Du mutualisme du travail à l'autoritarisme des financiers du placement

Ou comment la création de l'aristocratie et de l'argent a permis aux aristocraties de subordonner les familles, les collectifs de travail, puis les régulations sociales des états tout en nous conduisant à une catastrophe socio-écologique.

Collectivisme préhistorique © FRANC SERRES Collectivisme préhistorique © FRANC SERRES

Le travail à l'aube des temps de l'homme moderne était une organisation familiale. Dans ce fonctionnement de fratrie chacun reçoit en fonction de son besoin et la production s'adapte pour répondre aux besoins collectifs. C'est ce que nous identifions actuellement avec travailler dans l'intérêt général. Donc tous les membres de la fratrie travaillaient ensemble pour produire le résultat de leurs besoins.

Avec le temps, les échanges et les rencontres, ce fonctionnement c'est généralisé entre les familles. C'est l'économie d'entre aide qui s'installe. On partage alors les connaissances, les ressources et l'on prête les moyens de productions dans une nature abondante en matières premières. C'est chacun contribue suivant ses moyens pour répondre aux besoins de productions du collectif humain.

Les groupes d'individus s'organisent alors suivant des spécialisations d'activités, que nous appelons maintenant des métiers. Ces métiers ont un rôle organique dans la production des ressources de réponses aux besoins du collectif humain, c'est du mutualisme. Le travail se divise entre des collecteurs de ressources, le service aux autres (comme la sexualité, la mise à disposition de sa force de travail et l'aide sociale et sanitaire) et l'artisanat de la transformation de ces ressources. Avec la sécurité alimentaire l'innovation et la technologie peuvent alors se développer.

Symbiose © FRANC SERRES Symbiose © FRANC SERRES

Mais, avec la pratique, les échanges réciproques pausaient un problème avec la contribution sociale. Certains ne voulaient pas partager des ressources rares collectés ou offrir leur service à des individus, d'autres ne faisaient pas l'effort suffisant pour rendre à l'équitable l'aide fournie par les familles. Des conflits individuels alors perturbaient l'intérêt général de cohésion familiale et de paix sociale de l'humanité. La gestion des organisations familiales nécessitent une médiation sociale pour apaiser les antagonismes individualistes (ta liberté individuelle s'arrête là où commence celle des autres). Ces femmes et ces hommes, dans l'ensemble bien veillant, ont donc du mettre en place, sur ces échanges économiques d'entre aide, une solution pour répondre à la paix sociale dans l'intérêt général. Ils ont trouvé comme solution un outil permettant de répondre à ce besoin en créant la comptabilité. C'est alors la naissance du calcul mathématique qui va engendrer celle de l'écriture.

Pendant tout ce cheminement, le développement organique des métiers se fait avec un processus de spécialisation :

  • être exécutant. C'est apprendre en reproduisant ce que l'on observe ou ce que l'on nous demande de faire.
  • être technicien. C'est être capable de mettre en actions de façon autonome un ensemble d'activités pour aboutir au résultat demandé.
  • être concepteur. C'est être capable d'analyser, d'ordonnancer, de mécaniser, d'optimiser, de transmettre les techniques de productions.
  • être innovateur. C'est être capable d'imaginer, de créer, d'expérimenter et d'analyser les principes de nouveaux processus de productions.

Ce sont ces degrés de spécialisations des métiers organiques qui font notre investissement social dans le collectif humain de production. C'est aussi la réponse utilitaire de cette production qui fait notre reconnaissance sociale et répond à notre besoin d'empathie sociale.

Notre organisation sociale du travail était alors un communalisme universel, ce que nous appelons le fédéralisme.

Femme et nature © FRANC SERRES Femme et nature © FRANC SERRES

Mais nous sommes dans une organisation sociale, et cette reconnaissance sociale est fonction du type d'organisation. Dans les premiers temps de l'humanité nous fonctionnions dans une organisation de grégarisme eusocial communal. C'est ce mutualisme des métiers organiques suivant un réseau de partages gratuits qui a permis à l'homme moderne de se développer économiquement à l'image de la technique des néandertaliens du temps de l'aire glacière ou du logiciel libre de nos jours. C'est une organisation sociale démocratique du partage, ou plus exactement collectiviste communale (Le communisme étant une vision égalitariste dans ce fonctionnement).

