez compris pourquoi. Le but : prendre, dès que ce sera possible, les places et lieux publics pour y installer des assemblées populaires, d’où mon sous-titre. D’où aussi l’envie de décider collectivement de ce qui est fondamental, et de ce qui l’est moins. Toutes les appartenances sont les bienvenues, mais s’il vous plaît, n’imposons pas nos étiquettes respectives. Qu’elles deviennent les cartes d’un jeu stratégique et collaboratif, comme Hanabi, où toute l’équipe l’emporte si les feux d’artifice jaillissent.

Il y a sûrement, et tant mieux si c’est le cas, d’autres initiatives proches de la nôtre. La concurrence, on s’en fout : ce qui compte, c’est l’agglomération, la cohérence, la cohésion, la convergence, la coagulation, la coopération. Il n’y a pas de solution miracle, mais essayer de fédérer nos luttes est un impératif catégorique. Voici le site : https://lemondeapres.org/. Le titre est dans l’air du temps, certes, mais ce n’est pas un pop-up : on clique, ou non. J’ai l’impression désagréable de « faire de la pub »… mais c’est injuste. Nous n’avons pas de chiffre d’affaires à faire grimper. Nous ne vendons rien, pas même des illusions, j’espère. Nous voulons offrir un peu de rêve. Mais un rêve à portée de main, sans obsolescence programmée, qui pourrait devenir réalité. Il me semble que cela vaut la peine d’essayer.

Un Triste Sire Du Moment a récemment répété : « Nous sommes en guerre ». Nous, on est des gentil.le.s, on prépare la paix. Mais nous sommes lucides et nous voyons, de nos yeux ou derrière nos écrans, que les dites « Forces de l’Ordre » (que son règne a achevé de débrider) jouissent de le prendre au mot et trépignent, dans l’attente éventuelle d’un.e autre chef.fe. Si jamais certain.e.s de leurs membres en sont révolté.e.s comme nous, qu’ils et elles nous rejoignent de toute urgence.

Dans l’intérêt de toutes et de tous, peut-être même dans l’intérêt de nos ennemi.e.s, nous estimons en avoir le devoir :

Nous ne nous laisserons pas faire.

Et nous traduirons cela dans toutes les langues.

A bientôt sur les places, sur tous nos territoires.

Fleur de Lupin

PS : Navrée pour les maladresses concernant l’écriture inclusive. Apprentissage en cours. Il faudrait rappeler au Sommet de la Pyramide de l’Éducation Nationale de mettre le sujet dans les programmes de français.

 

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