Chroniques du Conseil municipal de Perpignan

Francis DASPE, secrétaire départemental du PG des Pyrénées-Orientales. Il est aussi Secrétaire général de l'AGAUREPS-Prométhée.

Le Conseil municipal de Perpignan de ce jeudi 4 février 2016 a livré à qui voulait tendre l’oreille des propos particulièrement révélateurs et édifiants du maire Jean-Marc Pujol. « Je fais parti d’une école de pensée qui se bat pour que les services publics soient payés à leur juste prix. Par exemple, l’eau, tout le monde est libre de la consommer ou de ne pas la consommer », a-t-il affirmé en réponse à une question lors du débat d’orientation budgétaire.

Jean-Marc Pujol ne comprendrait-il pas que l’eau est un bien commun nécessaire à la vie et à la dignité de la vie ? Que les premiers m³ d’eau sont des consommations contraintes ? A ce compte là, on comprend mieux que certains puissent considérer que payer pour utiliser le parking de stationnement de l’hôpital de Perpignan relève de la logique. Ce serait effectivement le « juste prix », puisque « chacun serait libre, tant comme patient que visiteur, de l’utiliser ou de ne pas l’utiliser »…

Propos édifiants et révélateurs d’une méconnaissance totale des notions de « Services Publics » et de « biens communs ». Penser de la sorte, c’est les livrer à la privatisation et à la marchandisation au mépris de la notion d’intérêt général. Le Parti de Gauche 66 milite non seulement pour une gestion en régie publique de l’eau mais pour aussi pour une tarification solidaire de l’eau : les premiers m³ d’eau doivent être gratuits car ils correspondent à ceux qui garantissent décence et dignité à la vie.

Le PG 66 avait porté ces revendications à l’occasion des élections Départementales de mars 2015. Les courriers adressés à la présidente du Conseil Départemental, Hermeline Malherbe, lui indiquant la nécessité d’une volonté et d’une stratégie pour faire de l’eau « un bien réellement commun » dans les Pyrénées-Orientales sont restés sans réponses. Autre mépris… Ce n’est donc pas sur le Conseil Départemental qu’il faudra compter dans ce combat : il aurait pu l’engager depuis belle lurette !

Il ne faudra pas compter non plus sur la Communauté urbaine de Perpignan dont c’est pourtant la compétence : son président n’est autre que le maire de Perpignan (celui-là même qui avait dit lors de la campagne des Municipales de Perpignan que « lui réélu maire il ne briguerait pas la président de l’agglomération »…). Il faudra encore moins compter sur le Front National et Louis Aliot. Ce dernier n’a pas daigné relever les propos du maire, préférant embrayer à ce moment précis sur l’islam radical et l’insécurité en exhumant pour l’occasion les poncifs les plus éculés. S’ensuivit alors entre les deux un long tunnel sécuritaire pour le moins surréaliste : chacun reprochait à l’autre, non pas de faire de la surenchère, mais d’être certainement plus laxiste que lui-même !

 

Le Conseil municipal de Perpignan n’est pas le lieu où les Services Publics et les biens communs seront défendus et promus. Le PG 66 sait pertinemment qu’il devra compter avant tout sur lui-même. Il a décidé à cet effet de lancer dans les Pyrénées-Orientales un « Observatoire citoyen contre le recul des Services Publics et des Biens Communs ». Pas « une consommation de confort » par les temps qui courent, mais bien une impérieuse nécessité… 

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