La femme tient alors une place centrale par le service sexuel qu'elle donne aux hommes pour la reproduction. La vision égotique de certaines d'entre elles et la vision sexuelle ethnocentrée des hommes donne naissance au culte de la femme. C'est la mise en place de la première aristocratie, celle de la domination par la croyance avec l'investissement théologique sur ce culte, c'est l'aristocratie de croyance. Avec son développement ces femmes commencent alors à sacrifier des hommes reproducteurs ou à les castrer pour leur vanité de domination sur ceux-ci. Il y avait même peut-être une sélection à la naissance. Pire à cause de leur comportement aristocratique elles commencent à faire de la discrimination. Elles vantent d'un coté les cueilleurs/agriculteurs/artisans (signe de modernités) et dénigrent de l'autre les nomades éleveurs/chasseurs. C'est la création d'une perception de classes sociales sur les pratiques métiers.

Dispute femme homme © FRANC SERRES Dispute femme homme © FRANC SERRES

Il y a 5 000 ans, par ces populations nomades discriminées arrive alors, en réaction à cette aristocratie féminine de croyance, le déluge d'une autre organisation sociale familiale. C'est la naissance du patriarcat. Se met alors en place, progressivement, une organisation parasitaire à l'organisation grégaire eusociale de démocratie communale familiale. Celle pyramidale du mâle dominant, c'est à dire du grégarisme de la meute prédatrice. Et plus précisément une forme identique à celle des lions. C'est alors une organisation de la structure familiale, non plus en fusion de métiers organiques sur de la coopération, mais sur la division en hiérarchies sociales de dominations (sexe, familles, possessions, par contraintes, croyances, etc.). La reconnaissance sociale n'est alors plus axée sur la réponse économique aux besoins collectifs par le travail pour les autres. S'installe en son sein la reconnaissance sociale suivant la position hiérarchique, et une économie de réponse aux besoins de l'aristocratie.

Guerres des hommes © FRANC SERRES Guerres des hommes © FRANC SERRES

Avec l'arrivée du patriarcat, c'est la création de la reconnaissance par la force et la naissance de l'aristocratie de la force:

  • militaire (armées),
  • répressive (polices et justice)
  • et conformiste (morale).

Gouvernements aristocratique © Franc SERRES Gouvernements aristocratique © Franc SERRES

Ces aristocraties de la force s'imposants, naît alors avec l'évolution dans le temps l'aristocratie familiale que nous appelons les monarchies :

Monarchie présidentielle © Franc SERRES Monarchie présidentielle © Franc SERRES

Ce centralisme des décisions familiales puis sociales fait naître une autre aristocratie celle de la gouvernance.

  • le chef de famille devenant chef de village, ou noble de quartier dans la ville.
  • Le chef des chefs des villages et des nobles de quartiers devenant rois des villes.
  • Puis le chef des rois de villes devenant empereur de la cité, et dieu lorsqu'il devenait chef de tous les empereurs des cités.

Bureaucratie © FRANC SERRES Bureaucratie © FRANC SERRES

Gouvernance hiérarchique qui elle même engendre avec le facteur d’échelle des organisations pyramidales l'aristocratie bureaucratique. C'est cette fameuse aristocratie dans nos administrations et nos entreprises (aides au pilotage, managers, RH, juristes et qualité, gestionnaires comptables).

  • les conformistes ou carriéristes,
  • la hiérarchie et les donneurs d'ordres,
  • et les parachutés du mandarinat. 

Subordination au travail © Franc SERRES Subordination au travail © Franc SERRES

La naissance du patriarcat est aussi le moment du détournement de l'aristocratie de croyance (théologique) du culte de la femme dans le but de subordonner la culture des populations à l'acceptation de la domination hiérarchique des hommes. Les scribes convertissent alors le culte de la femme en polythéismes pour casser toutes les représentations positives de la femme. Ils imposent ainsi la domination d'une représentation masculine. Puis le polythéisme re-converge plus tard en monothéisme avec la suprématie de Zeus/Jupiter qui n'est autre que le dieux de l'orage Yhwh (Yavhé) dans le judaïsme (réécriture des textes du culte de la femme achevés). Puis suivra le christianisme (tentative de retour aux origines égalitaire avec la femme, puis recadré par la bureaucratie religieuse vers l'aristocratie) et l'islam (idem que pour le christianisme, avec les déformations culturelles du temps en plus. Lire «Le pacte de NADJD» de Hamadi Redissi). 

