Qu'est-ce que le capitalisme?

Après une année consacrée aux pensées et aux pratiques d'émancipation, la Fondation Copernic (associée pour l'occasion à la revue Mouvements) consacre la saison 2013-2014 de son séminaire à la gauche et au progrès. La première séance a exploré le capitalisme avec le philosophe Stéphane Haber et l'économiste Michel Husson (lien vers les vidéos de la séance en fin de billet).

Après une année consacrée aux pensées et aux pratiques d'émancipation, la Fondation Copernic (associée pour l'occasion à la revue Mouvements) consacre la saison 2013-2014 de son séminaire à la gauche et au progrès. La première séance a exploré le capitalisme avec le philosophe Stéphane Haber et l'économiste Michel Husson (lien vers les vidéos de la séance en fin de billet).

 

 

Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, la majorité d’entre nous s’accorde à appeler « capitalisme » le système économique dans lequel nous vivons. Pourtant, force est de constater que ce terme général recouvre des modalités particulières de production et d’échange extrêmement variées selon les lieux et les époques : sur quel critère s’appuyer alors pour considérer comme fondamentalement semblables les différentes économies dites « capitalistes » (par exemple, celle de l’Angleterre du XIXe et celle de la Chine contemporaine) ? Y a-t-il un seul ou plusieurs « capitalismes » ?



D’autant que si l’on ne retient qu’une définition stricte du terme, c’est-à-dire l’institution de la libre poursuite du profit comme moteur du développement, il faut dire que « le capitalisme » n’existe pas. En effet, comme le montre l’économiste Ha-Joon Chang, il n’existe pas de marché libre, c’est-à-dire de marché sans régulation : ce sont au contraire les régulations qui constituent les marchés. D’autre part, comme le montre Karl Polanyi, si un tel marché « libre » (« auto-régulé ») existait, il serait vite démantelé, tant il se révèlerait destructeur pour les autres éléments de la société.



De quoi parle-t-on donc lorsque l’on parle de « capitalisme » ? Faut-il en particulier considérer le néolibéralisme comme une version dégénérée de celui-ci, ou au contraire comme son développement nécessaire ? Être contre le néolibéralisme, est-ce être « anti-capitaliste » ? Vers quelles modalités critiques et vers quelles formes de contestation ou de militantisme une telle enquête sur le capitalisme peut-elle conduire ?

 

 

Débat avec :

 

- Stéphane Haber, professeur de philosophie à l’Université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, auteur de Penser le néocapitalisme. Vie, capital et aliénation (Les Prairies Ordinaires, 2013),

 

- et Michel Husson, économiste à l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES), auteur de Le capitalisme en 10 leçons (Zones, 2012 - illustrations de Charb).

 

Les vidéos de cette séance du 22 octobre 2013 sont disponibles à ce lien.

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