L'arnaque socialiste, un Pacte national de compétitivité avec... le diable!

L'Arnaque du siècle !

 Le rapport Gallois tant commenté avant sa publication a été remis au premier ministre. C'est donc Louis Gallois, ancien directeur de cabinet de JP Chevènement, puis PDG de la SNCF et de EADS  qui apporta la caution de gauche pour justifier l'approche néolibérale prôné par le patronat et l 'UMP,  fer de lance politique de ce dernier. Cette approche néolibérale est devenue désormais aussi l'horizon du Parti socialiste au pouvoir.

L'article de L.Mauduit sur la genèse de ce rapport apporte la démonstration du pillage des différents rapports de « think tank » néolibéraux. l'  ultime gag, le fait qu'un militant de l'UMP soit co-auteur, avec notre grand patron de gauche. On s'interrogeait pour savoir comment l'UMP et le Figaro étaient si bien informés, même bien avant les commanditaires du rapport, on a la réponse.

Ce rapport compile donc les idées néolibérales, du MEDEF et de ses « think tanks » tel que L.Mauduit l'a démontré avec par exemple l'Instititut de l'Entreprise créée par François Ceyrac figure amblématique du patronat français. Cet institut regroupe, 130 entreprises adhérentes parmi les plus beaux fleurons des entreprises françaises. "Think tank" oblige, il se dit, ça va de soi «  apolitique » et « indépendant ». Tout comme l'Institut Montaigne, d'ailleur crée par Claude Bébéar autre figure emblématique du capitalisme français qui fit avec A. Bernheim de la banque Lazard les faiseurs de roi de l'économie française, ces trentes dernières années. On pourrrait citer également ( car il est cité dans le rapport Gallois ) l'Institut Thomas More dont la figure de proue est Charles Millon.

L'idée centrale de nos exegètes de la Compétitivité est la suivante :

La Compétitivité de la France est en danger ?

Comment démontrent-ils cela :

  1. c'est l'industrie qui créé la richesse et l'emplois, "on" a eu tort de l'oublier, or notre industrie est mal en point,

  2. un pays qui a des excédents commerciaux est un pays avec une base industrielle solide, un poids significatif dans son PIB (Allemagne,Japon,Chine)

  3. La France a vu réduire son secteur industriel à vue d' oeil en dix ans, son poids dans le PIB est passé de 22% à 11% !

  4. Le déficit commercial de la France de 70 Mds € est inquiétant (même s'il y a matière à commenter, voir ici: )
  5. la variable discriminante  repérée: Les charges patronales sur le Salaire et les prélévements obligatoires sur les Entreprises!

Un fois le constat posé;

Ils en déduisent que personne n' est vraiment responsable de la situation et surtout pas les décideurs, les Patrons ou les PDG et leur Conseil d'administration. Surtout pas, après tout c'est eux qui décident ou pas d'exporter  et même qui élaborent et mettent en place les plans marketing des produits qu'ils fabriquent et qu'ils proposent aux consommateurs car après tout c'est bien le consommateurs qui décident d'acheter ou pas le produit qu'on lui propose.Pour  faire simple si le produit ( en quantité et en prix) ne permet pas de dégager une marge suffisante selon leur critère c'est qu'ils ont mal fait leur boulot!

Non, en fait, le vrai coupable-responsable c'est l'Etat et ses «  prélevements obligatoires » sur les entreprises jugés exorbitant, en particuliers les charges patronales qui seraient un frein au développement de la croissance, du développement des exportations et des créations d'emplois de ce pays...Partant du constat qu'il est beaucoup plus difficile, voire impossible de diminuer les salaires, alors ces maitres de la pensée néolibérale proposent de ne plus payer qu'une partie des charges afférentes aux salaires que supporte l'entreprise. Comme ces charges sont essentiellement des charges de Sécurité sociales et qu'il n'est pas question que l'Etat, qui est responsable des Dettes de cette APU en assume la charge ( sinon ça n'irait dans le bon sens pour les prélèvements obligatoires ) alors qu'à cela ne tienne c'est le consommateur qui payera ( TVA) ou le contribuable (CSG)

Dans un cas comme dans l'autre se sera le même...