Ces écrivains modifient, interprètent et informent pour justifier/conforter le centralisme et la domination des aristocraties d'hommes. En vantant par exemple l'ordre aristocratique mâle dominant dans des épopées avec de prétendus exploits (épopée de Gilgamesh, reconversion d'enkidu le supporter des femmes, Enlil ou Ninurta remplaçant la domination de la femme Ninhursag). Se faisant les scribes ont donné naissance à une autre variante de l’aristocratie de la croyance, celle des intellectuels et des artistes de monarques (propagande médiatique). 

Chaises musicale © FRANC SERRES Chaises musicale © FRANC SERRES

Du temps de l'antiquité se développe donc ces aristocraties de la force, des familles, des gouvernances, de la bureaucratie et de la croyance. Les habitations, regroupées suivant un mutualisme familial de réponses aux besoins collectifs (communal), se transforment alors en organisations hiérarchisées autour des ces aristocraties afin de permettre la réponse aux besoins de dominations par la force, de familles, des gouvernances, des bureaucrates et des croyances dans ces villes. C'est le début de l'esclavagisme sexuel puis avec leurs enfants celui des travailleurs. Commence alors des guerres de pouvoirs et de possessions entre toutes ces aristocraties. Conséquence de luttes de classes dominantes pour accéder au contrôle du sommet de la pyramide hiérarchique sociale de l'organisation meute. C'est le début de souffrances pour les populations sous leurs dominations.

Village au néolithique © FRANC SERRES Village au néolithique © FRANC SERRES

La société eusociale du travail s'organise alors pour répondre à la ponction économique imposée par la domination et les manigances de ces aristocraties sociales. Dans un premier temps avec l'arrivée du patriarcat les populations en réaction fuient dans la nature, migrent vers le nord de l’Europe (les femmes), ou se cachent des autorités en mettant en oeuvre une économie de l'entre aide et du partage (communautarismes). C'est l'éclatement des collectifs de travail des familles. Puis pour ceux qui ne peuvent pas fuir c'est le développement technologique qui permet de compenser la mise en précarité des populations du travail.

Ces organisations sociales aristocratiques prennent alors le contrôle sur les possessions, les productions (prélèvement des ressources et passage des possessions familiales des moyens de productions vers les individus dominants hommes, naissance des esclaves) et sur les moyens de la logistique (routes, fluvial et maritime, taxes en nature sur les échanges, etc.). Ces contrôles sociaux permettent à l'aristocratie de prélever une rente (impôt) sur l'activité de production des travailleurs (exploitation des travailleurs) pour se faire entretenir par le collectif eusocial de production sans contre parties. Contrôles que l'on peut qualifier de parasitaires.

Notre organisation sociale du travail est alors patriarcale, déstructurée et de productions essentiellement agricole avec de petites productions artisanales.

Capitalisme © FRANC SERRES Capitalisme © FRANC SERRES

Vers -700 se développe une toute nouvelle forme de contrôle des moyens de productions avec l'introduction de l'argent. Imposé par la force par les aristocraties dominantes, ce contrôle monétaire va permettre aux aristocrates d'avoir une véritable emprise sur la gratuité des échanges économiques et l'autonomie des travailleurs tout en créant une nouvelle rente d'impôt. Il ne faut pas confondre l'impôt de cette époque qui est une rente financière pour l'aristocratie (de nos jours en France c'est l'équivalent de l'impôt privé à notre aristocratie ploutocratique grâce à leur contrôle de la création monétaire depuis 1973. Impôt que l'on appelle la dette des états permise grâce à  la compromission de l’aristocratie censitaire des candidats et de croyance médiatique), avec un impôt dans une "vrai démocratie" qui est une contribution sociale d’intérêt général ou un rééquilibrage monétaire (effacement des dettes de rentes du crédit).

Ainsi cette monnaie va leur permettre de mettre en subordination l'artisanat et les populations isolées pour produire les ressources dont ont besoin l'aristocratie et les populations elles même. C'est la financiarisation de l'économie de production, du travail, des échanges et des biens communs (que de nos jours on appelle la création de valeur). Ce faisant ils contrôlent les moyens de productions grâce à la trésorerie nécessaire au moyens de productions et la force de travail avec les contrats économiques marchands. C'est alors la naissance des banques de l'aristocratie capitaliste et des marchands. Le contrôle de la création monétaire et de sa possession permet ainsi d'exploiter les travailleurs et de contrôler l'économie productive pour nos aristocrates. C’est la naissance de la classe sociale que nous appelons aujourd’hui la bourgeoisie. L'aristocratie capitaliste de nos jours englobe la bourgeoisie du placement financier. 

