La chasse est ouverte

Pan sur Nicolas Hulot , Pan sur Raphael Glucksmann tous deux en proie aux chasseurs,aux partisans de réformes qui serrent toujours un peu plus la vis au bon peuple. Hulot aurait pu faire semblant d'être d'accord avec un gouvernement peu soucieux d'avenir, Raphael Glucksmann aurait pu cautionner une gauche de plus en plus à droite. Réjouissons nous ils ne l'ont pas fait.

Nicolas Hulot démissionne du gouvernement. Les chasseurs ont gagné. La décision de l’ex ministre n’est en rien un renoncement mais plutôt un refus de cautionner le renoncement du parti « En marche » sur place.

Claude Perdriel vire Raphael Glucksmann du nouveau magazine littéraire. Sans faux fuyant, le motif en est que le rédacteur en chef du magazine n’est pas Macron- compatible. Parmi les articles mis en cause, l’un à pour auteur Aymeric Caron, fervent écologiste. Il mettait en cause la fatale complaisance du gouvernement à l’égard des chasseurs.

Emmanuel Macron, entre autres qualités, a celle de la clarté. Il n’est ni de droite, ni de gauche et même s’il peut lui arriver de faire son marché dans l’une ou autre de ces écuelles, il est avant tout le serviteur, promoteur, d’un capitalisme débarrassé de toutes les vieilleries qui entravent son fonctionnement. Il pourrait en être ainsi de la protection sociale, des fonctionnaires, du service public, etc

Pas de pitié, pour tous ceux qui se mettent en travers du chemin. Reste que face à cette nouvelle donne, il est devenu impossible de tricher, de faire semblant de s’opposer, en garantissant que le jour où l’on sera au pouvoir on fera la même chose avec quelques pincées de social. Pour ceux qui ne manquent pas d’humour, on dira que la situation est révolutionnaire ou au mieux pré- révolutionnaire. L’extrême-droite  en a pleinement conscience. Mais la gauche? Elle reste à inventer. Des hommes comme Raphael Glucksmann, peuvent y contribuer. La logique écologiste peut également aller dans ce sens à la seule condition qu’elle choisisse clairement son camp et explicite son propos. Surtout ne pleurons pas. Il vaudrait mieux inventer d’autres formes de mobilisation que de se noyer dans notre petit ruisseau.

François Bernheim

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.