L'idée majeure et lumineuse de nos rédacteurs, recréer des « marges » financières de ces pauvres Entreprises, qui sont plutôt "faiblasses" en ces temps de récession. se surcroit de marges devrait permettre de développer des marges de manœuvre sur les leviers de compétitivité « hors coûts » qui devrait faire la différence sur le long terme, mais vraiment le long, très long terme! Non sans blague qui veut les croire?

Pour appuyer leur démonstration nos « experts » pointent du doigt la balance commerciale en 2011 un déficit de près de 70 Mds €.

Manque de bol l'exemple est mal choisi, le chiffre fait peur mais le déficit énergétique est de 62,4 Mds€ ( merci Total) et le déficit des produits manufacturés pour environ 29 Mds € dont près de 5Mds imputables à Renault ( Entreprise où l'Etat est actionnaire) qui importe de ses filiales étrangères les véhicules (bas moyen de gamme) pour les consommateurs français . D'accord nous sommes loin des performances Allemandes qui exporte beaucoup plus que nous. Rien que sur l'automobile l'allemagne a un excédent de 103 Mds €  et alors que le coùt des salaires sur le coût de production sont sensiblement les mêmes pour les deux pays, 21,6% pour la France contre 22,5% pour l'Allemagne. ( cf – l'institut Thomas More :Note de Benchmarking N°12)  Mais malgré cela ils martèlent que les cotisations sociales patronales sont plus faibles en Allemagne, ce qui est vrai mais comme on l'a vue ça n'impacte pas le coût des salaires/sur le coût de Production, mais comme ces horribles charges sont trop lourdes, il faut les diminuer nous disent-ils!

En fait la France ( ses Entreprises essentiellement) exporte et importe près de 400 Mds €. La France est au 5 rang mondial sur l'exportation comme sur l'importation c'est vrai qu'elle n'exporte pas plus qu'elle n'importe, mais de là à dire que c'est à cause des charges sur les salaires, c'est vraimment nous prendre pour des cons! Pour la petite histoire les Entreprise françaises ( essentiellement les plus grosses) quand elles exportent près de 400 Mds € elles font fabriquer à leurs filiales étrangères  pour près de 950 Mds! Et dire qu'Hollande et Ayraut compte sur l'esprit de solidarité nationale de nos Capitaines d'industrie.

 C'est très clairs pour nos économistes libéraux les Entreprises ne devraientt plus payer de charges sociales, ben voyons! Il faut donc créer un " Choc de Compétitivité entre 30 Mds et 50 Mds! Le gouvernement Ayrault n'a plu qu'à s'exécuter.Quelle est la couleur de la vaseline?

Bref en ces temps difficiles et pour des tas de raisons autres que les couts salariaux, les Entreprises françaises se doivent de retrouver des marges financières qu'elles n'ont plus, pour se donner parait-il, une" bouffée d'oxygène" Les pauvres "elles s'asphyxient"  Pour ce faire le contribuables français grace à MM. Hollande et Ayraut vont leur faire du bouche à bouche, ainsi en a décidé François Hollande deuxième Président socialiste de la 5 ème République qui à la différence avec le Premier, François Mitterand, n'attendra pas 2 ans pour nous proposer la « Rigueur » La Rigueur avec François II, c'est pour tout de suite, on ne mégote pas! Il est vrai que le premier Ministre du premier Président, Pierre Mauroy avait défini la « rigueur socialiste » comme « l'austérité, avec l'espoir au bout »...ça change tout.

François Mittérand arrivait au pouvoir en 81 à la tête d'un Parti Socialiste relooké à Epinay en 71 et dont les statuts de l'époque rappelaient qu'il ( le parti) était pour « l'appropriation des moyens de Production » François Hollande lui, inscrit aujourd'hui dans le marbre de la République «  la nationalisation... des coûts de production » en concluant avec son gouvernement  « Un Pacte national pour la croissance la compétitivité et l'emploi » avec le Patronat, avec... le diable.