Artisans de la citée au néolithique © FRANC SERRES Artisans de la citée au néolithique © FRANC SERRES

Avec la contrainte de financiarisation transférée par l'impôt, les producteurs, les artisans et les tacherons se concentrent dans les villes (bâtiments, alimentaire, armes, véhicules, infrastructures, etc.) pour récupérer la dite monnaie pour s'acquitter ainsi de l'impôt à l'aristocratie et éviter les représailles. Ceci permet un mutualisme du travail dans les villes et cités, et a pour effet de permettre à la technologie de se développer au travers d'une nouvelle aristocratie technocratique. De plus en plus de villes se transforment alors en cité.

Ces nouveaux aristocrates de la technique s'imposent dans l'organisation sociale aristocratiques de la cité et font aboutir la démocratie des aristocrates en Grèce. C'est l'explosion civilisationnelle de la Grèce. La culture, la connaissance, la technique, le savoir-faire sont valorisés à la place de la domination hiérarchique entre les aristocraties. La vision organique et collectiviste des métiers et du travail permet cela avec le fonctionnement égalitariste de la production (communiste) dans sa réponse aux besoins des collectifs aristocratiques.

Notre organisation sociale du travail est alors l'adhocratie

Cité Athène © FRANC SERRES Cité Athène © FRANC SERRES
 

Mais les aristocraties de la force (dictature, despotisme, absolutisme), de gouvernance (autoritarismes, monarchie, aristocratie censitaire des candidats et bureaucrates des oligarchies), de croyances (théocratie et médias), et marchande (ploutocratie, la bourgeoisie) naturellement s'unissent pour revenir aux systèmes hiérarchiques et de classes. Avec l'empire romain et son système aristocratique censitaire des candidats, la république, ils entretiennent cet ordre social. Nos aristocrates préfèrent avoir des esclaves au travail que de contribuer à la production avec tous les citoyens, normal ce sont des parasites dans la société humaine.

Esclaves au travail © FRANC SERRES Esclaves au travail © FRANC SERRES

Cela leur permet aussi d'assouvir leurs besoins de reproduction avec des esclaves sexuels.

Esclaves sexuels © FRANC SERRES Esclaves sexuels © FRANC SERRES

C'est alors la lutte pour le pouvoir des aristocraties militaires, de gouvernances, de croyances et rentières qui va recommencer et plonger l'empire romain dans la division. Tout cela emmène vers la faillite économique et technologique le système financiarisé du travail par son éclatement conséquence de la division des populations et de leur appauvrissement. C'est le retour au communautarisme du travail alimentaire dans nos campagnes (communisme). Et c'est la paupérisation technique avec la prise de pouvoirs des aristocraties de croyances au moyen age pour annihiler l'aristocratie technocratique (aristocratie technocratique qui revendique l'égalité aristocratique où pour ces éléments les plus radicaux c'est de la démocratie participative citoyenne). Nous avons alors un retour à une organisation sociale en communautés cellulaires familiales dans nos campagnes avec la fin des organes métiers mutualisés au niveau des cités. Et c’est l’instauration de la féodalité militaire/noblesse/croyance pour les subordonner tous.

Notre organisation sociale est alors la féodalité territoriale et le communisme agricole pour survivre

Moyen age © FRANC SERRES Moyen age © FRANC SERRES

Toute cette organisation avec l'armée/police/justice, l'aristocratie de gouvernance, le clergé et les possédants marchands va traverser le temps jusqu'au 15ème siècle et cela va asseoir la domination aristocratique sur le peuple humain producteur. Ce fonctionnement va osciller sur cette période entre des approches plus ou moins eusociales dans nos campagnes (communautarismes) et plus ou moins aristocratiques dans nos villes féodales avec un regroupement des populations par la monnaie. Des guerres entre ces aristocraties pour la conquête de ressources ou pour de la dominations à rentes va traverser cette période et oppresser les populations.

