Le cercle vicieux de l'Église, l'homosexualité et la pédophilie.

Cette petite musique de l'homosexualité fortement représentée dans l'Église, couplée au scandales à répétition de pédophilie commence à sérieusement me déranger.

Il serait temps d'aborder les vraies questions pour faire cesser tout amalgame. Et nous faire réfléchir.

Je vais essayer de vous démontrer que l'Église a elle-même généré une situation à force d'erreurs d'appréhension du monde, et construit un système intolérant qui s'autoalimente.

Parce que ce scandale fait appel à de nombreuses notions qui s'entrecroisent.

S'il y a une seule chose responsable de cette situation insupportable, ce n'est pas l'homosexualité, ni même le fait que ça soit des hommes, ni même seulement la frustration, au sens que celle-ci est une conséquence et non la cause. Ça serait trop simple.

Cette absurdité humaine, ce monstre inhumain qu'est l'Église pédophile ne doit son existence qu'à cause d'une seule chose : son intolérance et ses propres principes contrenatures.

Je m'explique : entendons-nous bien : la pédophilie EST contre-nature et une horreur. Hors de question de faire preuve de tolérance envers ces agissements. Elle est l'expression d'un malaise grave et dramatique pour les victimes.

Mais demandons-nous comment et si possible pourquoi elle est à ce point présente dans l'Église.

Je propose de partir d'une notion simple.
Et qui, il faut bien le reconnaitre n'est pas très à la mode en 2019 : l'homme.

En tant que biologiste, je vous l'affirme et tant pis si ça en crispe certains, mais peu importe le modèle que vous avez en tête et que vous défendez, l'homme et la femme ont des différences biologiques marquées et naturelles.

Et ne venez pas me parler d'intersexués qui ne sont pas des notions biologiques mais idéologiques dont je ne débattrais pas ici. C'est une vision de la société et leur existence n'est pas démontrée scientifiquement. Ça ne veut pas dire qu'ils n'existent pas, mais que la biologie n'est pas le prisme à travers lequel on peut observer ces notions mêlant genre, sexe, identification et expression personnelle.

Alors c'est un égalitariste qui vous le dit : il y a des différences physiologiques entre l'homme et la femme. Mais égalitariste au sens des droits et des devoirs identiques, de la lutte contre les différences entre les sexes d'un point de vue pénal et salarial, ce qui n'empêche pas de prendre en compte nos différences. Au contraire, c'est même essentiel !

Raisonnons par l'absurde : si l'on nie les différences entre les hommes et les femmes, on pourrait tout à fait décréter que désormais, il n'y a plus de congé de maternité au prétexte qu'il n'y a pas de raison de faire des différences de traitement entre les hommes et les femmes.

Idiot ? Totalement.
Nous sommes d'accord.

En revanche, s'il faut tenir compte de ces impératifs féminins liés, au départ, à la grossesse et à l'allaitement et donc proposer des congés maternités, un égalitariste humaniste que je suis dirait que pour des raisons d'égalité, les hommes devraient aussi pouvoir profiter de ces congés. Ainsi personne n'est lésé et chacun peut s'investir dans l'éducation de l'enfant à part égale, dans des rôles complémentaires et interchangeables pour bonne partie.

C'est en cela que les deux sexes pourraient aller vers un monde plus équilibré, prenant en compte les différences de chacun pour construire un monde plus juste.

Vous me suivez ? Vous allez voir le rapport je vous le promets.

Prenons maintenant l'exemple inverse. Si l'on prend en compte la nature biologique des femmes, il serait juste de tenir compte aussi de celle des hommes.

Et j'ai une mauvaise nouvelle : malgré toutes les lois, toutes les civilisations, toute l'éducation qu'on donnera à nos garçons, quand ils seront des hommes, ils auront tous (sauf pathologie ou traitement médicamenteux) un pic de testostérone TOUTES LES 4 à 5 heures.

En comparaison, l'équivalence chez les femmes, l'œstrogène, c'est une fois... par mois !

Alors vous pourrez faire les lois qu'il faudra, toutes les 4h, un homme verra sa concentration en testostérone augmenter dans son sang.

Et vous savez quoi ? Cette hormone joue un rôle majeur dans la libido.

Vous me voyez venir ?
Si on veut lutter contre les #meetoo, les #balancetonporc, et toute forme de manifestation de la frustration masculine permanente, il va falloir commencer par prendre en compte ce facteur masculin hérité de millénaires d'évolution darwinienne : l'homme est stimulé toutes les 4 heures par des hormones impliquées dans sa libido.

La nature c'est ça.

