Quand une paysagiste fait refleurir un désert

Un site de 35 hectares rendu inerte par une utilisation industrielle devient le terrain de jeux d'expérimentations d'alternatives aux pratiques paysagères traditionnelles, un lieu de création de techniques écologiques et économiques qui amélioreront surement bientôt les visions des aménageurs de territoire.

2.jpgUn site de 35 hectares rendu inerte par une utilisation industrielle devient le terrain de jeux d'expérimentations d'alternatives aux pratiques paysagères traditionnelles, un lieu de création de techniques écologiques et économiques qui amélioreront surement bientôt les visions des aménageurs de territoire.

Quand on parle de permaculture, d’agro-écolo-truc et si en plus on ajoute une yourte et une roulotte dans un coin du tableau, pour beaucoup de gens, on se situe dans les fonds de l’Ardèche ou sur les contreforts des Pyrénées au milieu de chevelus puants la chèvre et le mysticisme hallucinogène, au large de notre belle société green-washée.

Un projet riche et ambitieux

Un site industriel stérile et pollué destiné à rien ou guère plus

A Claye-Souilly, le site des Monts Gardés est un triangle de 35 hectares délimité par deux lignes TGV et une autoroute qui servit de zone de stockage de la plupart du matériel nécessaire à la création de la ligne TGV-Est. Au final, une zone retournée, ravagée et plus ou moins polluée qui se ravinait en attendant un aménagement paysagé obligatoire, classique, pas très bon marché et inefficace. Et c’est à ce moment là que ça part en vrille.

L’état du terrain après son utilisation :

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Paillage plastique (ce qui se fait habituellement sur ce type de site) :

Paillage plastique (ce que ça aurait du être)

 

La naissance d’un projet à long terme

Une jeune (et jolie aussi) paysagiste a réussi à convaincre les propriétaires (RFF) de ce noman’s land de lui confier le projet de réhabilitation paysagère (je ne connais pas le terme exact) auquel ils étaient légalement tenus. Et bien entendu, au lieu de quelques kilomètres de bâches plastiques plantés de brindilles faméliques qui auraient du être abandonnées là, c’est toute une stratégie à long terme qui fut mise en place pour obtenir un jour une forêt cultivée. Là, on parle d’agroforesterie et d’autres choses un peu plus techniques, c’est pourquoi je vous renvoie directement au site du projet.

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Une zone de recherche et d’expérimentations

L’implantation d’une forêt cultivée sur une terre vierge de toute vie végétale (pour ne pas dire morte) est l’occasion de comparer différentes techniques, en matière de paillage ou d’implantation d’arbres tout en étudiant les évolutions d’un écosystème en recréation. Les ressources financières limitées ont induit dans ces démarches, en plus des impératifs écologiques évidents, un soucis économique.

L’exemple des pièges à graines

Après avoir semé des plantes couvrantes et enrichissantes pour le sol à coup de canon à eau (solution économique et efficace), de nombreux plants d’arbre (ou semis, je ne sais plus) ont été plantés en ligne avec chacun son piquet comme ça se fait assez classiquement. Après quelques temps, un tour de terrain permit de constater qu’effectivement des arbres poussaient au pied des piquets, mais pas particulièrement ceux qui y avaient été plantés à l’origine. Les piquets ont servi de perchoir aux oiseaux qui en contrepartie ont déposé de nombreuses graines à leurs pieds. De là est née l’idée d’expérimenter différents types de « piège à graines », entendez par là des lieux artificiels où les oiseaux se perche volontiers pour y déposer les graines contenu dans leurs fientes qui créeront naturellement un genre de talu arboré. Des savants tressages de branchages aux tailles de haies bennées en vrac, ces nombreux essais ont été comparés en matière d’efficacité mais également de coût.

à suivre...

Cette expérience est loin d’être terminée et devrait faire avancer l’argumentaire des alternatives écologiques aux pratiques paysagistes actuelles.

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