Naïveté ?

Je souhaite, pour l'instant car j'en ai encore l'énergie, dire régulièrement sur mon blog ce que m'inspire l'actualité.

Quelle semaine avons-nous passé.

D’abord une bonne nouvelle :Le FDG a gagné les élections de Billom dans le Puy-de -Dôme (bon d’accord, 4800 habitants mais tout de même). Sa liste a recueilli 44% des voix, une liste sans étiquette 37% et la liste PS conduite par la première adjointe du maire PS décédé 19%. Voilà des élu-e-s bien élu-e-s en toute autonomie.

Naïveté ?

Pierre Laurent a été interviewé dans l’humanité du 1er Février en déclarant après le départ de Christine Taubira « ce n’est plus la gauche qui gouverne ». Ah bon et avant ?

« La décision du président et de son premier ministre d’aller coûte que coûte au vote de la révision constitutionnelle marque la fin d’une période pendant laquelle nombreux sont ceux qui ont espéré, parfois malgré toutes les évidences, que le retour à des orientations de gauche serait possible. »

Mais de qui parle-t-il ?

Fait-il parti de ceux qui ont refusé de voir « les évidences » ? Les avait-il perdus de vue quand un rapport au Conseil National proposait la mise en place d’un gouvernement rose rouge vert avant la fin du mandat présidentiel ?

Et puis il reste sans doute au gouvernement des hommes ou des femmes de gauche. Certes ils peuvent aussi partir. Mais je pense à ce que j’ai déjà raconté concernant Patrick Kanner.

Le jour où toute la presse pensait que Hollande n’allait pas aller vers la déchéance de nationalité, il répondait que sa culture était celle du droit du sol et en conséquence, qu’il n’était pas d’accord avec le projet.

Ce n’est pas parce que il y aurait des hommes de gauche ou de droite au gouvernement qu’on le combat. C’est parce qu’il mène une politique de droite néolibérale.

Projet

Dans le même interview, Pierre Laurent parle de « l’axe central » pour « un nouveau projet de société » celui du « Zéro chômeurs, tous travailleurs ».

Il a d’abord oublié que cette formule a été critiquée dans le dernier séminaire de l’exécutif par plusieurs camarades femmes ou hommes.  Il n’en tient pas compte.

Cette formule ne peut être un « projet de société » c’est au mieux un objectif économique qu’on avait l’habitude de nommer « l’éradication » du chômage en proposant une sécurité professionnelle faite d’alternance entre des périodes d’emplois et de formation avec une rémunération sécurisée.

Le travail libérerait-il l’être humain par essence ? Il reste quelques chaînes je crois.

Et puis s’il s’agit de construire un autre projet de société il faudrait nous dire en quoi « l’humain d’abord » serait globalement dépassé ?

Je suis également inquiet de certains raccourcis sur des phénomènes de société impulsée par internet. On rejette « l’ubérisation » de notre société. Mais n’avez-vous pas des enfants des jeunes couples qui autour de vous saisissent les occasions de partager des voitures des appartements… dans des conditions économiques avantageuses. Il faut sans doute légiférer pour protéger certaines professions et éviter que cette utilisation des nouvelles technologies permette l’enrichissement de certains. Mais attention à ce que tous ces utilisateurs ne se sentent pas considérés par nous comme responsables de la déréglementation capitaliste.

Primaires

Certaines déclarations confirment, pour moi, que les primaires sont voués à l’échec.

La plus importante est celle de Mr Le Drian ministre des armées président du Conseil régional de Bretagne.

Pour indiquer que François Hollande ne peut participer à des primaires il utilise l’argument de tous les présidents en exercice : François Hollande a une charge énorme de travail et une responsabilité primordiale : jusqu’au dernier jour du mandat il exercera sa fonction car c’est indispensable dans l’intérêt de la France.

Donc il ne sera pas dans les primaires, il sera candidat et aucun-ne socialiste n’acceptera de se présenter contre lui puisqu’il serait immédiatement rendu responsable de son échec.

Alors pourquoi perdons-nous notre temps en faisant semblant de croire que ces primaires vont déboucher ? Pour ne pas se prononcer sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon dont Pierre Laurent dit « pourquoi pas » ?

Dans les « « initiateurs » des primaires notons également ces propos de Daniel Cohn-Bendit :

« Parmi les initiateurs de l’appel, il y a des sensibilités différentes. Certains pensent en effet qu’il ne serait pas le meilleur (Hollande). Pour moi, le meilleur serait le vainqueur des primaires. Il ne faut pas se faire d’idées : Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance de gagner une primaire des gauches ouverte. Le meilleur candidat n’est pas celui qui prétend l’être parce qu’il a le programme le plus radical. Le meilleur est le plus apte à trouver un équilibre entre les positions contradictoires à gauche. Hollande pourrait se re-légitimer en démontrant qu’il est ce candidat. »

Chapeau ! des primaires pour légitimer François Hollande on n’y avait pas pensé !

Discussion du Congrès du PCF

Un site est ouvert. J'ai déjà attiré l’attention sur la très bonne contribution de Marine Roussillon.

Ce qui me frappe surtout c’est que beaucoup de contributions sincères venant en général de camarades qui n’ont pas les plus grandes responsabilités dans le parti, proposent des améliorations du PCF et de ses pratiques pertinentes et font des remarques et autres propositions judicieuses sur notre programme. C’est d’une grande richesse.

Mais tout cela risque d’être salué et tout aussitôt oublié.

S’il n’y a pas de débat sur la stratégie que nous devons adopter, la préparation du congrès va se résumer à de bonnes idées sur ce qui n’est pas au cœur de l’enjeu actuel : quel avenir pour le PCF ?

Concernant la démocratie dans le parti, en particulier, il n’y aura aucune avancée si « la ligne » adoptée est celle du repli sur soi, de l’isolement et de la dépendance électorale du PS.

Car cette ligne n’est pas majoritaire dans le parti.

Les communistes aspirent à être une force autonome, libre de développer sa conviction révolutionnaire en cherchant à se rassembler avec celles et ceux qui vivent avec eux et qui veulent du neuf, face à la vieille politique.

 

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