Covid 19, la défaite de la pensée scientifique

Depuis l’émergence de cette pandémie, la science semble omniprésente : de nombreux spécialistes interviennent dans les médias, tandis qu’un conseil scientifique conseille l’exécutif. Pourtant, en dépit des apparences, la démarche scientifique n’a jamais été autant bafouée. Petit retour sur une série de faits qui montrent comment cette pandémie a marqué la défaite de la pensée scientifique.

L’origine de l’épidémie. L’épidémie, on le sait, est née à Wuhan, en Chine. Comme cette ville est aussi le siège du principal laboratoire de virologie de Chine, l’idée a assez vite émergé que l’épidémie aurait pu résulter d’une fuite de laboratoire. Cette hypothèse était a priori une hypothèse raisonnable. Plusieurs fuites de laboratoires avaient déjà été répertoriées dans le monde, différents rapports avaient fait état des failles dans le dispositif de sécurité du laboratoire de Wuhan et ce laboratoire faisait des recherches sur les coronavirus. Enfin, les autorités chinoises ont longtemps retardé la mission de l’OMS qui devait venir à Wuhan et, quand finalement cette mission a été autorisée, elle a « bénéficié » d’une « visite guidée » par les autorités chinoises. Ces différents éléments ne suffisent pas à prouver que le Covid 19 est sorti du laboratoire de Wuhan (à ce jour, cette question n’est pas tranchée) mais ils justifient au moins qu’on envisage ce scénario comme une hypothèse crédible devant être étudiée. Or, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. En violation flagrante de la méthode scientifique, cette hypothèse a été écartée a priori et ceux qui osaient en faire état ont été présentés comme de dangereux complotistes. Les GAFA ont censuré les contenus mentionnant cette hypothèse. Et il a fallu qu’un réseau d’internautes mènent l’enquête, qu’ils rassemblent suffisamment d’informations pour attirer l’attention de scientifiques, et que certains d’entre eux écrivent une lettre ouverte dans un grand quotidien des Etats-Unis pour que le président Joe Biden dise publiquement qu’il faudrait mener l’enquête et explorer la piste de la fuite de laboratoire. Du coup, les GAFA se sont excusés et ont levé leur censure. On en est là : pour avoir le droit d’explorer une hypothèse crédible sur le plan scientifique, il a fallu l’aval d’un président de la République. Quand la science commence à être subordonnée au politique, ce n’est pas très bon signe…

Les causes de ce renoncement à la pensée scientifique sont encore inconnues. Ne pas froisser les autorités chinoises ? La peur de différents instituts de virologie occidentaux d’être éclaboussés par le scandale (certains entretenaient une étroite collaboration avec le laboratoire de Wuhan, notamment l’institut dirigé par Antony Fauci aux Etats-Unis) ? La peur d’alimenter des théories complotistes (dans ce cas, l’effet a été l’inverse de celui recherché mais c’était à prévoir : la censure stimule l’imagination) ? Un mélange de tout ça ? Quelles qu’en soient les causes, ce renoncement à la pensée scientifique est lourd de conséquence. Car nier la possibilité d’une fuite de laboratoire, c’est refuser de s’interroger sur les risques liés aux expériences des laboratoires de virologie. Or, ces risques sont réels. De nombreux laboratoires dans le monde font des expériences sur des virus provoquant des maladies chez différentes espèces animales. Et, parfois, dans le but d’anticiper de possibles mutations qui rendraient ces virus transmissibles à l’homme, on les rend intentionnellement transmissibles à l’homme (techniquement, cette opération s’appelle un « gain de fonction »). Le risque bien sûr est alors celui d’une fuite de laboratoire. Or, selon certains experts, une grande partie des recherches pourraient être faites sur la base de simulations : les gains de fonction devraient être réservés à des situations exceptionnelles et être réglementés à l’échelle internationale.    

