Présidentielles 2017; Où se situe le vrai danger fasciste, aujourd'hui, en France?

Le fascisme a été au centre de la Campagne de cette présidentielle. Il est certainement la véritable raison du sacre de E. Macron. Le « Front républicain » a donné aujourd’hui la légitimité au monarque élu d’appliquer un programme qui le moins que l’on puisse dire, ne fait pas l’unanimité. Il y a t-il un danger fasciste en France? Si oui, lequel?

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Angéla Merkel et Emmanuel Macron à Berlin Angéla Merkel et Emmanuel Macron à Berlin

E. MACRON, lors de sa conférence de Presse après l'entretien avec la chancelière allemande, Mme Merkel, à Berlin le lendemain de la passation des pouvoirs, déclare qu' il a été « élu sur un Projet résolument européen pour renforcer et revigorer l'UE. » Ce Projet résolument européen n'a pourtant rassemblé que 24% des Français et même en y ajoutant les voix de F. Fillon, ce « projet européen macronien » divise la france en deux. Permetra t-il à l’UE de souffler un peu, après le Brexit, en attendant des jours meilleurs ou bien va t-il anticiper, la mise en place d'un projet totalitaire, d'abord en France puis en Europe?

 L’election de Macron en serait-elle les prémisses ?

Le Front républicain: De quoi est-il le nom?

C’est pourtant le "Front Républicain" dont l'origine s'estompe dans le temps long de l'histoire (cf : Wikipédia)  qui a été le véritable artisan du sacre de notre nouveau «Cesar» 

11 millions d'électeurs FN ont pu assister, médusés lors du débat télévisé à la confirmation que la candidate FN ne voulait pas accéder au pouvoir et qu’en réalité, elle simplifiait grandement la tâche du challenger.

Avec le concour du  Front républicain, le candidat d’En Marche' rêvait d'un plébiscite.L''accession au pouvoir, fut chose aiséé pour le nouveau Jupiter, le nouveau Prométhée, le nouveau Bonaparte, etc... Les éditocrates de nos médias de la grande fabrique du consentement s’abandonnèrent au "léche-cul" généralisé, et planifié, Il suffisait de parcourir les medias, les jours suivant, pour en mesurer l’ampleur.

Ce Front Républicain, comme à son habitude, accusait, stigmatisait le FN et ses électeurs. Les qualificatifs pleuvaient, xénophobes, racistes, anti-républicain, etc…Et l'argument suprême, celui qui tue , le FN est parti fasciste…

Au cas ou certains ne l'auraient pas compris, une démonstration s'imposait. Macron va s'y employer par deux visites sur des lieux hautement symboliques. Pour faire bonne mesure, tout d'abord a l'occasion d'une soit disant visite «privée » Macron avait  par précaution, invité toutles médias à l’accompagner à... Oradour s/glane D'où il rappela;

qu ´« oublier, ne pas décider de se souvenir[…]c’est prendre le risque de répéter l’histoire. »

(cf- libération, Julie Carnis « À Oradour sur glane, Emmanuel Macron veut voir la France renaissante » visite du vendredi 28 avril 2017)

Emmanuel Macron enchainait, le dimanche 30 avril suivant, deux jours après donc, avec une visite au Mémorial de la Shoah, et cette fois ci, il ne mit pas de gants non plus. Il était venu pour rendre hommage « à toutes ces vies fauchées par les extrêmes » Et puis ça tombait bien, car profitant de l' occasion, le Président du Consistoire central de la communauté juive, réunis ce même jour à Paris à la grande Synagogue, a l’occasion de son assemblée annuelle, pouvait déclarer que les représentants culturels de la communauté juive ont «solennellement » et « unanimement » appelé à voter pour E.macron et « à lutter contre l’abstention qui banaliserait plus encore l’extrème droite, au risque même de LA FAVORISER »

