Réfugiés: la colère de l'eurodéputé Lamberts contre la France

L'eurodéputé écolo belge a critiqué devant le parlement européen dans des termes particulièrement virulents le projet d'accord UE-Turquie examiné lundi 7 mars par le conseil européen. Ses deux cibles: la Turquie et la France qui «perd son honneur» et a un premier ministre, Manuel Valls «au comportement puéril».

Philippe Lamberts sur l'Europe, la Turquie et la crise des réfugiés: "Faillite morale!" © EurodeputesEELV

Le projet d'accord entre l'Union européenne et la Turquie sur la gestion de la crise des réfugiés doit être entériné lors du prochain conseil européen le 18 mars. Mais le sera-t-il vraiment? Cet accord qui consiste, moyennant 3 milliards d'euros supplémentaires versés à Ankara, à sous-traiter à la Turquie cette crise migratoire (lire ici l'article de Ludovic Lamant) rencontre des oppositions de plus en plus fortes, au-delà des désaccords entre Etats membres de l'Union.

L'eurodéputé écolo belge Philippe Lamberts a dit très fort, mercredi devant le parlement européen, ce que beaucoup pensent. Cet accord, outre qu'il prend le risque de violer la convention de Genève sur le droit d'asile et les réfugiés de guerre, apparaît comme un formidable cadeau fait au régime autoritaire d'Erdogan et masque l'hypocrisie des Etats européens.

Philippe Lamberts s'en est pris vivement à la Turquie mais aussi à la France, dont les silences lors du conseil européen du 7 mars ont été fortement remarqués. Manuel Valls dénoncant à Munich, le mois dernier, la politique d'accueil d'Angela Merkel? «Un comportement puéril», juge l'eurodéputé. «Plutôt que de perdre son honneur en conférant la Légion du même nom au prince héritier de l'Etat islamique, je veux dire l'Arabie saoudite, je voudrais que la France assume ses responsabilités si elle veut mériter le titre des patries des droits de l'homme dont elle se drape un peu plus souvent qu'à son tour», ajoute-t-il.

Dans un entretien au site Euractiv, l'eurodéputé belge tape sur le clou. Sur cette crise des réfugiés, «la position de la France est abjecte», dit-il. «La lâcheté du gouvernement français dans cette crise migratoire est inqualifiable. Lorsque la Commission européenne a proposé un premier plan de répartition de 160 000 réfugiés, la réaction du Premier ministre Manuel Valls  a été de dire "Pas question", avant d’être rappelé à l’ordre par le président Hollande. La France a accepté d’accueillir 30 000 réfugiés sur deux ans, ce qui équivaut au nombre de réfugiés qui arrivait en deux jours et demi en Allemagne au plus fort de la crise. Cette pseudo unanimité de façade entre François Hollande et Angela Merkel est scandaleuse tant la France ne lève pas le petit doigt», explique-t-il (l'intégralité de l'entretien est à lire ici). «Cette faillite morale de l’UE, si elle atteinte tous les pays,  touche la France de plein fouet», juge-t-il.

Dans le cadre du plan de relocalisations de 160.000 réfugiés, la France a accueilli 62 personnes depuis l'île de grecque de Lesbos en 2015.

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