Le « piège » des primaires c’est le risque de la disparition d’une alternative pour notre pays. Soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon

Le débat sur les primaires s’enlise. La réalité s’impose peu à peu. Les querelles internes au PS ne visent que la conduite du PS. En attendant, le mouvement social, celles et ceux qui espèrent une alternative ont besoin d’une candidature en 2017 qui les représente. La seule déclarée à ce jour est celle de Jean-Luc Mélenchon. Sachons la saisir pour en faire notre candidature.

 

Nous avons signé collectivement, communistes ou pas, un texte intitulé « rallumer l’étincelle du front de gauche ». Notre action a servi.

 

Au conseil national du PCF cette pétition et diverses réactions de communistes ont permis que le texte d’orientation adopté dise que la stratégie du PCF s’inscrivait dans le prolongement du front de gauche (FDG).

 

Malheureusement le dire est une chose, en tirer les conclusions une autre.  Rien dans la résolution, en termes de propositions n’a changé. Tout est proposé aux communistes et rien au FDG.

 

On demande aux communistes de s’engager immédiatement à rencontrer 500 000 personnes jusqu’à la fin de l’été, pour discuter avec elles quel mandat ils/elles donnent à un candidat pour 2017. Un candidat qu’on ne pourra pas nommer. On leur demande de mettre en place à leur seule initiative des états généraux par départements en vue des législatives, on leur demande de désigner leurs candidats à ces élections…

 

Cette inscription de la stratégie di PCF dans le cadre du FDG est donc une forfanterie sans lendemain.

 

 

 

La dynamique populaire

 

Pouvons-nous faire mentir cette prédiction.

 

Peut-être mais cela nécessite de sortir de « l’entre deux » et de régler la question des présidentielles.

 

C’est urgent et fondamental car il s’agit du moment politique le plus important qui se présente à nous, le plus grand débat politique public dans la 5ème république, sans équivalent.  Et pour cela le moment politique le plus à même de relancer une dynamique populaire qui replacerait le FDG ou quelque chose de nouveau, comme acteur à part entière dans l’espace politique.

 

On ne peut plus attendre. François Hollande sera candidat. Connaissez-vous un président de la cinquième république qui ne se soit pas présenté deux fois aux élections présidentielles ? Il n’y en a pas. Le pouvoir donne cette impression qu’on peut se faire réélire.

 

Et du côté du PS, ce sont les éléphants et éléphanteaux qui sont de retour. Il se livrent la sempiternelle bataille interne pour la prise du pouvoir au sein du PS… après les élections de 2017. Leur « sujet » comme dit Martine Aubry ce ne sont pas les primaires. Ils s’attaquent à Valls mais pas à Hollande. Christiane Taubira déclare qu’elle restera fidèle au président. Ils trouvent Macron « de gauche » sur les questions sociétales… etc…

 

François Hollande candidat - le plus tard possible parce qu’il nous dira qu’il gouverne la France jusqu’au bout de son mandat actuel – aucun, aucune socialiste ne se présentera tout simplement parce qu’il apparaîtrait comme responsable de la défaite de François Hollande.

 

 

 

Le piège des primaires

 

Et du côté du PCF, son conseil national n’a levé aucune ambiguïté sur le périmètre et le contenu des primaires qu’il souhaite.

 

Conscient d’ailleurs du fait que pour l’instant ces primaires restent très hypothétiques, le PCF s’est décerné le prix de celui qui fera le plus d’effort pour qu’elles se tiennent.

 

Sur leur périmètre, il faut comprendre des propos tenus par la direction du PCF, que si Hollande participait à ces primaires elle l’accepterait et que l’on ne peut « exclure de ces primaires tous ceux qui ont soutenus le gouvernement pendant 4 ans ». Et pour qu’ils y participent il faut bien concéder un socle d’entrée qui ne les discréditent pas.

 

Le risque existe donc bien de se retrouver dans une situation où ceux qui participeront aux primaires pourraient être appelé à soutenir François Hollande ou un autre socialiste.

 

Chacun sait que ce qui départage les candidats aux primaires n’a rien à voir avec le programme qu’ils défendent.  Ce qui prime c’est la possibilité de gagner face à la droite. En 2011 cela s’est passé comme cela. La politique menée par le président n’a rien à voir avec ce qu’il avait défendu aux primaires et il a fini par appeler Manuel Valls comme premier ministre, Manuel Valls bon dernier des primaires.

 

On nous parle du piège à trois de 2017 qui pourrait voir la disparition de « la gauche », mais le piège des primaires est de voir la disparition d’une candidature d’alternative à toutes ces politiques suivies ces dernières années. 