Voilà, avec ça, le FN rhabillé pour l’hiver. Au mot de « fascisme » la gauche bien pensante en "s'ébrouant" surenchérit. Le PS oubliant l’histoire comme à l’accoutumé en appele au Front républicain oubliant que sa famille politique a alimenté le fascisme français et le PCF, lui, sonnait du clairon, "le fascisme ne passera pas" parce que ces militants ont payé un lourd tribut contre le fascisme, il faut s'en rappeler mais il faut bien reconnaitre aussi que depuis 1945, la lutte contre le fascisme fait partie de son patrimoine identitaire, héréditaire et ça tombe bien, on évite ainsi de parler de l’autre fascisme, le "totalitarisme" du grand frère soviétique. Le « fascisme ne passera pas » du PCF, ressemble plus aujourd'hui à une formule incantatoire qui le protègerait d’un possible penchant naturel ?  cependant à ce stade  notons que le discours macronien face au FN était aussi transposable, un copié-collé, en quelque sorte, à la France Insoumise et à son candidat, JLM, cet autre «populisme de gauche », cet autre autre "extrême" qui grimpait régulièrement dans les sondages. Nous avons pu voir la dernière semaine, du premier tour que le discours ciselé pour le FN- fasciste pouvait aussi faire l’affaire contre JLM et la France insoumise, potentiellement « Totalitaire » (autre avatar du fascisme depuis A.Arendt ), une propagande à double face, comme le ruban adhésif. Propagande qui refleurira, n'en doutons pas un seul instant, au second tour des legislatives en cas de duel FN/LRM ou FN/LR ou FI/LRM et FI/LR.

Il faudra bien, c'est même urgent qu'un jour, à Gauche, un véritable débat ait lieu sur ce sujet. Le FN est-il un parti anti-républicain, un parti fasciste? Si la réponse est positive, alors pourquoi le laisser participer à la vie démocratique, lui confier la charge de plus d'une commune sur deux, des députés, des sénateurs, et déja aujourd'hui la plus grosse représentation française au Parlement européen!

Alors, si ce Parti menace la démocratie, ne devrait-on pas, l'interdire? Mais attention, au doigt dans l'engrenage, aprés lui, ce sera le tour de qui? L'urgence du debat reste d'actualité.

Fascisme? vous avez dit fascisme?

"Fascisme"; en période électorale le terme fait recette. Voici un concept, un mot bateau mal, peu ou trop défini comme nous le verrons plus loin, tout le monde en parle, on écrit beaucoup sur le sujet mais chacun propose sa propre définition. Seule certitude, faire surgir le spectre du fascisme, à chaque grandes élections, voilà qui a toujours été une stratégie payante pour se faire élire, pour la Droite, comme pour la néo-gauche, c’est-à-dire, la gauche de la droite ! Pour certains, la faute originelle, serait imputable à  F.Mitterand ( fin stratège) qui aurait favorisé l'émergence du FN pour « ficeler » la Droite et pour d’autres, le FN ne serait qu’un reliquat des idées véhiculées pendant la III ème République, et donc pour bien le comprendre il faudrait en rechercher les racines profondes dans les idées , la culture,et l’histoire de cette période.

Le FN, porterait en lui l’embryon d’un Parti fasciste(?) ou, potentiellement peut-il le devenir, en fonction des circonstances (?)

Le FN est-il un parti anti-républicain ?

En réalité, il semblerait plutôt qu’il joue depuis 30 ans un rôle d'exutoire, le même rôle d'ailleurs qu'a joué l'anti-cléricalisme pendant la III ème République ou bien encore l'anti-sémitisme, c'est à dire, l’agitation d’un chiffon rouge qui permit (grace au « magma radical » et à quelques socialistes ( ils etaient pas nombreux en 1895) aux parlementaires de la III République de se focaliser sur le chiffon pendant que l'oligarchie bancaire et industrielle montante et à la vieille aristocratie, puissent vaquer tranquillement à leurs affaires, forts fructueuses. Les mêmes qui appuyèrent la République à conduire la répression contre les mouvements ouvriers naissants, contre la populace, la vermine qui pourrait un jour s’en prendre à leurs « biens » à leurs fortunes indescentes.

L' exemples de l'impôts sur le revenu, en est une bonne illustration. Vieille idée des émeutiers de  1792 et de ceux de1848, le principe ne fut voté par le parlement qu’en en 1914 quelques jours avant la guerre et, 70 ans après les britanique! Appliqué que plus tard en 1924. Autre exemple, celui de la durée journalière du temps de travail, déjà de 8 H en Italie ou en Allemagne mais toujours supérieure à 10 H en France au début de la grande Guerre! Cela démontre bien où se situait les priorités pour nos parlementaires républicains, véritables cerbères des oligarchies. Aujourd’hui, ne nous trompons pas, on vient de le vivre pendant 5 ans sous Hollande et le PS, les priorités des parlementaires et des ministres sont toujours les mêmes, la préservation des privilèges des riches, rien n'a changé...

