Les réalités statistiques et probabilistes des demandeurs d'emploi

Une série statistique se définit avec une population et un caractère. La population est l'ensemble des individus que l'on veut analyser. Et le caractère est la qualité étudiée chez ces individus, ce sont les indicateurs sur la population enregistrée dans le central informatique de Pôle emploi.

Pôle emploi dispose informatiquement d'une population complète et réelle, les demandeurs d'emploi, avec des indicateurs permettant de définir des caractères statistiques sur les individus inscrits demandeurs d'emploi.

Un caractère peut-être qualitatif (non numérique) ou quantitatif. Pour Pôle emploi le quantitatif est discret puisque nous avons un nombre fini d'inscrits et des indicateurs quantifiables sur ces demandeurs d'emploi.

Les erreurs de populations et sur les indicateurs sont principalement le fait des fraudeurs. Elles sont largement minoritaires, moins que les 1% des exigences d'erreurs de la science moderne. Un contrôle est effectué sur les indicateurs et la population enregistrée par les agents de pôle emploi, avec un suivit administratif des indicateurs des demandeurs d'emploi souvent sur de longues périodes (le tout numérique pourrait inverser cette qualité des données). Un service des fraudes est aussi en fonctionnement pour traquer les usurpations d’identités, les usages de faux en écriture et enquêter sur dénonciations.

Pôle emploi réalités sur les fraudes © Pôle Emploi Pôle emploi réalités sur les fraudes © Pôle Emploi

Depuis la fusion centralisée de l'informatique Unédic début 2 000, il devient très difficile pour un demandeur d'emploi de frauder à l'assurance sans la complicité d'un employeur. Souvent les fraudes caractérisées sont des faux demandeurs d'emploi qui travaillent au noir comme artisan ou avec la complicité d'un petit employeur qui blanchit son travail au noir en échange d'aides à l'emploi de l'état sans cotisations. Beaucoup sont dans la région Parisienne. Une autre catégorie de fraude qui est étouffée en interne, est la fraude de l'assurance pour financer les premières années de sa retraite. C'est de la responsabilité des employeurs qui négocient avec les salariés sur ces conditions d'indemnisations de retraite au détriment du mutualisme des salariés. Des salariés fraudeurs qui étaient tolérés, étaient parmi les intermittents du spectacle. Certains d'entre eux travaillaient quelques mois, et le reste de leur salaire était financé par l'assurance des salariés alors qu'ils étaient encore en tournage... Cela à fait la fortune d'acteurs, chanteurs qui maintenant ne veulent plus payer leurs impôts comme les autres en France. Une catégorie considéré comme fraudeur, et qui est très discutable puisqu'ils ont cotisé à l'assurance, contient ceux qui s'expatrie ou prennent des vacances le temps de leur indemnisation. 

Il faut citer aussi, parce que nos médias mainstream essayent de les faire passer pour des fraudeurs, et parce qu'ils influent par l'utilisation de leur droit d'assurance sur les statistiques, les personnes qui utilisent l'indemnisation pour trouver l'emploi qui leur convient le mieux. Ce sont ces demandeurs d'emploi qui ne veulent pas travailler sur n'importe quel emploi pendant qu'ils sont indemnisés. Ils ont cotisé par leur travail et touche un assurance prévue pour cela afin de leur permettre de trouver l'emploi qui correspond le mieux au meilleur salaire, aux qualifications/diplômes ou au développement métier recherché par le salarié.

Après nous avons les indus et les trop perçu, ce sont des erreurs de Pôle emploi ou des employeurs qui en sont généralement les causes. Mais les sanctions tombent maintenant surtout sur les demandeurs d'emploi.

Pour les autres institutions et indépendants qui font des analyses sur les demandeurs d'emploi, quand elles n'utilisent pas les données fournis par Pôle emploi (parfois filtrées par des équipes de statisticiens de Pôle emploi ou par des systèmes informatiques), elles font appel aux probabilités.

La probabilité est donc une vraisemblance, une apparence de vérité, ou une chance qu'une chose soit vraie. C'est une expérience que l'on est capable de décrire. Comme toute expérience elle est régie par les lois de la métrologie et de ses erreurs.