L’article falsifié du Lancet. Le Lancet est une des revues de recherche médicale les plus cotées. En 2020, le Lancet a publié un article qui concluait que l’hydroxychloroquine avait des effets toxiques. Cet article étant basé sur des données concernant plusieurs dizaines de milliers de personnes dans de nombreux pays et étant publié par le prestigieux Lancet, il a provoqué des réactions immédiates dans le monde (arrêt des essais cliniques, arrêt des traitements). Quelques jours plus tard, il a été montré que l’article était en fait une falsification : un article basé sur des données inventées. L’article a été retiré par le Lancet. A ce jour, on ignore toujours quels étaient les commanditaires de cet article. Il semble qu’aucune enquête n’a été menée ou que, si enquête il y a eu, ses résultats n’ont pas été rendus publics. Entendons-nous bien. Le problème n’est pas de savoir si l’hydroxychloroquine est un traitement efficace ou non. Le problème n’est pas non plus que le Lancet ait publié un tel article : quel que soit sa qualité, le processus de relecture par les pairs utilisé par les revues scientifiques n’est pas infaillible et ce processus a été en outre allégé pour les articles sur le Covid, afin que ces articles puissent paraître plus rapidement. Ce qui, en période d’épidémie, se comprend tout-à-fait. Non, le problème c’est qu’il n’y ait pas eu d’enquête : un an et demi plus tard, on ignore toujours qui était derrière cet article. Certes l’article a été retiré par le Lancet. Mais c’est ce qu’on fait quand un article comporte une erreur ou une incertitude. Ici, il s’agit d’un faux : un article fabriqué à partir de données inventées. Un article destiné à induire volontairement en erreur. Ce qui, dans le cas d’une épidémie où des vies sont en jeu, est particulièrement choquant. On peut difficilement imaginer une manière plus radicale de bafouer la démarche scientifique. Et pourtant, un an et demi plus tard, aucune enquête n’a été menée et aucune sanction n’a été prononcée. 

Quelles que soient les intentions de ceux qui ont commandité cet article falsifié, les conséquences de l’absence d’enquête et de sanction sont très lourdes. D’une part parce cette impunité peut les inciter à récidiver, ou inciter d’autres à les imiter. D’autre part -et surtout- parce que les mêmes personnes ou institutions ont peut-être déjà commandité d’autres faux articles et que ces articles (non démasqués à ce jour) servent peut-être de base aux politiques mises en place pour gérer l’épidémie.

Le « bug » de l’Agence Européenne du Médicament.  L’Agence Européenne du Médicament (AEM) est une agence de l’Union Européenne. Son rôle est d’analyser les nouveaux vaccins et médicaments pour autoriser (ou non) leur utilisation (l’AEM délivre des « autorisations de mise en marché »). Fin 2020, l’AEM a autorisé l’utilisation du Remdesivir (un médicament créé à l’origine contre Ebola) pour traiter le Covid 19. Peu après, la Commission européenne a commandé 500 000 doses de ce médicament, pour une facture de plus d’un milliard d’euros. Quelques jours plus tard, l’OMS a vivement déconseillé l’utilisation de ce médicament « pour les patients admis à l’hôpital pour le Covid-19, quel que soit le degré de gravité de leur maladie, car il n’y a actuellement pas de preuve qu’il améliore la survie ni qu’il permette d’éviter d’être placé sous ventilation artificielle », et que par ailleurs il peut générer « d’importants effets secondaires » (problèmes rénaux aigus). L’OMS s’appuyait pour cela sur une grande étude qu’elle avait réalisée pour tester l’efficacité du Remdesivir et d’autres médicaments pour traiter le Covid 19. Son intervention a permis d’éviter in extremis une catastrophe sanitaire. Mais la question qui se pose bien sûr, c’est celle de l’erreur commise par l’AEM. Les experts de cette agence ne pouvaient ignorer l’existence de l’étude de l’OMS et il est presque certain qu’ils ont eu accès à des résultats préliminaires de cette étude. Alors pourquoi l’AEM a-t-elle pris une mauvaise décision en validant le Remdesivir ? Aucune organisation -si performante soit-elle- n’est à l’abri d’une erreur. Mais là, ce qui est proprement stupéfiant, c’est que les dysfonctionnements ayant conduit l’AEM à prendre une mauvaise décision n’ont fait l’objet d’aucune enquête publique.  Alors que l’AEM devait se prononcer quelques mois plus tard sur les vaccins contre le Covid (ce qu’elle a fait effectivement), personne ne semble s’être intéressé au processus qui a conduit cette agence à se tromper en validant le Remdesivir. Dès lors, on s’exposait à ce que les mêmes dysfonctionnements jouent au moment où l’AEM se prononcerait sur les différents vaccins contre le Covid. Et c’est peut-être effectivement ce qui s’est passé.

