Le FN et la haine du journalisme

Une fois de plus, le Front national a barré la route à Mediapart et à notre consœur Marine Turchi, en lui interdisant d'assister à son université d'été qui se tient ce week-end à Marseille. Le parti d'extrême droite confirme ainsi qu'il n'est pas un parti comme les autres en foulant aux pieds l'un des premiers principes de la République, la liberté d'informer.

Une fois de plus, le Front national a barré la route à Mediapart et à notre consœur Marine Turchi, en lui interdisant d'assister à son université d'été qui se tient ce week-end à Marseille. Le parti d'extrême droite confirme ainsi qu'il n'est pas un parti comme les autres en foulant aux pieds l'un des premiers principes de la République, la liberté d'informer.

« Comme chaque année, ils ne sont pas invités », a indiqué à l'AFP Alain Vizier, directeur du service de presse du FN. Le 3 septembre, Marine Turchi faisait effectivement une demande d'accréditation à l'université d'été. Dans le quart d'heure, Alain Vizier lui répondait d'une phrase : « Nous sommes au regret de vous informer que vous n'êtes pas accréditée à l'Université d'été du Front national. » Ci-dessous les deux mails :

 

 

Depuis 2012, Marine Turchi se voit régulièrement interdite d'accès aux diverses manifestations du Front national. « Marine Le Pen opère un tri sélectif des journalistes et démontre qu'elle ne tolère et ne respecte toujours pas la liberté de la presse et la liberté d'informer », commente notre consœur. Furieuse de ne pas avoir été invitée à l'un des débats organisés par Mediapart avec les candidats à l'élection présidentielle de 2012, la dirigeante du parti d'extrême droite nous a donc depuis inscrits sur sa liste noire.

Les pressions sur Marine Turchi se sont depuis multipliées. En janvier dernier, un des proches de Marine Le Pen la menaçait en ces termes – « Je vais te tuer » –, alors qu'elle enquêtait sur les diverses sociétés d’Axel Loustau, le trésorier de « Jeanne », le micro-parti personnel de la présidente du FN, récemment mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le financement de la campagne des législatives de 2012 du Front national (lire ici notre article). Ce week-end, sur fond de conflits multiples au sein du parti, c'est d'ailleurs la société d'Axel Loustau, Vendôme sécurité, qui a été choisie pour assurer la sécurité de l'université d'été du Front, le traditionnel DPS étant jugé peu sûr... (lire article ici).

En septembre 2014, notre consœur avait pu brièvement assister à l'université d'été du Front national de la jeunesse qui se tenait à Fréjus avant de s'en faire expulser. Par solidarité, plusieurs confrères avaient alors boycotté la manifestation d'extrême droite. Le Front national avait également refusé d'accréditer Mediapart et « Le Petit Journal » de Canal Plus à son dernier congrès, en novembre 2014 à Lyon (notre article ici).

Cette interdiction professionnelle, faite par un parti qui prétend accéder aux responsabilités et dispose désormais de nombreux élus, a été d'autant plus renforcée que de nombreuses enquêtes de Mediapart ont révélé les financements obscurs du mouvement d'extrême droite qui se trouve sous le coup de plusieurs enquêtes judiciaires, tout comme le patrimoine caché de Jean-Marie Le Pen. Nous avons également dévoilé les importants financements russes dont dispose le parti. Vous pouvez retrouver ci-dessous nos principaux articles dans notre dossier :

Les affaires financières du Front national

Il va de soi que, même interdit, Mediapart couvrira ce week-end l'université d'été du FN.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.