Hollande: Un Pacte d'irresponsabilité - 2 éme partie -

Le mythe de la compétitivité

 

A part quelques réfractaires, plutôt à gauche, il semblerait qu’il y ait un véritable consensus sur le concept de compétitivité  de l’Entreprise au point que celle-ci se résumerait presque à cela. La compétitivité serait définitivement le carburant nécessaire à l’Entreprise. Sans compétitivité point de salut! Les entreprises (l’ensemble de la concurrence, les compétiteurs) seraient condamnées à se tirer la bourre et une lutte sans merci s’engagerait entre-elles. En réalité on parle de Compétitivité dans plusieurs cas;

1- En interne dans le pays : deux ou plusieurs entreprises nationales « offrent » un ou une gamme de produits correspondant à des besoins (désirs) de clients. Il n’y a pas de « concurrents » étrangers.

2- En interne, deux ou plusieurs compétiteurs nationaux sont confrontés à un ou plusieurs compétiteurs étrangers,

3- En externe, des entreprises nationales proposent leurs « produits » sur des marches étrangers soit en les « exportant » soit en créant des filiales dans ces pays ou régions qui fabriqueront ces produits, dans des filliales.

 

Une remarque s’impose à l’évidence dans le premier cas, il semblerait que les coûts salariaux (charges incluses) ne devraient pas jouer sur la « compétitivité » des entreprises entre-elles.

Dans les autres cas, on pourrait supposer que ce ne soit plus vrai, en particulier si le coût horaire du travail est plus élevé dans un pays que dans l’autre. Là aussi, prudence, la réalité n’est pas si simple, car d’autres facteurs des composantes d’un « coût » peuvent corriger certains écarts (accès aux matières premières – coûts et transports – productivité, etc.) et il est alors difficile de faire des généralisations. En réalité ce qu'on appelle la compétitiité coût était le moteur de la préhistoire du Capitalisme.

Alors, la France souffre-t-elle d’un manque de compétitivité ? C’est ce que François Hollande confirme lorsqu’il déclare la patrie en danger et qu’il annonce un « pacte de responsabilité » pour les agents économiques.

Concrètement c’est 50 milliards d’€ (dont 20 déjà ont été impactés dans le CICE) que les entreprises auront à se partager pour améliorer leur prix ? leur marge ?

En réalité les « entreprises » qui vont tirer le jackpot sont les grands groupes, souvent des firmes multinationales françaises et étrangères. Elles sont au nombre de 4800 (229 Grandes Entreprises et 4623 ETI ) soit un peu moins de 0,15 % des entreprises que compte ce pays.

Elles concentrent prés de 7 millions de salariés et réalisent près de 70 % de la VA et 80 % des exportations ! Les 2/3 de ces groupes sont cotés en Bourse ! On imagine facilement comment le magot offert par Hollande sera utilisé !

Pire, ces entreprises ont depuis des années délocalisées leur production, elles réalisent plus de la moitié de leur CA (53 %) en dehors de la France et emplois plus de salariés à l’étranger qu’en France. Ces entreprises « citoyennes » utilisent ces filiales à l’étranger pour optimiser leur fiscalité et ne plus payer ou quelques miettes d'impôts en France. On estime que ces groupes payent un peu moins de 5 % d’impôts sur leurs bénéfices contre un peu plus de 30 % pour les autres ! Elle n’est pas formidable la compétitivité à la Française !

En vérité, la vrai raison de toute cette mascarade a,déjà, été dite dans la première partie .

F. Hollande en bon néo-libéral impose au salariés de ce pays, une cure d’austérité sans précédent . Pour la plus grand bonheur de l'oligarchie financière!

Il confirme son allégeance à la finance internationale, celle qu'il promettait de combattre.

Déjà la France sous sa houlette abdique et renonce à combattre les « too big to fail » (BNP, Crédit agricole, BPCE, Société Générale) qui pourront continuer à spéculer et le Président se prépare à enterrer la Taxe sur les transactions financières ! La spéculation a encore de beaux jours devant elle!

 

 

 

 

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