La vaccination des adolescents. Un principe sacré de la médecine consiste à considérer que, comme tout vaccin et tout médicament peut provoquer des effets secondaires, la décision de traiter ou non une personne doit se baser sur le ratio bénéfice-risque. Ce ratio peut être différent selon les personnes (selon l’âge et l’état de santé notamment). S’agissant des vaccins contre le Covid pour la population des adolescents en bonne santé, cette question du ratio bénéfice-risque se pose avec une acuité particulière. Pour les adolescents en bonne santé, le risque de mourir du virus est quasi nul, alors que la vaccination présente des risques. De manière assez étrange, les autorités de santé ne semblent avoir communiqué aucune information sur le ratio bénéfice-risque pour les adolescents (au moment où pourtant elles les incitent à se faire vacciner). En se basant sur les données de pharmacovigilance, des membres du conseil scientifique indépendant ont estimé que pour les adolescents (12-17 ans), le risque de décès lié au vaccin Pfizer est 211 plus élevé que celui lié au virus. Quelle que soit la fiabilité de cette estimation (je ne suis pas compétent pour en juger), il semble acquis que, pour les adolescents, le ratio bénéfice-risque est négatif. Ceci d’autant plus que les effets indésirables du vaccin à moyen et long termes sont à ce jour inconnus. Alors pourquoi vouloir les vacciner ? Pour protéger le reste de la population dit-on. La vaccination des adolescents permettrait de ralentir la propagation du virus et d’atteindre l’immunité collective. La vaccination des adolescents en bonne santé aurait ainsi un ratio bénéfice-risque certes négatif si on considère la population des adolescents en bonne santé mais positif si on considère la population dans son ensemble. Admettons (pour l’instant) que ce soit effectivement le cas. Un problème éthique se pose. Car on demande à une partie de la population (les adolescents en bonne santé) de prendre des risques pour protéger une autre partie de la population. Pour cette raison, le comité consultatif national d'éthique a rendu, mercredi 9 juin, un avis mitigé sur la vaccination des adolescents.

Un autre principe sacré de la médecine (défini au lendemain de la seconde guerre mondiale, quand on a découvert les horreurs perpétrées par les médecins nazis) est celui du consentement éclairé. On ne peut administrer un traitement à une personne qu’avec son consentement et ce consentement doit être « éclairé », c’est-à-dire que la personne doit avoir été informée des bénéfices et des risques liés au traitement en question. Les adolescents que l’on vaccine contre le Covid (et leurs parents) sont-ils informés du fait que, pour eux, le ratio bénéfice-risque est négatif ? Je crois que, même en le sachant, beaucoup accepteraient de se faire vacciner quand même si cela devait permettre de protéger les plus fragiles. Mais ne pas le leur dire (et ne pas les informer sur l’ampleur des risques qu’ils courent) pose des problèmes éthiques très sérieux.

L’effet de la vaccination sur la dynamique de l’épidémie. En discutant de la vaccination des adolescents, j’ai considéré comme allant de soi que se faire vacciner contribue à protéger les autres en freinant ou stoppant la propagation du virus. Certes il semble assez raisonnable de supposer qu’une personne non immunisée (parce que n’ayant jamais été en contact avec le virus) qui se fait vacciner deviendra moins contagieuse, même si elle reste contagieuse. Mais la vaccination produit aussi d’autres effets. Il est à présent bien établi qu’elle favorise les variants. En effet, les vaccins ont été conçus pour la forme initiale du virus et, même s’ils peuvent présenter une certaine efficacité contre les variants, celle-ci est forcément moindre. La vaccination exerce donc une pression de sélection qui défavorise la forme initiale du virus et favorise les variants. Comme les vaccins sont moins efficaces contre ces variants, de nouveaux vaccins doivent être produits qui stimulent à leur tour l’émergence de nouveaux variants (dans une course sans fin). Il semble également que l’immunité procurée par le fait d’avoir été contaminé par le virus est plus forte et plus complète que celle procurée par les vaccins (notamment vis-à-vis des variants). Ceci a des implications très concrètes concernant le cas des populations peu affectées par le virus, comme celle des adolescents. Vacciner des adolescents, c’est non seulement les soumettre à un risque plus élevé que celui lié au virus, mais c’est aussi à terme les empêcher d’atteindre une immunité plus importante en attrapant le virus, immunité qui permettrait de les protéger eux-mêmes contre l’éventuelle émergence d’un variant plus agressif, et de protéger plus efficacement le reste de la population. L’idée que vacciner 80% de la population permet d’atteindre l’immunité collective est sans doute vraie dans le cas d’un virus qui mute peu et d’un vaccin très protecteur. Mais l’appliquer sans précaution au cas du Covid, c’est faire une conclusion hâtive.  