Mais revenons à notre sujet, la "surprise" Macron, pouvait s’afficher au soir du premier tour, à la "rotonde" avec ses pôtes comme s’il venait de remporter la Présidentielle...Il avait raison, il l'avait dejà gagnée!

Mais à l’examen des conditions de ce succès, je préférerai évoquer  pour ma part d'un"coup d'Etat" réussi par Emmanuel Macron et par cette « Ploutocratie financière » qui règne depuis 218 ans sans partage sur le bon royaume de France. Ses clones d’aujourd’hui ont tout organisé, planifié, ceux sont eux les véritables "architectes"de ce coup d'Etat. comme c'était eux derrière les autres coups d'Etat qui ont jalonné l'histoire du developpement de la finance naissante et du Capitalisme en ce début du 19ème siècle. Il furent  nombreux les coups d'Etat jusqu'à nos jours et comme par hasard, chaque fois quand la populace devenait menaçante.

E.MACRON nous a fait en quelque sorte, le coup du sage qui montrait du doigt, la lune. Lui ne désignait pas l'astre nocturne, il désignait "l'adversaire" et il le pointait de son doigt inquisiteur « le populisme » le «fascisme » d’abord celui du FN, l'adversaire principal, celui que tous les sondages annonçaient avec certitude, qu’il serait présent au second tour. Alors comme dans la fable, et sans surprise, les "sots" ( le "Front républicain" dans sa grande majorité) ont regardé, le doigt… Derrière lequel se tenait Macron, le nouveau Jupiter! Sans se douter, sans reflechir qu'il pouvait être lui aussi porteur fasciste. Ce gamin un fasciste? Mais les sots ne voyaient que le fascisme du FN

Un coup d'Etat?

Peu de commentateurs ont parlé de coup d’Etat pour cette accession de Macron au Pouvoir et encore moins d'un danger fasciste potentiel pour l'expliquer et pourtant que de similitude, avec les autres coups d'etat qui ont jalonné l'histoire politique française depuis la Révolution. Et si on prenait le temps de s’y attarder.…

Macron et sa clique ont disposé de moyens colossaux, pour sa propagande, Presse, Radio-tv depuis plus d’un an, distillaient le « story- telling » du petit génie, fabriqué par les meilleures agences de com qui sont « capable de vendre de la merde » comme disait JP Coffe, « à n’importe qui » Pour qui connait la Communication et le markéting qualitatif, il n'y a pas de surprise.

Sarkozy, avec son budget de campagne pour 2012 même avec le concours de Bygmalion, pouvait aller se rhabiller! Il joua petit bras, en comparaison.

Sauf que cette fois ci, vraisemblablement, pour Macron les comptes seront validés on y verra que du feu, la promotion du story telling Macron remonte à bien trop loin «alles klar keiner weiss bescheid » Ce fut pourtant bien, un véritable coup d'Etat comme l'affirme R. De Castenau, avocat à la retraite qui tient un blog sur Causeur «vu du droit » dans un billet intitulé «De quoi l'élection d'Emmanuel Macron est elle le fruit? » dont je recommande la lecture. Ou celui ci plus récent: 2017, le COUP D'ETAT

Toute l'oligarchie financière française au soir du 1 er Tour était derrière notre nouveau Bonaparte. Les Pinault, Arnault, Bébear, le conseil d'administration de Total ( MM.Barbizet, Idrac et M. Arthuis et le Président, en personne M.P.Pouyané ) l'incontournable Attali, Minc , Bolloré, je ne vais pas exhaustivement les énumérer, ils étaient tous là ! Pas un, ne manquait à l'appel, tout le CAC40 étaient bien là. Les 1% des français qui possèdent 90% de la Richesse de ce Pays, les mêmes, ou les clones, des honnêtes « gens » des gens de « biens » si chers à la droite républicaine et radicale de la III ème République et à M. THIERS et que dénonçait dejà J.Jaurès au début du siècle dernier, ils ETAIENT LA! Non rien n’a changé, ils étaient bien là. L’idée du coup d’Etat avait-elle germée chez Attali, Minc, Rotschild ou chez Hollande- Jouyet, Juncker ou Merkel ou chez tous, peu importe?

