Affaire Cahuzac: Ou comment prendre des vessies pour des lanternes

L'intérêt de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac est certes patent et l'on est en droit d'attendre impatiament la lecture du rapport ainsi que les conclusions de son rapporteur Au delà des objectifs clairement définis de la commission, on a pu constater que certains parlementaires, notamment ceux de l'opposition souhaitaient "se payer" un ministre, le plus ciblé étant depuis le début P.Moscovici. Rejoignant en cela la position de certains médias dont Médiapart pour qui, cela va de soi, aussi haut qu'on est dans la hiérarchie de l'Etat, il y en aura toujours un pour "sauver le soldat Ryan" C'est sous cet éclairage qu'il faut examiner l'incroyable effervescence autour de la fameuse " réunion du 16 janvier " Pour les uns, Médiapart, De Courson,et les députés de l 'UMP voilà bien la preuve, par ailleurs étayée par le livre de la journaliste du point Charlotte Chaffanjon; Jérome Cahuzac-les yeux dans les yeux, que "les plus hautes autorités"ont bien essayé de sauver le soldat Cahuzac en brisant la "muraille de Chine " mise en place par B.Bézard(DGFIP) Pour les autres, en partulier pour P.Moscovici une réunion "informelle"a bien eu lieu à l'issue du conseil des ministres à l'initiative de F.Hollande pour informer J.Cahuzac qu'une demande d' entraide fiscale avec la Suisse le concernant va être lancée dans les jours qui suivent ( la demande partira le 24 janvier). Et pour Jérome Cahuzac, le "trou noir" ou le vague souvenir d'un apparté ou il était question de ça. Ce qui déclenchera l'ire du député UMP M.Fenech pourqui le parjure est avéré et que la sanction doit être appliquée "Cahuzac au pénal!" La commission s'interrogeant sur la possible confrontation Moscovici-Cahuzac, voire convoquer le Premier ministre ! C'est assez comique d'observer la séquence, pour ceux et celles qui comme moi, suivent attentivement les travaux de la commission. En effet si l'on se réfère à l'excellente prestation de B.Bezard, la décision d'une enquête administrative fiscale a été prise dés le 5 décembre , initiée officiellement par l'envoi à l'interessé de la demande 754 du 14 decembre demandant une réponse dans un délai de 30 jours. Cette demande n'ayant pas été retournée dans le délai imparti ( Cahuzac s'en étant expliqué) la demande d'entraide à la Suisse pouvait partir dés le 14 janvier, elle le fut le 24 et Cahuzac tenu informé le 16 à l'issue du conseil des ministres. Quelle affaire d'Etat! Surtout que j.Cahuzac ne cesse de répéter a qui veut l'entendre, bien sur a demi mots, qu'il connaissait la réponse des autorités suisses a la question posée car laissa t-il entendre qu'aux dates demandées ( 2006-2013) UBS n'avait de compte le concernant et que si son " compte " était arrivé à Singapour ce n'est ni en passant par UBS ni par la Banque Reyel qui n'existait pas à l'époque. Ajoutant au passage que l'enquête judiciaire révélera les "subtilités" de la ballade du fameux compte. Ce qui fit dire au Président de la commission, M.De Courson, que l'on gagnerait du temps en rapport avec l'objet de la commission, si M.Cahuzac pouvait partager ses informations avec l'enquête parlementaire au lieu de garder l'exclusive à l'enquête judiciaire. En vain

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