Avec ou sans les armes chimiques, la guerre continue

Dans un rapport publié le 11 septembre 2013, les Nations Unies dressent un tableau extrêmement préoccupant de la situation en Syrie. Malgré quelques victoires tactiques du régime syrien au cours des derniers mois, le conflit armé est dans l’impasse. De nombreuses villes et villages sont frappés par les bombardements et sont en état de siège. Les forces gouvernementales et les groupes d’opposition commettent des crimes de guerre et visent la population civile. Le régime attaque systématiquement les structures sanitaires et le personnel médical pour empêcher les partisans de l’opposition d’accéder aux soins.

Deux jours plus tard, le Secrétaire Général de l’ONU M. Ban Ki Moon, ignorant visiblement qu’il était enregistré, lance un commentaire : « Le président Assad a commis de nombreux crimes contre l’humanité. Lorsque tout sera fini il devra en rendre compte. » C’est la première fois que le plus haut représentant des Nations Unies exprime une opinion aussi nette sur les responsabilités du régime syrien.

Le lendemain, samedi 14 septembre, les États-Unis et la Russie déclarent avoir trouvé un accord sur l’identification et la destruction des stocks d’armes chimiques syriens. Certains commentateurs se félicitent de cette entente politique inespérée, qui permet d’éviter une intervention armée occidentale, tandis que d’autres doutent de sa faisabilité et accusent la Russie et la Syrie d’essayer uniquement de gagner du temps.

Mais au final la question des armes chimiques est secondaire. Le rapport des Nations Unies est très clair : la plupart des victimes meurent à cause des bombardements et des affrontements avec des armes conventionnelles. Que l’occident intervienne ou non, c’est déjà la guerre en Syrie. Il est temps que la communauté internationale s’efforce d’y mettre un terme : si ce n’est pas par la force, à travers les pressions et la diplomatie. L’inaction et l’indifférence, elles, ne feront qu’empirer la crise.

Le rapport cité offre une analyse détaillée des responsabilités des différents groupes armés. Il est disponible en français et en anglais.

D'autres histoires sur la crise syrienne sont à découvrir sur le site www.focusonsyria.org/fr

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