Nos stratèges avaient conclu ; Oui le coup ( d'etat) est jouable. Hollande/Jouyet en chef d'orchestre encore à l'Elysée la partition pouvait être jouée, et le tempo, le suivant :

  • Faire en sorte qu'au PS la primaire désigne Hamon plutôt que Montebourg jugé peu fiable, capable de tout pour unir la Gauche. La chose ne fut pas compliqué. Le bourrage d’urnes fut facile. Le flux migratoire, d’élus et de militants déçu qui suivit, vidale PS d' une grande partie de l'ex majorité présidentielle, ils pouvaientt s'affranchir du PS et passer chez Macron. En avant Marche !

  • Seul, l' adversaire de Droite, quelle que fut le choix de la primaire, pour nos comploteurs, pouvait contrecarrer le projet. Pas facile, voir même impossible à combattre l'adversaire frontalement, projet contre projet. Comme l’a illustré, la formation du premier gouvernement, les 2 projets étaient  trop compato-compatibles...à 90%, pas même « l’épaisseur d’un poil de bite » aurait dit en apparté le futur premier ministre. Les députés LR derrière MM.Philippe, Bruno Le Maire, Mme NKM et 170 autres, l’ont confirmé, ces derniers jours. C'était bonnet blanc et blanc bonnet. Il fallait impérativement être devant... Avec F. Fillon, un jeu d’enfant et on a vu "Comment" cela leur fut chose aisée avec cette campagne odieuse, unique dans l’histoire de la V ème. Campagne orchestrée par les " merdias" des Riches contre les "affaires" Fillon, distillées méticuleusement, avec vraisemblablement la complicité de la haute administration, la justice et la police, le tout supervisés par un cabinet noir de l’Elysée. N’en doutons pas un seul instant que quel que fut le vainqueur de la primaire de la Droite, il aurait hérité lui aussi d’un « dossier » 

  • Présent au second tour, c’était l’objectif visé, par notre cabinet noir, Il suffira ensuite, de faire appel au "Front républicain" comme en 2002 avec  Chirac, pour remporter l’élection. Un jeu d'enfant.

Le véritable Tour de force, c'est que pas un journaliste n'a osé s'interroger et se poser les bonnes questions suite à cet incroyable...alignement planétaire, pour ne pas dire  le déroulement de ce Coup d'Etat ? Incongrue ? Trop complotiste ? Ou bien les éditocrates dans ces médias des Riches ne sont pas là pour ça.  R.Barthes ne disait-il pas : «  La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste ; elle est tout simplement : fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire » et nos éditocrates étaient obliger à dire, le mythe En Marche, pas à s’interroger.

Comme par exemple: Où résidait le vrai danger fasciste, dans cette élection ? ÉTAIT-il au FN ? ou, POUVAIT-il être chez celui et ceux qui le dénonçaient, pour ce faire élire?  En réalité si la question est facile à poser, elle n'est pas si simple à résoudre comme nous allons pouvoir le vérifier.

Pour çela, il nous faut cependant revisiter l'histoire.

La France depuis R. Rémond est imunisé contre le fascisme...

  « La France n'a jamais été fasciste » Tel est le postulat de R. Rémond, le fondateur de l'historiographie dominante française, dans son livre « L'histoire des droites en France » Pour lui et ses condisciples à sa suite, le fascisme fut un « phénomène étranger en France » La France avait échappé au fascisme, elle en avait été « immunisée » Action Française, Les ligues, et surtout Les Croix de feu de La Rocque (transformées en Parti le PSF après 1934 ) ne sont à ses yeux que la manifestation «d'un scoutisme politique pour les grandes personnes »

Michel Winnock rajoutera, pour bien appuyer le trait; "le yoyo ou le Charleston, avaient plus d'adeptes que les quelques ligues anecdotiques se réclamant du fascisme"  dans les années 1920-1940

Pour quelles raisons, alors que l’ideologie fasciste embrase l’Europe, à partir des années 1920, la France aurait-elle été épargnée ? Les principales raisons, évoquées par l’historiographie dominante, à cette résistance immunitaire contre ce virus importé de l'étranger, sont:

  • la France est sortie victorieuse de la Guerre donc pas de sentiments d'humiliation ou revanchard pour les français ce qui n'était pas le cas de l'Allemagne et de l'Italie (qui elle découvrait son unité et les premières elections en 1861) Bien entendu, il est hors de question d’imaginer qu’ il n'y eut pas de frustration en France quand les Français comprirent que les allemands aidés par la finance américaines, le bras financier du nouvel hégémon impérialisme américain, ne payeraient aucune indemnité de Guerre, pour reconstruire un pays dévasté et avec 5 millions de victimes, les 1,7 millions de  morts et les plus de 3 millions d'handicapés ou de gueules cassés. C'était à la France agressée territorialement de payer les dégâts! C’est-à-dire que les contribuables payeront par l’impôts. indirect rappelons nous, qu’en 1924 Clémenceau le sauveur de la France ne put accéder à la Présidence de la République pour avoir dit au Parlement qu’il appliquerait la loi sur l’impôt sur le revenu et qu’il ferait payer ceux qui s’étaient enrichis avec la guerre. La sanction fut immédiate. Pas frustrés les Français d'apprendre  que La Finance américaine et mondiale préférant, en priorité, le remboursement des Dettes que les belligérants avaient contractées auprès d’elle plutôt que de s’occuper du sort des populations et qu'on leur fit savoir fermement, on comprend dès lors que les Français n'avaient aucune raison de se sentir humilié…

  • La crise de 1929 frappe, la France, plus tard et moins durement que l'Allemagne. Vraiment, et sur quels critéres ? La crise de 1929 n'est-elle pas provoqué par les quelques Banques qui dirigent déja le Monde? Et la Banque deFrance ne possedait-elle pas une importante reserve d'or?

  • le poids d'une paysannerie et une petite bourgeoisie "traditionnaliste" C'etait le cas bien avant la révolution, rien de neuf, donc.

  • Une Gauche (SFIO/PCF ) forte et unie en 1936. A quel point, puisque les avantages salariaux concédés ont fondu comme peau de chagrin sous la pression inamicale de la banque de France. On ne parle pas de1924 et la victoire du cartel des gauches qui vit Poincarré revenir aux affaires,le défenseur patenté de la Propriété, l'homme de paille pour ne pas dire des basses oeuvres de la famille De Wendel

  • Une plus longue tradition démocratique en France. C’est sur; Trois républiques, deux empires républicains et deux semblant de monarchie constitutionnelle, depuis la première élection au suffrage universel en 1792 avec toujours l’inévitable clique « d’honnêtes gens de biens » aux manettes, 782 députes ( et deux députes issus du monde du travail) à la première constituante!

  • Enfin, le cas Vichy reste une interrogation, pour nos historiens, un « os » difficile à ronger, une période mal connue. si çela ETAIT vrai en 1957 quand R.Remond écrit son livre, ce n’est plus le cas aujourd’hui, on sait beaucoup de chose mais chut...Il vaut mieux oublier.

Vichy restera t-il donc la conséquence de la défaite, un régime imposé par "l'étranger" à celui qui avait offert son corps pour sauver la France, le Maréchal Pétain ? Fasciste malgré lui ou fascisme imposé? Ou Vichy était -il la conséquence de cette « étrange défaite » comme s'interrogeait, Marc Bloch, une trahison, une forfaiture ? Dans « Hitler m'a dit" un livre de H.Rauschning, très controversé et même discrédité aujourd'hui et qui avait été publié en en France en 1939 ont peut y lire (cf H. Guillemin « le fascisme en France ») les propos suivant attribués à HITLER;  "Jamais je ne commencerai un guerre sans être certain que l'ennemi démoralisé par avance et du dedans succombera au premier choc. Partout chez l'ennemi nous aurons des amis nous n'aurons pas besoin de les acheter ils viendront à nous spontanément en particuliers de ces milieux d'affaires ou un seul mot s'écrit en lettre majuscule le mot PROFITS, ses auxiliaires spontanés n'auront pas de peine de trouver des phrases patriotiques servant d'habillage à leurs entreprises."  Pour quelqu’un qui prétendument n’avait pas l’oreille d’Hitler on ne peut pas dire qu’il affabulait non plus surtout depuis que les archives, américaines, allemandes voir françaises, parlent ! et le livre est publié en 1939 et même préfacé par Pétain. Le livre fut retiré de la circulation peu de temps après que le Maréchal accède au pouvoir.

