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Billet de blog 24 nov. 2016

ANDRE CHASSAIGNE A PEUR DE PERDRE SON SIEGE

Ouf ! La violence des propos tenus par André Chassaigne à l'égard de Jean-Luc Mélenchon n'est pas guidée par la Haine. On sait maintenant que c'est la peur du député de perdre son siège qui le motive.

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Nous connaissons maintenant la motivation profonde d’André Chassaigne : Il a peur de ne plus être député. Le « diable » qui l’en empêcherait est désigné : c’est la France insoumise ! Il avait déjà appelé les communistes à rejeter le soutien à Jean-Luc Mélenchon pour préserver le PCF.

Tout est clair, la motivation du député est claire, il ne s’agit pas de la France, il ne s’agit pas de faire barrage à Fillon ou un autre, il ne s’agit pas de présenter un projet alternatif au libéralisme, il s’agit de sauver son poste.

Comment un tel potentat local à la notoriété assurée peut-il douter de lui-même ?

En réalité il utilise cette peur pour faire « bien » voter les communistes. Déjà Pierre Laurent avait fait plaider l’union au premier tour à Paris en menaçant de la disparition des élu-e-s du parti. Pourtant le score aux régionales de la liste autonome qu’il conduisait donnait le même nombre d’élu-e-s au Front de gauche si on l’appliquait aux municipales de Paris.

La fable continue. Mais la réalité c’est que le PCF n’a besoin de personne pour aller droit à sa disparition. Il s’obstine à reconstruire la gauche autour du PS comme l’a montré son obstination à proposer des primaires et toujours, jusqu’à janvier, jusqu’à février, jusqu’à mai peut-être, un candidat de « large rassemblement ».  

Dans ses propos il prête évidemment à Jean-Luc Mélenchon un projet qu’il n’a pas : construire une majorité autour de la gauche de la gauche. Vieille technique « interne » également consistant à traiter de gauchiste ceux qu’on veut éliminer. André Chassaigne pour le coup n’a pas compris que le projet de la France insoumise n’est pas de restaurer une « gôche » quelle qu’elle soit. Elle s’adresse au peuple pour qu’il investisse le champ politique, jusqu’à présenter des candidat-e-s qui ne sortent pas du giron des partis.

Avec des propos violents parfois, il caricature tout.  La charte que devrait signer tous les candidats pour « moraliser » la vie politique devient un carcan empêchant les députés de voter comme ils veulent. Pourtant la discipline de vote concerne le vote du budget et celui de la sécurité sociale parce que ces deux questions sont cardinales de la différence entre la droite libérale et les partisans d’une transformation sociale.

Et bouquet final, c’est Jean-Luc Mélenchon qui est le diviseur alors qu’André Chassaigne entend « rassembler » en présentant un candidat … de plus, à « gôche ». Et rien ne nous dit que ce candidat n’irait pas jusqu’au bout s’il est désigné par les communistes.

Le site Facebook d’André Chassaigne porte fièrement le cœur de « l’Humain d’abord » mais s’il était candidat on croit comprendre qu’il défendrait le « nouveau » programme adopté à la conférence du PCF ? Il se dit que les affiches prévues par le PCF pour les législatives utiliseraient également « l’humain d’abord ».

Mais ce n’est pas nouveau, la direction utilise depuis longtemps le Front de gauche comme une « marque » – parce qu’elle marchait – tout en l’ayant enterré depuis 2012.

Tromper les électeurs et les électrices n’est pas important, seule compte la réélection. André Chassaigne comme président de groupe à l’Assemblée nationale devrait tenir compte, au moins par une modération de ses propos, de la diversité d’opinion à propos de 2017 des député-e-s qui composent le groupe ? Peu importe seule compte sa réélection.

Depuis longtemps, André Chassaigne me fait penser à Alphonse Daudet et aux comices agricoles.

Il lui manque la poésie. 

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