Le cas de l’Angleterre intrigue beaucoup. C’est le pays le plus vacciné d’Europe et celui où l’épidémie progresse le plus vite. Pour expliquer ce paradoxe, on met en avant la responsabilité du variant delta (le variant « indien ») qui, de fait, est très actif en Angleterre. Mais on présente la forte présence de ce variant dans ce pays comme un hasard, alors qu’il est très probable que ce soit un effet du taux élevé de vaccination atteint par ce pays. D’ailleurs, le cas de l’Angleterre n’est pas isolé : les autres pays très vaccinés (comme Israël, l’Argentine ou le Chili) font aussi face à une progression très rapide de l’épidémie du fait du poids des variants. Ne pas prendre en compte l’ensemble des effets de la vaccination sur la dynamique de l’épidémie, c’est se priver d’une analyse qui aurait des implications très concrètes pour décider s’il convient de vacciner un pourcentage élevé de la population ou au contraire de cibler la vaccination sur les seules personnes à risque (comme on le fait pour la grippe).

L’Ivermectine. L’Ivermectine est un médicament déjà ancien, traditionnellement utilisé pour traiter des parasitoses. Ce médicament a bénéficié d’un intérêt grandissant dans le cadre de la pandémie actuelle. Il a fait l’objet de publications dans des revues scientifiques (et d’un rapport récent de l’institut Pasteur) qui semblent montrer son efficacité pour traiter le Covid 19 et différents gouvernements l’utilisent dans ce but. En France cependant, traiter à l’Ivermectine les personnes atteintes du Covid 19 ne semble jamais avoir été une option. Cette solution potentielle ne semble pas avoir été sérieusement étudiée. Pourquoi écarter a priori un médicament qui pourrait peut-être s’avérer très utile dans le traitement de l’épidémie ? Plusieurs explications sont possibles, notamment le rôle des préjugés, le poids des lobbies (l’Ivermectine est un médicament très bon marché, présentant peu d’intérêt pour les laboratoires pharmaceutiques) ou encore les dépendances de sentiers (les autorités ayant adopté une stratégie basée sur la vaccination, elles auraient du mal à envisager des stratégies alternatives). Quelles qu’en soient les raisons, écarter a priori une option qui pourrait s’avérer bénéfique est une attitude qui va à l’encontre de la démarche scientifique (et de la santé publique).

La situation est en fait plus embarrassante encore. Car les vaccins contre le Covid ne bénéficient pour l’instant que d’une autorisation conditionnelle de mise sur le marché. En effet, aucun d’entre eux n’a terminé la phase de 3 de la procédure de test (qui est la condition nécessaire pour l’obtention d’une autorisation définitive). Les différents vaccins contre le Covid ne sont donc pour l’instant pas pleinement testés (phase 3 achevée) : ils ne le seront qu’en 2022, 2023 ou 2024 (selon les vaccins). L’autorisation conditionnelle dont ils bénéficient leur a été accordée du fait de l’urgence de la pandémie et de l’inexistence d’un traitement efficace. S’il s’avère que l’Ivermectine est un traitement efficace, alors le fait d’autoriser des vaccins n’ayant pas encore achevé la phase de 3 de la procédure de test pourrait devenir problématique. Pas seulement sur le plan juridique et administratif, mais aussi sur le plan médical. Car la règle qui veut qu’un vaccin ou un médicament n’ayant pas été complètement testé ne puisse être mis sur le marché que s’il n’existe pas de traitement alternatif efficace est une règle conforme à la rationalité scientifique (et au principe de précaution).  

Une anecdote. Une anecdote récente montre l’ampleur de la défaite de la pensée scientifique. Il s’agit de l’affirmation par le président Macron dans son discours du 12 juillet 2021 du fait que « les vaccins contre le Covid disponibles en France divisent par 12 le pouvoir de contamination du variant Delta ». Ce chiffre est bien sûr une information capitale car il a servi explicitement à justifier les mesures visant à contraindre la population à se faire vacciner (obligation vaccinale pour les soignants, pass sanitaire requis pour accéder à certains lieux). D’où vient ce chiffre ? D’un article (non publié à ce jour) produit par des chercheurs de l’institut Pasteur [1]. Ou, plus exactement, du « résumé pour les décideurs » de cet article posté sur le site de l'institut Pasteur (et dont les conclusions ont été reprises dans la presse) [2]. Il suffit d’examiner l’article (comme l’a fait un internaute sur le blog de Mediapart [3]) pour se rendre compte qu’il ne dit pas du tout ce que lui fait dire le résumé pour les décideurs. En fait, l’analyse menée dans l’article ne permet pas de déterminer la probabilité pour une personne de transmettre le virus selon qu’elle est vaccinée ou non. Ce n’est pas son objectif (qui est de prévoir l’évolution possible de l’épidémie à l’automne) et, pour réaliser leurs prévisions, les auteurs de l’article ont été conduits à faire l’hypothèse qu’une personne vaccinée transmet deux fois moins le virus qu’une personne non vaccinée. Vous avez bien entendu : on parle de deux fois moins (et non de douze fois moins) et il ne s’agit pas d’un résultat scientifique mais d’une simple hypothèse de travail. Il semble que le chiffre annoncé par le président de la République n’a aucun fondement scientifique.