D’ailleurs H.Guillemin cité aussi, M.Gustave Hervé qui dans un pamphlet (1935/36) publié dans son journal la Victoire, écrit :

" Si Pétain arrive au Pouvoir on mettra la chambre en congé. On rétablira la censure de la presse, on détruira la CGT et on fera une révolution nationale"...et de rajouter "Ce n'est pas en temps de paix qu'on peut abattre la République c'est en tant de Guerre en particulier en cas de désastre"

Plus explicite les propos d’un écrivain français entré à l’académie française après la Guerre en 1964. M Th.Maulnier, co- fondateur de combat, journaliste au Figaro jusqu’à son décès en 1988. voici en 1942 le fond de sa pensée, sur les accords de Munich ( 1938) alors qu'il participe aux activités  politiques à Vichy.

"En cas de guerre avec l’Allemagne, non seulement le désastre serait immense, non seulement une défaite ou une dévastation de la France étaient possibles, mais encore, une défaite de l'Allemagne signifierait l'écroulement des systèmes autoritaires qui constituent le principal rempart à la révolution communiste et peut être la bolchévisation immédiate de l’Europe. En d’autres termes une défaite de la France eut bien été une défaite de la France ; et une victoire de la France eut été moins une victoire de la France que la victoire de principes considérés a bon droit comme menant tout droit à  la ruine de la France et de la civilisation elle-même . Il est regrettable que les hommes et les partis qui avaient cette pensée ne l'aient pas, en général avouée. Car elle n'avait rien d’ inavouable. » (in : La France la Guerre et la Paix – page17)  

Ce n'est pas mon propos de définir le fascisme. Non, mon propos consiste plus simplement de faire remarquer que tous ceux qui parlent du fascisme ne sont pas d'accord sur les définitions et surtout que chacun dispose de la sienne! On retiendra que pour l'historiographie dominante un parti fasciste ; n'a qu'un seul objectif prendre le pouvoir par la force et ne jamais le rendre; qu'il est Anti- parlementarisme, qu'il marche aux pas cadencés vers sa capitale et son parlement, qu’il veillera à mettre en vacances dès son accession au pouvoir. Qu’il rassemble plutôt les classes moyennes, les militaires, la vieille aristocratie, la paysannerie et peu dans les milieux ouvriers, ceux, attirés par ces mouvements sont peu ou pas syndicalisés. La marche de Mussolini ( qu'il effectua d'ailleurs en train) sur Rome deviendra l’archétype du mouvement fasciste et l'ascension d'Hitler aussi dans un cadre légal ou pas. Le Coup D'ETAT est l'acmé révolutionnaire. Qu'ils sont xénophobes et/ou antisémites ce qui est moins vrai pour le fascisme italien du moins à ses débuts. Autres point commun, mais que l’historiographie dominante néglige trop souvent le fascisme ne remet pas en cause le système capitaliste bien au contraire, il le renforce dans l’appropriation par « les gens de biens » d'une part toujours plus importante de la Valeur ajoutée au détriment de ceux qui la produisent, Il fait la chasse à la franc-maçonnerie et aux communistes. Les oligarchies financières et industrielles le financent abondamment, quoi de plus normal, face au danger « communistes » Le fascisme, pour eux, c'est le dernier et le meilleur rempart pour défendre leurs "biens"Le fascisme n'est  ni de droite ni de gauche. Ils sont en dehors des partis.

En réalité  ces similitudes ou manifestation sont un peu ce que les séismes, éruptions volcaniques et autres tsunamis, sont à la tectoniques des plaques, une manifestation évidente de son existence. Beaucoup d’historiens n’appartenant pas à l’historiographie dominante, en particulier chez les anglo-saxons mais aussi chez quelques français, pensent que l'idéologie fasciste est née en France avec le bonapartisme , si cher à la typologie des droites françaises de R.Rémond.

Le bonapartisme est-il l'anti chambre du fascisme?

Le bonapartisme pourrait être à l'origine du fascisme, un pre-fascisme comme le défend M.Winnock qui cite dans sont livre « Nationaliste, antisémitisme et fascisme en France »  R. Aron dans: "L'ombre des Bonaparte" qui ecrivait :

"Le bonapartisme est[...] tout à la fois l'anticipation et la version française du fascisme. Anticipation française, parce que l'instabilité politique, l'humiliation patriotique et le souci des conquêtes sociales (mêlé d'une certaine indifférence aux conquêtes politiques) de la révolution ont créé à diverses reprises une situation plébiscitaire dans le pays, aux temps même du Capitalisme ascendant. Version française, des millions de Français pour compenser leur hostilité coutumière à leurs gouvernants par des élans passionnels, cristallisant autour d'une personne désignée par les événements. Version française encore parce qu'un régime autoritaire, en France, inévitablement se réclame  de la grande Révolution, paie tribut verbal à la volonté nationale, adopte un vocabulaire de Gauche, fait profession de s'adresser par delà les partis, au peuple entier"

L'historiographie dominante, récit national oblige, s'est attachée à nous inculquer ( Lavisse est passé par là) un récit républicain rêvé, depuis la Ière République jusqu'à nos jours. Mais les faits et leurs conséquences sont tenaces.

