CE QUE NOUS VOULIONS DEMONTRER : SANS IMAGES PAS DE SCANDALE !

La dispersion musclée des manifestants sur la Place de la République aurait pu passer inaperçue. Ils se seraient peut être plaint, ainsi que les organisateurs et associations, plus sûrement, mais aucune illustration à l’appui de leurs dires. Ou alors très tardivement, entre les pages d’un dossier, puis éventuellement dans l’enceinte d’un tribunal. Mais l’information du public serait passée à l’as, à l’avantage de leur image et c’est ce qu’ils veulent protéger en terme de réputation. On aurait eu droit au communiqué officiel tout à fait anodin avec un bilan de blessés dans les forces de l’ordre et d’ interpellations.   

Ce ne sont pas les textes qui doivent changer, d’ailleurs ils existent déjà qui sanctionnent les menaces, les violences dont ils peuvent faire l’objet, mais leurs comportements partant des ordres reçus.   

Certes ce n’était pas une de ces pauvres installations aux lisières de nos villes et qui ont fait l’objet d’évacuations semblables, tout aussi inhumaines,  mais de la manifestation – non autorisée – d’un problème majeur : que faire pour ces populations, comment les recueillir ?  Ce sera vraisemblablement l’argument en défense : Trouble grave à l’ordre public qui nécessitait une intervention urgente. 

Donc intervention des forces de l’ordre mais pas semble-t-il celles de « maintien de l’ordre » plus aguerries et spécialisées.  Distinguo ! 

Certes il ne fallait pas laisser s’installer durablement un campement sur la Place de la République mais prendre acte de la démonstration et négocier avec les organisateurs, entendre leurs revendications et chercher une solution au problème dans le calme des bureaux. Ce sont les méthodes de certaines polices européennes. 

Toujours est-il que le gouvernement , le ministre de l’Interieur, le Parlement sont mis au pied du mur en ce qui concerne la loi de sécurité globale

Quant à l'accueil et l'hébergement des réfugiés il serait temps que cela fasse l'objet d'une réelle politique. Nombre de ces personnes, déjà éprouvées par les situations et les évènements qu'elles ont connus, vécus dans leur pays et sur leur parcours pour trouver la sécurité et l'assistance dans des pays réputés démocratiques, seules ou en famille,  ont exprimé leur effroi, leur déception : le pays de l'Homme les voue à une perpétuelle errance, à l'insécurité, à la misère et les pourchasse, les disperse comme dans certains pays que pourtant la France poursuit de remarques critiques et moralisatrices.

J'ai honte.  

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