On savait et on avait payé pour voir que les Banques et leurs actionnaires sont intouchables elles pouvaient tranquilement privatiser ses bénéfices et nationaliser ses pertes, alors pourquoi pas, aujourd'hui aussi, payer pour voir que nos capitaines d'industrie et leurs actionnaires qui sont d'ailleurs les mêmes que les premiers soient aussi intouchables.

En fait tous ces think tanks et tout nos hommes politiques ont oublié de nous préciser la chose suivante  que n'importe quel esprit curieux peut trouver en cherchant bien (cf- Insee première n°1399 « un tissus productif plus concentré qu'il ne semblait ») Il y a en France 2,69 millions d'entreprises dont 95% sont des micros entreprises ( 0 à 9 salariés) elles emplois 2,377 millions de salariés ( soit 18 % des emplois salariés totaux )

« À l’opposé, 217 grandes entreprises emploient 31 % des salariés. Par-de là cette opposition, la partition de l’emploi est relativement équilibrée : environ 131 000 petites et moyennes entreprises(PME, entendues ici hors microentreprises)et 4 600 entreprises de taille intermédiaire (ETI) emploient respectivement 28 % et 23 % des salariés » Donc, plus de 82% des emplois salariés de ce pays sont concentrés sur 5 % des entreprises qui concentrent également 70 % de la valeur ajoutée.  Cette note.d'Insee Première nous apprend que dans ce pays les entreprises qui comptent, qui exportent, qui emploient 82% des salariés de ce pays sont fortement concentré et c'est à elles que la manne des 6% de la masse salariale en crédit d'impôts leur est réservée, elle est pas belle la vie!

Gageons que ces entreprises et leurs actionnaires seront quoi faire de cette nouvelle "bouffée d'oxygène" sonnante et trébuchante du CICE ( crédit d'impôts pour la compétitivité) mis en service par les socialistes, surtout qu'ils n'auront aucunes contraintes pour leur affectation ! Voilà plus de trente ans que ces entreprises reçoivent des subventions, des aides. Elles bénéficient surtout depuis 10 ans du règne de l'UMP d'importantes niches fiscales et sociales et pourtant... et d'après nos « experts » elles sont si peu performantes ! Le bon sens voudrait qu'on arrête de leur donner quoi que ce soit et qu'ils nous démontrent avant ce qu'ils savent faire.

L'honneur des socialistes et en particulier d'un A. Montebourg (parce qu'il est ministre en charge de ce secteur) aurait été de lancer une grande réflexion nationale sur l'Entreprise son rôle, ses fonctions, ses acteurs, ses droits et devoirs ainsi que son de-venir. On voit bien à travers cet épisode que la réflexion est nécessaire.

L'Entreprise n'est pas une « chimère » suspendue au dessus d'un territoire, entre ciel et terre, qui n'aurait aucune « obligation » qui pourrait à souhait polluer ou défigurer un territoire,qui pourrait faire circuler sur les routes et autoroutes des milliers de camions qui les et donc qu'ils les abiment ( on sait que les stocks des entreprises aujourd'hui sont sur les routes) qui pourrait rendre des salariés « malades » ou fatigués physiquement ou nerveusement ou pire qui pourrait provoquer des accidents de travail, parfois mortels... Les prélèvements obligatoires mutualisent ces risques et les Entreprise devraient en être dispensées?. L'impôts sur les sociétés ne  représente plus que 5% des recettes fiscales, autant dire presque rien.

Non l'Entreprise doit d'être citoyenne et par conséquent elle doit arreter de réclamer toujours de payer toujours moins de prélèvement obligatoire et ses gros salaires et ses actionnaires devraient contribuer proportionnelement à ce qu'ils gagnent!

« Touches pas à l'Entreprise » nous disent les chantres néolibéraux  et par extensions « touchent pas à ses propriétaires, qui créent les richesses et prennent des risques » car sans eux, nous laissent-ils entendre, pas d'entreprise, la boucle est bouclée.

 

 

 

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