Les Trois jours Mediapart de la poésie: et le gagnant est…

Une intense mobilisation, plus d’un millier de vers, des poèmes, des alexandrins, des considérations diverses… Notre grand concours de poésie, suscité par l’immense déclaration de l’ex-président Nicolas Ier -«Là où la mer est passée, elle revient»-, a été un véritable succès. Notre jury a longuement délibéré : voici les résultats et une sélection élargie des vers les plus appréciés.

Une intense mobilisation, plus d’un millier de vers, des poèmes, des alexandrins, des considérations diverses… Notre grand concours de poésie, suscité par l’immense déclaration de l’ex-président Nicolas Ier -«Là où la mer est passée, elle revient»-, a été un véritable succès. Notre jury a longuement délibéré : voici les résultats et une sélection élargie des vers les plus appréciés.

Le principe était des plus simples (lire l'annonce de notre concours ici). Après l'alexandrin bancal de notre ancien président (les précisions sont ici), les abonnés de Mediapart étaient invités à proposer à un jury composé de manière arbitraire et présidé par Patrice Beray un alexandin pour concourir au «trophée du Poèt-Poèt» Mediapart. En trois jours, du vendredi 31 janvier,10 heures, à lundi 3 janvier, 10 heures, nous avons reçu plus d’un millier de vers : plus de six cents commentaires au billet annonçant le concours et plus d’une centaine de mails reçus.

Débordé, le jury a donc siégé sans désemparer pour passer au trébuchet chaque contribution. Cet exercice infernal provoqua de vifs débats et de franches explications, selon la langue diplomatique en usage. Le jury est parvenu à une fragile synthèse sur les points suivants.

1. Nicolas Sarkozy demeure, et de loin, le sujet principal des contributions.
Comme l'écritAnne Guérin-Castell:

Louons l'alexandrin qui nous permet de dire
Le mal que nous pensons de cet être malin
Qui depuis deux années loin du pouvoir soupire
Et promeut son retour d'un lourd alexandrin.

Innombrables sont donc les alexandrins qui ont Sarkozy pour seul objet, sans aucun autre élément de contexte:

Promettre aux simplets ce qu'en cinq ans je n'ai fait  (renaud dangles)
Je repars de zéro, j’ai une tête à totaux (pierre faurand)
Niquant copains, larbins, ça racole en zigzags (noël bernard, qui nous précise: ce vers possède une particularité qui n'apparaît qu'en lisant une
syllabe sur deux)
Il va nous lacher la patate le doryphore ? (MireilleLoretta)
Sur la tombe du p'tit, me soulager, j'irai ! (noux)
Et lorsqu'on te dit "non", tu restes à la maison (Virginie Vellutini)
Heureux qui comme un cuistre à fait un beau verbiage (chiappo)
Quand l'idiot à parlé, le poêt est déchu (francis barban)
Astre triste ? Triste sire ? Cet être est un désastre
(Boum)
Ne sera jamais roi, est déjà raccourci! (touritourist)
On lui dit qu'il s'en aille, il comprend retrouvailles! (Sylvain Capron)

2. Après Sarkozy, c'est la mer qui tient la vedette. Exemples:

Là où la mer est passée, nous nous mouillons les pieds (chiappo )
Là où la mer est passée, bin c'est tout mouillé (Jean-Philippe Cazier)
La mer effacera tous ses pas sur la France...
(anne hervé)
C'est une vaguelette qui se croit tsunami (Myrelingues)
Parfois la mer revient mais la plage a fondu
(robert cavaillès)
là ou la mer passe, toujours le varec pue
(francis barban)
La mer repassera, effaçant tous ses pas (myhar)
Talonnettes ensablées, la mer les as lavées (tazibus)
Si le peuple est marée, noyons l'ex président (Rod Pi)
La mer passe et repasse, allo, mais allo quoi! (vaesoli)
Il nous a mis à sac, il attend le ressac (demouzon)
Mer, quand tu repasses n'oublie pas sarkozy (vaesoli)
Sarko l'a regardée... la plage s'en est allée... (mag.so)
Mer ! N'offre pas ton bras au premier flagorneur (Corinne Klomp)

3. Et puis quelques personnages annexes surgissent comme Carla Bruni. Exemples:

Mon homme est un génie , maintenant il poète ... (marie-reine breuil)
Quand Raymond reviendra Je me trucidera ! (marie jeanne Dufaza)
Il nous fait "Poète-Poète"! Elle lui fait "Pouet-Pouet"!

Nous, nous n'avons jamais menti, hein, Carlita ? (dominique bry)
Quand Raymond poétise, la mer fait ses valises
(christine Marcandier)

4. Las, François Hollande, successeur, inspire peu. Exemples:

Là où pépère est passé, hélas il revient (jean marie fournier)

Sarkozy, Carla Bruni, maintenant c'est lui :
Casqué sur son scooter, il fait le joli coeur ! (belange)

Lorsque le casque fut tombé, la fa(r)ce fut! (giorgio di saintsa)

L’amer peuple français ne veut plus de Pépère
Carlita au secours ! Ton Raymond veut la paire !
Or un second mandat nous mettra tous à terre.
Pour l’amour de Giulia, dis-lui donc de se taire (Myrelingues)

Entends donc Sarkholland le hurlement qui vient (pascal tournaire)

Et nous en oublions, des dizaines et des dizaines: vous pouvez retrouver toutes les contributions ici.

Après avoir examiné ce gros millier de vers, le jury a longuement soupesé l'intéressante proposition d'Alain Zalmanski:
J'offre un gros pot de vin aux membres du jury,
Pour autant que je sois gagnant du premier prix

Cette aimable suggestion malheureusement insuffisamment argumentée a été repoussée. Intraitable, le président Patrice Beray s'est ensuite retiré pour des consultations approfondies avec lui-même. Et donc, nous y voilà enfin. C'est l’abonné(e) JNSPQD qui emporte le premier «Trophée du Poèt-Poèt» Mediapart pour cet alexandrin imparable:

Malins riez ce jour l’amer promet retour
(JNSPQD, janvier 2014)

Commentaire de Patrice Beray: «On sent toute une tradition sous cet alexandrin ! Il moque parfaitement la déclaration sarkozyenne et emporte donc le Trophée... Mille bravos à tous d’avoir su redresser la langue plate de la com' qui fait mine de faire retour, aussi plate qu’une mer sans horizon. Nos abonnés ont su prendre la com de l’ex-président au mot, au "vers faux", pour la lui retourner comme une vague, une gifle en plein visage».

Dans sa grande générosité, le jury a décidé, en violation flagrante du règlement, de décerner deux autres prix ex-aequo pour les vers suivants:

Là où la mer est passée, bin c’est tout mouillé
(Jean-Philippe Cazier)

Je suis l’hyper-nerveux, le bref, le déjanté
(de Michel Delarche)

JNSPQD a donc la chance rare de gagner nos deux ouvrages consacrés au sarkozysme, N’oubliez pas ! et Finissons-en (à ce propos, merci de nous envoyer votre adresse postale!).
Et nos trois lauréats, JNSPQD, Jean-Philippe Cazier et Michel Delarche, sont invités à assister à notre prochaine émission de «En direct de Mediapart»: c'est ce vendredi 7 février, de 18 heures à 23 heures, avec comme invitée spéciale Cécile Duflot.

Les réclamations sont à adresser à Patrice Beray, aucune ne sera examinée. Merci de votre participation!

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