Renaissance © FRANC SERRES Renaissance © FRANC SERRES

Nous sommes alors dans la période de la renaissance. C'est la conquête de nouveaux mondes (Amériques, Afrique et Asie), et avec eux c'est le développement de l'aristocratie marchande. Nos aristocrates de la monarchie, de la croyance et de la force, les nobles, contrôlent la société marchande avec les lois, l'armé, la religion et la création monétaire (acquisition de l'or par les conquêtes, les conflits d'états et l'impôt aux populations). La mondialisation de la récolte des ressources met les aristocrates marchands en concurrence avec l'aristocratie technocratique à cause de l'abondance de ressources et la quantité de monnaies est insuffisante (l'étalon or limite la quantité en circulation) pour compenser la pénurie de la demande. Les aristocrates marchands dans un premier temps s'organisent en syndicats pour contraindre et subordonner les travailleurs de l'aristocratie technocratique (artisans et tacherons) grâce au monopôle que cela créé. En réaction les artisans et les tacherons s'organisent aussi en syndicats pour résister à cette tentative de subordination économique. Pour éviter une guerre civile et l'explosion de la société les aristocrates au pouvoir relance l'économie par une phase de réalisations publiques. C'est l'évolution technologique avec l'imprimerie et artistique de l’Italie.

Banque © FRANC SERRES Banque © FRANC SERRES

C'est aussi la création des billets de banque et l’opportunité pour les orfèvres de se substituer aux aristocraties dominantes avec la création monétaire. En effet la monnaie fiduciaire des pièces de monnaie est remplacée par des billets de banque.  C'est le début de la mise en place de la monnaie scripturale et la création des banques de placements et leur substitution au contrôle étatique de la création monétaire des autres aristocraties.

 

Manufacture © FRANC SERRES Manufacture © FRANC SERRES

Plus tard devant cette opportunité d'enrichissements les commerçants développent alors le mutualisme de nos travailleurs producteurs dans leurs manufactures afin de profiter du consumérisme des aristocrates au pouvoir. C'est la création du salariat et cela va permettre aux aristocraties de substituer le salariat à l'esclavagisme. Ils étendent ainsi le mutualisme des métiers au delà des villes (avec la production énergétique hydraulique). C'est le début de la révolution industrielle et l'emballement des sciences dans les années 1 700 avec la création de l'énergie vapeur, qui permettra un développement vers celle du charbon, du pétrole et de l'électricité.

La liberté portant le peuple © FRANC SERRES La liberté portant le peuple © FRANC SERRES

Au 18ème l'aristocratie militaire est affaiblie avec les différentes guerres qui les opposent (Europe et les Amériques). Les aristocraties de gouvernances (la noblesse et la militaire) se mettent à dos l'aristocratie capitaliste marchande avec le financement des guerres. C'est comme cela que commence les révolutions de l'aristocratie capitaliste marchande aidée par les aristocratie technocratiques avec toutes les populations travailleuses (agriculteurs, artisans, femmes au foyer, main d'œuvre, ouvriers, techniciens et ingénieurs). C'est le début des républiques avec les représentativités des candidats censitaires (la fausse démocratie représentative) partout dans le monde occidental. Avec des alternances monarchiques (des aristocraties monarchiques) ou militaires et des républiques des marchands (empires napoléoniens ou aristocratie censitaire des candidats des libéraux) sur les années qui suivent suivant les alliances aristocratiques et les pressions populaires.

 © FRANC SERRES © FRANC SERRES

Les aristocraties capitalistes (marchands de possessions à rentes) profitent de ces conflits miliaires organisés par le couple aristocratie militaire et monarchique pour se renforcer au 18ème. Ce sont ces exploitations des populations et l'engagement pour des causes militaires qui font s'unir les aristocraties technocratiques (artisans, paysans indépendants), les paysans métayer et le peuple travailleur subordonné (employés, tacherons, ouvriers, techniciens et ingénieurs). Les autres aristocraties s'unissent pour contrer cette dérive et leur perte de contrôle des pouvoirs qui peut en résulter. Mais l'aristocratie marchande (l’extrême centre, de vrais fascistes), qui alors s'identifie définitivement aux libéraux, joue un double jeux pour avoir le monopôle des pouvoirs. C'est le début des luttes ouvrières et des trahisons des libéraux (les représentants et parachutés des marchands/possédants). 

Anachie © FRANC SERRES Anachie © FRANC SERRES

Surgit alors la demande d'un vrai fonctionnement démocratique (anarchie libertaire qui revendique la fin des propagandes de croyances et la fin des subordinations sociales aristocratiques) et d'indépendance des travailleurs avec le fédéralisme participatif. C'est dans les époques du 19ème et du 20ème que l'aristocratie militaire, par la pression de la base, bascule du coté des défenseurs de l'aristocratie censitaire des candidats. Éliminant ainsi la représentation monarchique de l'aristocratie de gouvernance comme recherché au départ de la révolution Française

