François Bonnet
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Journaliste à Mediapart

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Billet de blog 5 nov. 2015

Vous êtes des milliers à soutenir Mediapart: participez à notre campagne de dons

Alors que la presse coule à pic ou est rachetée par de puissants industriels, l'administration fiscale ne trouve rien de mieux que de frapper durement Mediapart, journal indépendant qui refuse toute subvention publique, en le mettant en demeure de payer 4,1 millions d’euros! Pour répondre à ce coup bas, nous lançons une campagne exceptionnelle de soutien et un appel à dons (c'est ici) sur la plateforme J'aime l'info.Vendredi à 12h30, vous étiez déjà 3.745 donateurs pour une somme globale de 182.000 €. Merci.

François Bonnet
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Journaliste à Mediapart

Alors que la presse coule à pic ou est rachetée par de puissants industriels, l'administration fiscale ne trouve rien de mieux que de frapper durement Mediapart, journal indépendant qui refuse toute subvention publique, en le mettant en demeure de payer 4,1 millions d’euros! Pour répondre à ce coup bas, nous lançons une campagne exceptionnelle de soutien et un appel à dons (c'est ici) sur la plateforme J'aime l'info.


Vendredi à 12h30, vous étiez déjà 3.745 donateurs pour une somme globale de 182.000 €. Merci.

La presse va mal, et cette situation empire année après année. Cette crise a trois conséquences immédiates. D'abord, des plans sociaux à répétition dans les rédactions, et un appauvrissement de l'offre éditoriale et de sa qualité. Ensuite, une concentration sans précédent des grands médias dans les mains d'une dizaine d'industriels et banquiers (Dassault, Drahi, Niel, Lagardère, Pigasse, Pinault, Bouygues, Bolloré, Arnault), une concentration qui menace directement le droit des citoyens à une information libre et pluraliste. Enfin, des subventions publiques massives accordées par l'État à ces mêmes industriels pour maintenir en vie des médias lourdement déficitaires.

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Dans ce paysage sinistré, Mediapart a fait dès 2008 le choix d'utiliser à plein les potentialités de la révolution numérique. Pour construire un journal original, mettant l'enquête au cœur de son ambition éditoriale, pleinement participatif, refusant toute publicité et toute subvention publique.

Est-ce cette indépendance qui dérange tant les pouvoirs en place ? Est-ce cette indépendance qui nous vaut aujourd'hui les foudres de l'administration fiscale et donc du pouvoir ? S'agit-il de mettre à genoux l'un des très rares médias qui a pu s'imposer par ses révélations, par son journalisme de qualité et par une relation radicalement nouvelle avec ses lecteurs ? S'agit-il de briser un journal numérique qui a fait la démonstration qu'un modèle économique nouveau pouvait être bâti, Mediapart étant depuis quatre années largement bénéficiaire ?

En déclenchant quelques mois seulement après l'affaire Cahuzac (ce ministre du budget qui avait fraudé le fisc en ne déclarant pas un compte caché en Suisse) une procédure de contrôle fiscal, l'administration a fait le choix d'ignorer toutes les évolutions et innovations d'un secteur – la presse digitale – qui constitue aujourd'hui le premier moyen d'accès à l'information pour les citoyens.

Pendant que l'État verse à fonds perdus des subventions à des milliardaires propriétaires de médias (plus d'1 milliard d'euros en tout), son administration fiscale frappe une presse digitale qui ne vit que de ses lecteurs : Arrêt sur Images, Indigo Publications et Mediapart. Au terme d’une sanction absurde et injuste, Mediapart se voit mis en demeure de payer la somme globale de 4,1 millions d’euros ! (lire ici l'article d'Edwy Plenel qui détaille ce contentieux fiscal). À titre de comparaison, Mediapart a réalisé l'an dernier 8,8 millions de chiffre d'affaires et 1,5 million de résultat.

L’administration fiscale a en effet décidé de nous appliquer un taux de TVA discriminatoire pour la presse digitale, de 19,6 % puis de 20 % sur la période de 2008 à 2014, alors que ce taux est de 2,1 % pour la presse imprimée. Cette distorsion de concurrence pénalise l’ensemble de la presse numérique indépendante et menace le développement de notre journal.

Cet appel à dons est une réponse pour défendre un journal totalement indépendant des pouvoirs économiques et politiques. Mediapart qui compte aujourd'hui plus de 110 000 abonnés vit exclusivement de ses lecteurs. 95 % de nos recettes proviennent de vos abonnements.

Outre les abonnements, le vôtre, ceux de vos amis et proches, ceux des lecteurs désireux de nous rejoindre à cette occasion, nous lançons cette campagne de dons pour faire face à ce coup bas de l'administration. Grâce à votre soutien, nous pourrons continuer à développer un journal original, de référence, totalement participatif et surtout indépendant. Car en nous privant des réserves financières accumulées ces dernières années, l'administration bloque plusieurs de nos projets, dont celui de la construction pérenne de l'indépendance de Mediapart.

Depuis notre création, nous n'avons organisé qu'un seul appel à dons : c'était en 2008, année de notre lancement, et il s'agissait alors de financer nos frais d'avocat face à la douzaine de procès alors intentés par les Caisses d'épargne à la suite de la publication d'une longue enquête. La banque devait par la suite renoncer à ses plaintes et les sommes alors collectées ont permis de payer une partie de nos frais de justice. Aujourd'hui, face à la gravité de cette attaque du fisc, nous en appelons à nouveau à nos lecteurs mais aussi à tous ceux attachés à l'existence d'une presse libre et de qualité : construisez avec nous l'indépendance de Mediapart en contribuant sur la plateforme J'aime l'info.

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La Plateforme J'aime l'info, soutenez la presse en ligne est une plateforme de crowdfunding (financement communautaire) gérée par l'association J'aime l'info dont le Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (Spiil) est membre fondateur. Les dons à Mediapart, reconnu comme service de presse en ligne dans la catégorie “information politique et générale”, peuvent bénéficier d'une déduction fiscale (plus de précisions). Pour les particuliers soumis à l'impôt sur le revenu, cette déduction représente 66 % du montant du don : si vous donnez 100 euros, il ne vous en coûtera que 34 euros.

Les transactions sont effectuées par carte bancaire. Elles sont gérées par Paybox, un prestataire spécialisé proposant une solution entièrement sécurisée. J'aime l'info transmet chaque année aux internautes ayant consenti des dons une attestation à joindre à leur déclaration de revenus leur permettant de bénéficier de cet avantage. Mediapart rendra compte de l'utilisation de ces dons.

Depuis 2008, l'aventure Mediapart s'est construite avec ses lecteurs. C'est grâce à eux, grâce à vous que nous entendons poursuivre et franchir tous les obstacles dressés par les pouvoirs.

Pour faire un don, c'est ici (En cas de difficulté à accéder à la plateforme Jaimelinfo ce vendredi, merci de vous adresser à contact@mediapart.fr)
Pour vous abonner, c'est ici

Pour les personnes qui demandent à nous adresser un chèque: merci de le libeller à l'ordre de « Mediapart soutien » et de l'envoyer à l'adresse suivante: Mediapart Dons, 4 rue Saint-Hilaire, 86 000 Poitiers. En cas de difficulté à accéder à la plateforme Jaimelinfo, merci de vous adresser à contact@mediapart.fr

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