Mashrou' Leila, leader de la scène indépendante libanaise

Le groupe Mashrou' Leila (projet d'une nuit en français, ndlr) s'est fait connaître à la fête de la musique de Beyrouth en 2008. Depuis, les sept musiciens libanais ont sorti deux albums et tourné internationalement, conquérant à la fois la large diaspora libanaise et les européens. Retour sur un succès aussi inattendu que mérité avec le chanteur Hamed Sinno.

 

Quelle est l'idée de départ qui a lancé le groupe ?

Nous voulions juste faire de la musique.

 

Mashrou' Leila a cinq ans maintenant : vous attendiez-vous à un tel succès ?

Nous ne nous attendions à rien ! Nous avons commencé pour nous et nos amis, sans jamais considérer une carrière, c'était seulement du « fun ». Nous avons pris progressivement la musique au sérieux, aujourd'hui c'est une priorité.

 

Quels sont les thèmes favoris du groupe ?

N'importe lesquels. Nous écrivons sur nos envies, nos sentiments, la vie, on se laisse aller à inventer pour enjoliver nos histoires... Mais nous n'avons pas de thème en particulier.

 

Vos textes ont souvent été perçus comme « controversés » au Liban...

C'est assez drôle en fait, parc que nos chansons ne sont pas si controversées que ça. Ce sont des thèmes connus et discutés au Liban, mais du fait du manque d'infrastructure pour la musique indépendante, pas « classique », ce n'est jamais dit à grande échelle, c'est pour ça que ça choque. La chanson « Fasateen » (robes en français, ndlr) par exemple déconstruit l'image du mariage, mais cette idée existe dans la société depuis longtemps ! Elle n'est arrivée que récemment dans les discussions politiques.

 

Vous-même avez pris position pour les droits des homosexuels : que pensez-vous de la nouvelle loi française ?

C'est une question délicate mais je trouve cela super que cette option soit offerte à tout le monde. Ce n'est pas pour moi personnellement, mais c'est bien que les droits civils soient donnés à tous.

 

Le groupe a refusé de faire l'ouverture des Red Hot Chili Peppers l'an passé du fait de leur présence en tournée en Israël : quelle est votre opinion sur le conflit israélo-palestinien ?

Nous avons décidé de ne pas en parler du fait de la variété de nos opinions. Nous sommes un groupe, je ne peux pas parler au nom des autres sur des sujets aussi sensibles. Le boycott est une question difficile depuis l'Afrique du Sud ! Le groupe est uni dans la musique, le reste est personnel et diffère d'une personne à l'autre. Je dirais juste une chose : de nombreuses personnes devraient plus penser à la résistance pacifique. Au-delà, nous n'avons aucun message politique à donner à personne.

 

Où avez-vous voyagé en tournée ? Vous avez un endroit préféré ?

Nous avons été en France, en Suisse, à Dubaï, en Serbie, à Amsterdam, à Montréal, à Marseille, en Jordanie, Le Caire, Tunis, au Qatar... Les villes que nous avons le plus appréciées, tous, sans aucun doute New-York et Londres, mais notre public était à Montréal. C'est tellement confortable là-bas, nous y avons d'ailleurs terminé notre deuxième album avec du matériel tout neuf ! La diaspora libanaise au Québec est la plus enthousiaste du monde.

 

Et la France ?

J'adore aller en France personnellement, où il est plus facile d'avoir de meilleures conversations, et Paris reste une ville magnifique à visiter.

 

Quelle est la suite pour Mashrou' Leila ?

Notre troisième album sort en juin, et ensuite nous partons en tournée, nous allons tourner des clips, comme d'habitude quoi.

 

Propos recueillis par Florence Massena

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