Aller contre-nature est donc de nier ces pics hormonaux et leurs influences comportementales.

J'ai parlé de frustration permanente chez l'homme, je voudrais préciser : messieurs, je ne dis pas que nous sommes tous des frustrés. Je parle de cette pulsion permanente que nous avons tous en nous. Il y a des hauts et des bas. Il y a des jours où on le ressent moins. Lorsqu'on canalise son attention sur autre chose, on peut parfois l'oublier temporairement. Et si certains me disent qu'ils ne le ressente pas, c'est justement parce que c'est ce qu'ils font : ils déplacent la pulsion vers autre chose et lui permette de s'exprimer autrement.

Nous ne sommes pas des frustrés parce que nous déplaçons cette pulsion sur autre chose, mais aussi et surtout, parce que nous assouvissons cette pulsion de temps en temps, et que cela nous suffit pour nous sentir bien.

Il est aussi idiot de nier ces pulsions masculines comme de nier la grossesse.

La nature nous a fait ainsi : des gicleurs, des souilleurs, des proliférateurs, des chasseurs.
Hors de question de légitimer l'outre-mesure, un peu de tenue messieurs, voyons ! Mais n'oublions pas que la base de la masculinité, ce n'est pas une représentation ou une expression sociétale du genre masculin, mais bien cette réalité biologique.

Et c'est pour ça que nous sommes infidèles pour la plupart. Hélas peut-être, mais devinez quoi ? L'infidélité est un avantage évolutif qui permet un meilleur brassage génétique de l'espèce ! Horrible n'est-ce pas ? Ça ne correspond pas au modèle de société ? Vraiment ? Vous êtes sûrs ? Au siècle de Tinder, Grindr, adopteunmec et autre, vous êtes sûrs ? Si ces applications ont le succès qu'on sait, c'est bien parce qu'elles répondent à ce besoin.

Pourtant, tout comme la mort est indispensable pour favoriser l'évolution de l'espèce, l'infidélité permet un meilleur brassage génétique lui aussi favorable à l'espèce.

Pourquoi ? Rhô ça c'est de la bio pure. Pour faire simple : plus les gènes sont brassés et renouvelés, plus il y a de chance que des individus plus résistants et adaptés à l'environnement actuel voient le jour. Ce qui favorise la survie de l'espèce. Dingue non ?

Bref, là où je veux en venir, c'est que cette pulsion, c'est un des paramètre de la vie. C'est grâce à elle que vous et moi sommes là à discuter aujourd'hui sur Twitter.

La combattre, c'est aller contre la nature, contre l'homme et contre l'espèce.

Alors une fois qu'on a dit cela, on n'a dit qu'une partie : je ne dis pas que ça excuse les abus dont il a été question dans #meetoo ou #balancetonporc et encore moins dans ces scandales de pédophilie.

Mais si cette pulsion n'est pas assouvie, alors on peut arriver à ces abus dans certains cas.

Parce que d'une manière ou d'une autre, elle sera assouvie. Forcément. C'est ça la réalité du monde : l'homme a des pulsions que seule sa main ne peut calmer bien longtemps.

Donc revenons à l'église : première erreur : obligation de l'abstinence, première notion contre-nature, facteur majeur.

Deuxième erreur de l'église : interdire l'homosexualité.

Voilà bien un principe médiéval solidement ancré dans nos familles les plus pratiquantes : l'homosexualité serait contre-nature.

Eh bien c'est faux : TOUTES les espèces animales le prouvent, l'homosexualité existe dans toutes les populations, des punaises aux manchots, des poissons aux bonobos, des chiens aux oiseaux, des araignées aux humains, on ne compte plus les exemples d'homosexualité dans la nature.

Pourquoi ? Parfois pour des raisons sociales, parfois comportementales, parfois palliatif au manque de femelles... Il y a même des grenouilles qui changent de sexe si l'un des deux sexes est sous représenté dans la population !

Pourquoi l'Église a interdit l'homosexualité ?
Simple : elle a appliqué un modèle contre-nature à la société dans lequel l'homosexualité n'avait pas sa place.
Soyons clair : la raison pour laquelle l'Église catholique est contre l'homosexualité, les préservatifs, et impose le mariage, c'est UNIQUEMENT pour que les familles de catholiques fassent plein de petits cathos élevés dans la religion. Et c'est encore le cas puisque le seul cerceau de croissance de cette religion est basé en Afrique et fondé sur ces principes.

Ainsi, à cause de ce principe égoïste de prolifération de la religion par la famille nombreuse ne permettant aucun écart, l'Église a conduit à une deuxième erreur d'appréciation contre-nature : interdire l'homosexualité.