Le décalage entre le contenu de l’article et le « résumé pour les décideurs » est étonnant mais pas inexplicable : il arrive que ces activités de diffusion pour le "grand public" soient sous-traitées (à des doctorants), même si les auteurs de l’article auraient dû relire et valider le résumé. Ce qui en revanche est absolument stupéfiant, c’est que ce chiffre erroné ait pu être utilisé pour définir et justifier la politique vaccinale de la France. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment une telle information erronée a pu arriver entre les mains du président de la République sans être vérifiée par une personne compétente ? La question se pose d’autant plus que cette information a servi à justifier une politique vaccinale hors norme : une politique parmi les plus contraignantes de la planète, une politique qui remet en cause le principe d’égalité des droits établi il y a 232 ans par la Révolution Française.  

En guise de conclusion… On le voit, pendant cette pandémie, la raison scientifique a été ignorée, malmenée, bafouée. Alors que, du fait de la crise sanitaire, on en aurait eu plus que jamais besoin. Si cette situation perdure, ceci pourrait induire de graves problèmes au cours des prochains mois et des prochaines années :

Le risque de catastrophe sanitaire. Face à un nouveau virus, il est nécessaire d’inventer des solutions nouvelles et des erreurs sont toujours possibles. Mais les nombreuses entorses à la démarche scientifique (celles que nous avons relevées dans cet article et peut-être d’autres à venir) accroissent le risque de se tromper. Le risque de refuser des traitements efficaces. Le risque d’autoriser ou d’imposer des traitements peu efficaces ou présentant des risques élevés. 

Le risque de fracturation de la société. La société française semble extrêmement divisée. Les uns et les autres sont « branchés » sur des sources d’information différentes : les médias publics ou privés qui globalement défendent la politique de vaccination du gouvernement et les réseaux sociaux d’autre part où se développe un récit alternatif mettant en avant les risques liés aux nouveaux vaccins et l’existence d’options alternatives. Chacun des deux récits remet en cause la validité de l’autre : pour les uns, le récit porté par les médias « mainstream » serait « miné par les conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique » ; pour les autres, les réseaux sociaux colportent des rumeurs infondées et des « théories complotistes ». Seul un retour à la pensée scientifique (avec ce qui la caractérise : l’indépendance, l’honnêteté intellectuelle, la confrontation avec le réel, le débat critique, la transparence) pourrait permettre de combler cette fracture.

Les menaces pour les libertés. Malmener la pensée scientifique, c’est faire peser une menace sur les libertés. Une société libre, affranchie du poids des préjugés et de la manipulation, suppose une pensée libre.

C’est pourquoi un sursaut est nécessaire. Il est urgent de revenir à une pensée scientifique, libérée du poids des préjugés et du jeu des intérêts particuliers. Ce sursaut est l’affaire de tous. Des scientifiques qui doivent pouvoir s’exprimer librement (sans crainte d’être ostracisés) quand les résultats de leurs travaux ne sont pas alignés avec le discours officiel. Des journalistes qui doivent s’efforcer d’informer de la manière la plus complète et la plus rigoureuse possible. Des responsables politiques (parlementaires, élus locaux) qui doivent exiger la transparence. De chaque citoyenne ou citoyen qui doit exiger la vérité.

      

[1] Epidemiology and control of SARS-CoV-2 epidemics in partially vaccinated populations: a modeling study applied to France (archives-ouvertes.fr)

[2] Contrôle dans population partiellement vaccinée - Modélisation COVID-19 (pasteur.fr)

[3] Comment fabriquer une contre-vérité scientifique | Le Club de Mediapart

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.