Industrialisation © FRANC SERRES Industrialisation © FRANC SERRES

Ces alternances dans des systèmes de représentations populaires d'aristocratie censitaire des candidats nous font revenir alors au 19ème siècle au niveau d'organisation de la productions et des sciences des sociétés grecques. Cette implication populaire dans la gouvernance permet un emballement des productions. L'exploitation salariale dans les fabriques et les manufactures va s'étendre jusque dans la société et engendrer des conflits.  Mais dans ces luttes sur le partage de la plus-valu la "scientisation" de l'entreprise et de l'économie à la fin du 19ème va donner une arme fatale dans la bascule du rapport de force dans l’entreprise qui oppose les aristocrates marchands et les aristocrates technocrates (qui représentent le peuple et le mouvement démocratique), c'est la division du travail de Taylor. Un rapport de force va alors s’établir dans la violence à la fin du 19ème en faveur des capitalistes.

Socialisme © FRANC SERRES Socialisme © FRANC SERRES

C'est la période du début du socialisme au 19ème avec une réflexion sur un rééquilibrage vers les salariés dans la répartitions des richesses crées.

La division du travail va être un outil pour notre aristocratie capitaliste de contrôle et de division des collectifs organisés du travail dans cette lutte. C’est cela qui va faire aboutir par la sur exploitation des hommes des guerres civiles, des révolutions et imposer le communisme des régimes soviétiques au début du 20ème. Régimes communistes qui vont très vite être récupérés par les aristocraties de gouvernances et de croyances. Ces régulations sociales des états de représentation censitaire des candidats (républiques) vont faire aboutir après la deuxième guerre mondiale l’état social en France.

Communisme © FRANC SERRES Communisme © FRANC SERRES

Avec les guerres du 20ème siècle s'impose alors les aristocraties technocratiques et marchandes. Les continents sont divisés en deux camps, les capitalistes d'un coté et les régimes aristocratiques de croyance/gouvernance communistes de l'autre (faux collectivisme). Comme à leur habitude les aristocrates capitalistes jouent un double jeux avec la confrontation national fascisme contre les régimes démocratiques. Tous les fascistes sont des libéraux, et même Hitler avec son national socialisme est du coté des aristocraties au pouvoir comme ont pu s'en rendre compte les SA.

Big brother ploutocratie © FRANC SERRES Big brother ploutocratie © FRANC SERRES

Mais à la fin 20ème, avec la chute du bloc communiste, nos capitalistes vont généraliser le fonctionnement de la division du travail au niveau des nations et de façon mondiale. C'est la globalisation de la subordination aux banques du placement, que nous appelons la mondialisation, en financiarisant toute activité de production ou de service au delà des structures d'entreprises et des collectivités (financiarisation de notre environnement d’existence).

Pour cela nos capitalistes mettent en place un système bancaire de création monétaire qui va subordonner les états, et donc les aristocraties censitaire des candidats (démocratie représentative), à la gouvernance de nos ploutocrates (possédants des banques de placements) par la dette. Les multinationales, les délocalisations, la dette artificielle des états, l’éclatement des entreprises en un réseau dé-géolocalisé, l'éclatement du salariat etc. vont être les instruments de cette prise de pouvoir et de mise en subordination de nos états, avec la dépossession sociale des contres pouvoirs de régulation, que sont les petites régulations démocratiques des aristocratie censitaire des candidats, et de nos biens commun.

Fin de la France © FRANC SERRES Fin de la France © FRANC SERRES

Nous dérivons alors vers les organisations romaines (fin des gouvernances d'aristocratie censitaire des représentants) grâce à cette mécanisation de l’organisation du travail et suivant les mêmes raisons sociologiques que du temps de la chute de l'empire romain. 

C’est pour cela que dans la nécessité écologique actuelle nos capitalistes ne veulent pas changer l'énergie carburant fossile et relocaliser les productions. Ces deux aspects, l'énergétique dans nos transports et l'urbanisme avec l'architecture dé-géolocalisée de nos entreprises de productions, permettent la mobilité des activités d’entreprises et la complexification logistique de leur réalité structurelle pour se soustraire aux obligations sociales et de rapports de force des états. Donc dans la lutte qui oppose les travailleurs créateurs des richesses avec les possédants spoliateurs aristocratiques des moyens d’existences, nous basculons dans des sociétés autoritaires.

Nous avons donc évolué en ce début de 21ème vers des régimes Kleptocratiques ou autoritaires. Et ce sont ces mêmes organisations sociales qui ont annoncé la chute de l'empire romain.

 

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