Alors c'est là que ça devient intéressant parce que c'est là que ça part en sucette et que l'église se retrouve victime des conséquences de ses propres inepties : ces deux erreurs contre-natures ont conduit à l'arrivée massive d'homosexuels au sein de l'église.

La logique est hyper simple : prenez une famille cathos dont un des fils est gay. Il commence à se faire remarquer et subit des brimades.
La famille comprend le problème et sauve l'honneur : puisqu'il aime les garçons, mettons-le entre garçons au clergé, lui permettant de passer aux yeux de tous de risible à respectable.

Ainsi par son intolérance envers les homosexuels, et par la valorisation de l'abstinence, l'église était la solution toute trouvée... pour réfugier les homosexuels.

Aberrant non ?
C'est le problème avec les modèles absurdes : ils conduisent à des non-sens.

Et nous voici arriver à la troisième erreur fatale de l'Église : son organisation et l'effet ouroboros (pour ceux du fond qui demandent : un ouroboros c'est le symbole du serpent qui se mord la queue #googleit).

Nous voici donc avec une armée d'hommes frustrés, condamnés à l'abstinence, rejetés pour ce qu'ils sont, bref punis pour avoir bandé.

Que va faire l'Église de ces hommes ?

Leur donner plein d'enfants à s'occuper.

Et alors on me lésine pas : catéchisme, scoutisme, enseignement dans des écoles privés... Des gosses partout ! Et c'est obligatoire pour tout le monde, comprenez bien : il faut enrôler les petits gamins qu'on a fait faire aux familles cathos, vous vous rappelez, en interdisant l'homosexualité et la capote.

Ouroboros.

Alors à quel moment on a pu se dire que ça pouvait être une bonne idée ?

Erreur numéro trois donc : mettre des gosses dans l'équation.

Et d'un coup, patatras : non pas parce qu'ils sont homosexuels, mais parce que frustrés et en présence de victimes faciles, les instincts des plus viles prédateurs pédophiles se retrouvent dans une configuration explosive où tout, absolument TOUT est fait pour que vous tripotiez des gosses, pour peu que vous ayez des penchants de malade.

Voilà la raison de cette situation.

Mais ça ne s'arrête pas là !!!

Parce que du coup, cataclysme !!! Tout se sait finalement : l'Église a protégé les prédateurs et en plus c'est bourré de pédés !

Il n'en fallait pas plus pour la famille catho anti-gay de La Manif Pour Tous pour mettre de l'eau dans son moulin : la preuve que l'homosexualité est une chienlit, ce sont des pédophiles qui tripotent nos gosses !

Incapable de comprendre que c'était JUSTEMENT à cause de leur propre intolérance, que tout ce système existât.

Ouroboros.

En conclusion que faudrait-il faire ?

D’abord et c’est non-négociable : apporter soutien et réparation tant que possible aux victimes de ces pédophilies. Les auteurs doivent être jugés et l’Église doit cesser de les protéger. Ce n’est pas son rôle mais celui de la justice d’évaluer les faits et de condamner ou pas.

Ensuite, il faut clairement cesser de se voiler la face et accepter que l’homme a des besoins naturels pulsionnels. Mais pas que dans l’Église d’ailleurs. Il serait sain de se poser la question sans tabou, cartes sur table (faute de mieux) et de commencer à intégrer les besoins masculins dans les différentes équations égalitaires et de défense des femmes. Si l’on veut ENFIN mettre fin à ces abus sexuels permanents et vivre dans une société où les femmes pourront enfin vivre sans avoir peur de se faire harceler, il va falloir un moment donné en plus de l’éducation et des sanctions se demander quelles solutions on donne aux hommes pour extirper ces pulsions. Est-ce par le retour des maisons-closes ? Par une meilleure écoute des fantasmes masculins ? Une tolérance plus forte pour les lieux de dragues ? Je ne sais pas, je n’ai pas la solution et peut-être que ce sont de fausses pistes. Mais il va falloir y réfléchir.

Enfin, il va vraiment falloir protéger nos enfants, et accepter l’idée que non, tous les hommes ne sont pas des pédophiles, non tous les homosexuels ne sont pas pédophiles, mais mettre ses enfants entre les mains d’instances qui font de telles erreurs de jugement et d’appréciation du monde du vivant qui nous entoure, ce n’est probablement pas une bonne idée.

Enfin et j’en finirai là-dessus : il serait temps de remettre un peu de science au cœur de nos sociétés. Etonnamment, je suis sûr que ça nous rendrait tous plus humains.

L’Ouroboros au fond.

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