 

 

 

Soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon

 

Ce processus s’il a lieu rendrait son verdict à la fin de l’année ou au début de 2016 !

 

Pendant ce temps-là celles et ceux qui veulent une bonne candidature seraient spectateurs de la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui portera pourtant des propositions qui répondent pour l’essentiel aux souhaits de contenus nécessaires au changement.

 

Aujourd’hui il s’agit de savoir si oui ou non nous soutenons la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

 

C’est la seule candidature déclarée que l’on peut définir comme une candidature de l’alternative à tous ces libéraux d’origine ou rallié.

 

Je sais bien que Jean-Luc Mélenchon possède ce qu’on appelle un caractère. Mais voulons-nous un candidat qui n’en ait pas ? Le résultat de 2012 est certainement dû pour une part à son talent mais le succès est tout simplement lié au fait que la proposition politique qu’il portait, celle d’une alternative de gauche à l’époque, correspondait à une nécessité pour beaucoup de personnes. Elle répondait à un manque.

 

On dit attention c’est différent car il y à la montée des idées d’extrême droite. Mais si on parle des idées, de la défaite idéologique en cours, alors, comme l’a fait remarquer Edgard Morin récemment, on peut crier « no passaran » cela n’empêchera rien. La seule solution disait-il c’est de montrer un autre chemin.

 

Imaginez un mouvement social qui se développe sans que parmi les candidats déclaré-e-s l’un ou l’une d’entre eux/elles porte des solutions alternatives aux projets gouvernementaux qu’ils combattent dans la rue.

 

En rejoignant la candidature de JL Mélenchon nous pouvons la rendre collective en provoquant des discussions dans le FDG et dans les assemblées citoyennes. Nous pouvons débattre du contenu du projet et de la campagne et aussi des candidat-e-s aux législatives. Et cela dans un cadre large de grande diversité. Au demeurant, Jean-Luc Mélenchon a bien conscience qu’il est nécessaire de forger ce mouvement collectif de citoyen-ne-s mais aussi de partis pour être efficace.

 

Alors engageons-nous sans tarder. Plus on attend et moins cette campagne sera collective. Ayons confiance en nous, en notre détermination à ne pas laisser notre place dans le combat de classe qui se mène dans le mouvement social et dans les élections.

 

 

 

Et le PCF dans tout cela

 

Permettez-moi en tant que communiste de dire toute ma tristesse au sortir du conseil national auquel j’ai participé. J’ai le sentiment d’un immense gâchis tant la valeur de ce qui a été porté comme analyse par de nombreux et nombreuses participant-e-s semble thésaurisé pour rien.

 

Nos réunions ne sont que juxtaposition de point de vu. Jamais de débat contradictoire tranché dans une synthèse fructueuse quand elle est possible. Ainsi les décisions sont conditionnées par des textes écrits au préalables qui ne reflètent pas les débats. Ainsi en est-il des primaires dont on peut se demander à l’écoute de la réunion de ce conseil si elles sont majoritaires dans le PCF ?

 

D’autres débat n’ont pas lieu. Je me suis attaché pour ma part à redire que je pensais que nous avions rompus avec notre concept d’autonomie à l’égard du PS. Que l’idée de reconstruire la gauche nécessitait pour le moins de s’interroger sur ce qu’est devenu ce mot, sur ce qu’il porte et sur ce que diverses expériences européennes nous enseignent à son propos.  Tout cela en vain puisque ne provoquant aucun débat.

 

Et que dire de textes dans lesquels on retrouve ensuite en les relisant qu’ils manifestent notre propre glissement idéologique alors que personne n’est intervenu pour les corriger. Ainsi cette formulation de la politique gouvernementale qui serait « trop conciliante » avec le libéralisme.

 

Trop conciliante vraiment ? Alors que le tournant de fin 2012 sur le socialisme de l’offre sur le pacte de compétitivité marque l’adhésion du PS français au néo libéralisme, conscient et déterminé, bien après les sociaux-démocrates allemands ou les travaillistes anglais parce que la force d’un courant révolutionnaire en France en avait retardé l’échéance.

 

Sommes-nous devenus incapables d’évaluer les moments historiques que nous vivons ?

 

Pourtant les valeurs qui nous animent depuis notre engagement restent d’une grande pertinence pour qui veut vivre dans un bonheur partagé : marxistes, humanistes, mondialistes, pour construire une France ouverte sur le monde recherchant tout ce qui a portée universelle comme identité même de notre nation afin d’être mieux citoyen-ne-s du monde.

 

 

 

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