Hommage à Jean-Claude Lachaux, mort au travail

Le 2 décembre 2011, Jean-Claude Lachaux, technicien d’intervention à France Télécom-Orange, décédait des suites d’une chute depuis une plateforme d'accès en hauteur, dont les dangers étaient connus depuis plusieurs années. Deux ans après, sa femme et sa fille appellent à un rassemblement (à Aix-en-Provence) destiné à lui rendre hommage et à rappeler que travailler tue, en toute impunité.

Le 2 décembre 2011, Jean-Claude Lachaux, technicien d’intervention à France Télécom-Orange, décédait des suites d’une chute depuis une plateforme d'accès en hauteur, dont les dangers étaient connus depuis plusieurs années. Deux ans après, sa femme et sa fille appellent à un rassemblement (à Aix-en-Provence) destiné à lui rendre hommage et à rappeler que travailler tue, en toute impunité.

 

Jean-Claude est mort au travail le 2 décembre 2011. Il a chuté d'une plateforme  « polyvalente » mise en service en 2009 par France Télécom, dont la dangerosité est immédiatement pointée par les représentants du personnel aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'entreprise  et par l'inspection du travail (comme le rappelle le tract du syndicat SUD du 29 décembre 2011). A l'époque, seul l'INRS - avec l'entreprise et le concepteur - loue les mérites de l'équipement en cause. La direction de France Télécom attendra la mort de Jean-Claude pour le retirer de son matériel.

 

Sa femme Danièle et sa fille Aurélie, soutenues par le syndicat SUD PTT et la Fondation Copernic, invitent celles et ceux que la mort au travail révolte à se rassembler le lundi 2 décembre 2013, à 11 heures, au Centre Orange du Jas de Bouffan, impasse des Frères Pratesi, à Aix-en-Provence. Cet hommage sera précédé d'une commémoration publique proposée, à partir de 8 heures, aux salarié-e-s d'Orange par le syndicat SUD PTT.

 

La mort au travail continue de faire des ravages en France (entre 500 et plus de 1 300 morts par an sont officiellement dénombrés au seul titre des accidents) et dans le monde, en laissant bien souvent les responsables - que sont les entreprises - impunis, comme nous le pointions dans notre note Travailler tue en toute impunité..., parue en 2009 (notre pétition en ligne, lancée à la même époque, est toujours ouverte aux signatures).

 

Tout récemment (et sans prétention à l'exhaustivité), une agent de sécurité est morte écrasée sous un portail métallique à Castelnaudary (Aude), un employé de maintenance est mort broyé par une machine à Fontans (Lozère), un ouvrier est mort happé par une machine à Chinon (Indre-et-Loire), un ouvrier est mort écrasé sous une pelleteuse à Trith-Saint-Léger (Nord) et le 12 octobre dernier les victimes de l'amiante manifestaient à Paris pour réclamer la punition des responsables de leur condamnation à mort...

 

Il faut, donc, toujours que nous nous mobilisions pour que cesse l'injustice nourrie du silence collectif que constitue la mort au travail. La délinquance patronale, en particulier lorsqu'elle conduit à la mort, doit être effectivement sanctionnée.

 

Le 25 septembre 2009, Christiane Taubira, alors députée, co-signait une tribune publiée dans Le Monde sous le titre « Impunément, travailler tue », dans laquelle on peut notamment lire : « Jusqu'à quand ces tués à la tâche resteront-ils invisibles, sous-évalués, sous-indemnisés ? Tant qu'ils ne coûteront rien. Un vol de sac à main est condamné à six mois de prison ferme devant tout tribunal correctionnel, en comparution immédiate. Pour un accident du travail, l'employeur est, au mieux, coupable d'homicide dit "involontaire", lorsque sont reconnues les causes professionnelles de la maladie du salarié ou la responsabilité de l'entreprise dans l'accident. Dans les faits, seuls les lampistes paient, les procédures sont fréquemment classées sans suite et les indemnisations sont dérisoires. Une telle impunité conduit à juger négligeable le coût des impératifs de prévention des risques. Une convocation au pénal des entreprises reconnues fautives (assortie de réparations financières dissuasives) inciterait peut-être à plus de prudence. Puisque seul intéresse le porte-monnaie ! ».

 

Aujourd'hui ministre de la justice d'un gouvernement qui détricote le droit du travail, a-t-elle cela toujours en mémoire ?

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