  • les coups d'états bonapartistes (4 pour le Tonton et 2 pour le neveu) tête à tête entre le chef et le peuple, anti-parlementarisme et plébiscitaire, Mais la Finance toujours derrière. Napoléon crée la Banque de France indépendant de l'Etat mais lui et sa famille ils en seront actionnaires avec les grandes fortunes de l'époque. L'actionnarit sera limité à 200- les 200 familles!

  • A partir de 1799 le mythe d'une République « en devenir » qui se cherche, fait son chemin, mais les coups d'états "bonapartistes" rythment la vie de la République, en 1848 puis en 1852, Au moment de la  la Commune de Paris  jusqu’ àu Boulangisme( avorté) de la grande guerre jusqu'en 1940 Avec toujours des hommes providentiels Napoléon Ier, Napoléon III. L’inévitable Monsieur Thiers dernier rempart contre la défense de la propriétes et des privilèges avant de céder sa place à Poincaré, toujours pour la défense de la propriété donc pour la répression des mouvements ouvrièrs qui la menacerait.  Le développement choquant des oligarchies financières, l’accumulation de richesses démesurées, dans la Banques, les chemins de fer, les houillères et dans la sidérurgie, les colonies. La Guerre 14/18, qui peut être aussi vu comme une guerre de classes. L’après guerre et la montée du fascisme jusqu’à «l’étrange défaite » de 1940 et la forfaiture pétainiste n’ont rien changé. C’est toujours les « honnêtes gens » ces gens qui possèdent tout les biens qui se gavent et se re-gavent qui ne partagent rien mais qui accumulent et pour les protéger la République "revée" radicale de droite ou radical de droite comme un rempart fasciste contre ceux qui souhaitaient partager plus équitablement la richesse. Jusqu’à l’avènement de la V ème République et le coup de force gaulliste où pour  lapremière fois c'est un Parti, le Parti gaulliste qui prendra en main les fonctions dévolues au fascisme, De Gaule, au dessus des partis, ne se salira pas les mains. La propagande, les assassinats politiques, la répression ouvrière, la restriction des libertés politiques, la censure, le SAC...Accompagnerent le Parti gaulliste et toujours pour la bonne cause, le développement du Capitalisme d'abord industriel puis financier et les fortunes qui vont avec, ça, je connais je l'ai vécu!

Avec Pompidou, la lente succession des petits Cesar; Giscard, Mitterand ( après 1983) Chirac, Sarkozy, Hollande élus démocratiquement...ou les partis un coup à Droite un coup au centre Droit un coup à Gauche ont patiemment fait entrer la France dans la Mondialisation et dans L'UE. Et aujourd'hui avec Emmanuel Macron, la rupture, ça coince. L'idéee européenne ne fait plus recette, le marché unique menacé par le rétablissement de frontières et un petit retour au bon vieux prtectionnisme. On en revient aux bonnes vieilles méthodes le coup d'Etat bonapartiste. Macron est mis là par la Ploutocratiele coup d’Etat, bonapartiste- fasciste devait réussir parce qu’il y avait urgence, le feu menace la forteresse européenne garante de la Souveraineté des Banques garantes et faiseuses des richesses de la Ploutocratie.

Nos oligarques ont peur ! Ils ont peur parce que ce qu’ils ont bâtis pour accumuler toujours plus est menacé. Partout en Europe des populismes de droites ou de gauche menacent l’édifice, fragilisent la forteresse. Apres le Brexit, l’oligarchie de la finance mondiale ne pouvait pas se permettre un Frexit. C’était pour elle la certitude de voir s'écrouler des pans entiers des richesses et des outils qui ont permis si facilement de les accumulées avec la complicité des politiques, des parlementaires non controlés et des Etats de moins en moins souverains

 « Too big to failed » les 30 banques systémiques les plus importantes du monde et parmi elles 4 françaises ont impérativement besoin d’Etats forts c’est-à-dire un Etat qui ne met pas le nez dans leurs affaires qui les laisse tranquille mais qui saura préserver leurs avoirs et faire payer la populace à leur place, quand il le faudra. Privatisation des profits, Etatisation des pertes dans ces conditions ils ont presque inventé le mouvement perpétuel.