Donc avec les données statistiques de Pôle emploi on confronte des données réelles (avec une erreur infime) avec les probabilités des données expérimentales qui peuvent elles introduire de gros biais probabilistes suivant le processus de mesures. L'interprétation des questions, la détermination des populations de statistiques avec par exemple les travailleurs précaires qui n'ont pas les moyens du numérique, les analphabètes, les clandestins, les expatriés qui sont très difficilement sondables.

Pour faire les statistiques que nous allons utiliser dans ce blog, Pôle emploi fournit publiquement un outil de requêtes sur des données brutes.

Quelles sont donc ces "caractères" identifiés dans le central informatique de Pôle emploi ?

  • Le temps avec les mois d'inscription de janvier 1996 à aujourd'hui, le temps d'inscription,
  • La localité (villes, départements, régions, nation),
  • Les catégories (A, B, C, D, E),
  • Le sexe (Homme/Femme),
  • L'age.

En plus en interne de Pôle emploi sont disponibles :

  • Le niveau de formation (Non renseigné, Niveau inférieur au CEP-BEPC, CEP-BEPC, BEP-CAP, BAC, BAC+2, Niveau supérieur à BAC+2)
  • La qualification (Non précisé, Manœuvres, Ouvriers spécialisés OS1-OS2, Ouvriers qualifiés OP1-OP2, Ouvriers qualifiés OP3-OHQ, Employés non qualifiés, Employés qualifiés, Techniciens-Dessinateurs, Agents de Maîtrise, Cadres)
  • Autres...

Exemple de données statistiques censurées au public

Si vous utilisez l'outil de Pôle emploi pour les plus de 45 ans vous allez obtenir cette courbe :

Progression des inscrits demandeurs d'emploi de plus de 45 ans 1996 à juin 2019 © FRANC SERRES Progression des inscrits demandeurs d'emploi de plus de 45 ans 1996 à juin 2019 © FRANC SERRES

On peut voir que la précarité salariale des plus de 45 ans est passée d'environ 1 000 000, de 1996 à 2008, à 2 400 000 actuellement (140% d'augmentation). Alors elle est où la problématique du besoin des baises des nivaux de retraites pour les générations à venir, alors qu'environs 2 500 000 personnes n'auront pas un niveau de cotisation à taux plein ?

Alors que pour les moins de 30 ans :

Inscrits demandeurs d'emploi de 30 ans et moins © FRANC SERRES Inscrits demandeurs d'emploi de 30 ans et moins © FRANC SERRES

Et la presse mainstream de nous expliquer que le problème c'est l'emploi des jeunes, alors qu'il c'est généralisé à toutes les couches d'ages...

Aussi sur les données globales des inscrits demandeurs d'emploi de 1996 à 2019 :

Analyse du nombre d'inscrits demandeurs d'emploi © FRANC SERRES Analyse du nombre d'inscrits demandeurs d'emploi © FRANC SERRES

Notre presse mainstream nous rabâche qu'on n'est pas capable d'estimer les effets des 35h, c'est pourtant 900 000 inscrits demandeurs d'emploi en moins sur deux ans.

Évolution géographique des inscrits demandeurs d'emploi suite aux 35h © FRANC SERRES

On entend plus parler du "Papy boom" il a pourtant commencé en 2005 et c'est 900 000 inscrits demandeurs d'emploi en moins sur 4 ans.

Pyramide des ages en 2005 © FRANC SERRES Pyramide des ages en 2005 © FRANC SERRES

Évolution des inscrits demandeurs d'emploi pendant les 4 premières années du "Papy boom" © FRANC SERRES

Ce qui est encore plus surprenant, c'est quand on regarde toutes les périodes où on nous vente les politiques libérales pour lutter contre le nombre de demandeurs d'emploi, c'est là que le nombre d'inscrits augmente.

Et même c'est lorsque nos gouvernements ont mis en place la flexibilité de l'emploi des travailleurs en 2008 que nous avons pris 3 000 000 d'inscrits en plus sur 10 ans...

Qui finance les périodes d'inactivités, la précarité, les maladies, les périodes de vacances et même les retraites à la place des employeurs et surtout des financiers à qui cela profite ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.