Une seule religion. L'égalité pour tous.

L'extrême droite aurait-elle gagné la bataille des idées, contaminé le discours dominant ? A observer le déferlement de haine contre l'islamogauchisme, on ne peut qu'être inquiet. Plutôt que d'ajouter notre voix à la bataille des bons contre les mauvais, Il nous semble préférable de mettre en avant les enjeux qui sous-tendent un tel massacre. Sale temps pour les démocrates.

La crise sanitaire ne suffit pas. Les attentats des terroristes islamistes ne suffisent pas. Une déferlante de haine vise aujourd'hui à discréditer les vrais coupables, ceux  qui dans l'ombre ont, au moins moralement et intellectuellement armé les assassins : Les islamogauchistes.

Cette gauche-là, n'est pas celle du PS, plutôt néolibérale. Non ce sont tous les autres, sans oublier les universitaires séparatistes. Le piège manichéen serait d'argumenter sur le terrain de la religion, alors qu'encore une fois on tente d'escamoter la question sociale et donc celle du pouvoir. La gauche est-elle pour autant irréprochable? Bien sûr que non. Mais qui a abandonné le terrain de la lutte des classes qui a abandonné les classes populaires ? La grande faute de la gauche c'est d'abord de ne pas être de gauche. Cette perte de substance a fait le lit de l'extrême droite et aujourd'hui, c'est cette dernière qui donne son tempo au discours dominant. La gauche réformiste ou d'extrême gauche a-t-elle commis d'autres fautes? Certainement. D'abord une grande complaisance de certains avec des groupes douteux proches de l'islamisme pour gagner des voix. Certains maires de gauche comme de droite, grâce à la politique des grands frères ont acheté la paix sociale. Des gauchistes ou supposés tels ont-ils des comportements, des écrits encourageant les islamistes ou tout du moins des complaisances ou encore fait preuve d'une grande naïveté, sans doute que oui, mais l'amalgame avec la grande majorité des gens de gauche qui refusent les discriminations et inégalités de traitement est scandaleuse. S'il y a eu dans des manifestations des extrémistes qui ont crié "à mort Israël", ils ne représentent que des groupuscules. L'esprit de justice veut que l'on affirme comme légitime le droit des palestiniens à avoir un état. Dans ce sens nous devrions pouvoir critiquer la politique de l'état d'Israël sans être taxés d'antisémitisme. Ceux que l'on accuse d'islamogauchisme sont aussi anti -racistes, féministes, contre les violences policières et aussi souvent écologistes. Reconnaissons que ces combats seraient encore plus fondés, s'ils donnaient systématiquement la priorité à la question sociale, à la transformation de la société. C'est bien la question d'une démocratie réelle que toutes les droites veulent encore une fois occulter. Si la gauche est si démunie aujourd'hui, si elle prête si facilement le flan à ce déferlement de haine, c'est bien parce que ceux qui ont gouverné en son nom, ont voulu l'oublier. Cette pseudo- gauche vertueuse a besoin de boucs émissaires Il n'est pas sans ironie qu'aujourd'hui ce soient ses représentants  qui hurlent avec les loups

François Bernheim

Signalons deux excellents articles

-Une tribune du sociologue Jean François Bayard dans le Monde du 31/10 "Que le terme plaise ou non, il y a bien une islamophobie d’Etat en France"

- Un article de  Dominique Vidal  " No pasaran" dans "Là bas si j'y suis" du 1er Novembre que nous publions sur le blog de Mardi ça fait désordre avec l'aimable autorisation de l'auteur.

www.cafaitdesordre.com

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