Qui dit Etat fort, dit coup d’Etat; qui dit coup d'Etat dit Etat totalitaire donc fasciste. Et il y a urgence en Europe surtout, pour l’UE , même si ce n’est pas un Etat, pour la finance internationale, l’UE c’est encore mieux qu’un Etat, c’est une zone commerciale libre ou règne la concurrence libre et non faussée presque un cas d’école et une union monétaire ou la monnaie qui n’en est pas tout à fait une est entre ses mains. Les mains à elle la toute puissante  «finance mondiale ». L’UE c’est presque 50% du PIB mondial, ce n’est pas rien et 50 % des dettes privées et publiques mondiales, alors, il ne faut surtout pas toucher à l’UE et si les Etats nations qui la composent ne sont plus en mesure d’imposer le schéma adopté, comme en France ou le risque d’un Frexit restait avant cette élection, très élevé. On est en droit de penser que nos oligarchies n’étaient pas prêtes à prendre ce risque. Et en matière de risque, aux banquiers on peut leur faire confiance.

D’où, Emmanuel MACRON en ce soir du 7 mai 2017. 

Comme ses prédécesseurs bonapartistes, il prétend gouverner au-delà des partis, gouverner avec le peuple, qu’il ne confond pas avec la foule      ( cf  le reportage "du petit journal Spécial Macron" de Cyrille Eldinsur Canal +)      Son peuple à lui,  celui qu’il nous a donné à voir avec l'investitures des candidats de la société civile aux législatives, la France des professions libérales, des auto- entrepreneurs 70% des candidats non parlementaires, ces gogos qui croient qu’ils vont faire fortune parce qu'ils sont Entrepreneur mais qui déchanterons vite ou très vite confrontés aux régles des affaires et de la réalité des marchés ou bien le haut du panier les « startuppeurs » qui comme le joueur de Loto est sur, lui aussi, de toucher le gros lot, mais en réalité ils ne font qu’alimenter l'équilibre des portefeuilles des fonds d’investissements, et autres capital risque pour faire tourner  l'économie casino ou seul les grandes Banques et leurs actionnaires gagnent a tous les coups.

Macron espère organiser ce "peuple" pour qu’il puisse formuler ses volontés. Il veut le discipliner pour qu'il applique les Principes de la « corporate gouvernance » dans leur vie, en espérant diffuser plus largement "l'esprit d'entreprise" dans la société c'est pas nouveau R.Barre nous avait déjà fait le coup il y a plus de 40 ans. C'est dit-il dans leurs propres intérêts, alors qu'en réalité ces principes ne servent que les intérêts des gros actionnaires des banques et des firmes multinationales.

Uberisation du travail, plus de salariés tous entrepreneurs! En réalité ça ne change rien, sauf que lorsque votre entreprise ne marche pas ( c'est la LOI DU MARCHE, il n'y aura pas la place pour tous) venez pas vous plaindre bande d'imbéciles, c'est de votre faute. Les Patrons avec Macron ont encore des jours heureux devant eux.

La foule, la populace, ceux qui n’adherent pas à ce projet, si elle devait manifester son mécontentement à la suite du casse programmé de la protection sociale et du droit du travail qu’elle sache, cette foule que lui Macron-Jupiter comme ses prédécesseurs, il saura la châtiée, la foule avec les vielles bonnes méthodes la mitraille ou le canon!  Peu de Présidents, dans nos démocraties occidentales modernes n’ont autant de pouvoirs que le monarque à la tête de la V ème République Française et plus encore en ce mois de mai 2017 ou l’Etat d’urgence est toujours en vigueur Et prolongé jusqu'en novembre!Et les bruits de guerre à l'Est de l'Europe ne sont plus une virtuelle réalité mais une réalité tout court.

Alors la tentation fasciste, dans quel camp est-elle aujourd’hui ?

Et le front républicain dans quelques mois comment sera-t-il ?

 

 

Angela MERKEL et Emmanuel  MACRON © AFP Angela MERKEL et Emmanuel MACRON © AFP

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