Haïti: urgence de médias, aussi

Dans le désastre haïtien, où sont désormais évoqués des bilans de 100.000 à 200.000 morts, il est une catastrophe particulière: celle des médias. Au moment où les pires rumeurs parcourent Port-au-Prince, le rétablissement des moyens d'information est aussi une urgence.
Haiti Earthquake: Grand Rue, Port-au-Prince © Le Nouvelliste Haiti
Dans le désastre haïtien, où sont désormais évoqués des bilans de 100.000 à 200.000 morts, il est une catastrophe particulière: celle des médias. Au moment où les pires rumeurs parcourent Port-au-Prince, le rétablissement des moyens d'information est aussi une urgence.
Tsunami, pillards, incendies, épidémies: les pires rumeurs commencent à circuler à Port-au-Prince, six jours après le tremblement de terre. L'extrême difficulté à organiser les distributions d'eau et de nourriture, l'état d'urgence absolue et l'épuisement de la population se conjuguent à une quasi-disparition des moyens d'information. Or, ils sont plus que jamais indispensables pour que la population de Port-au-Prince, mais aussi du reste du pays où d'autres villes ont été dévastées, puisse être informée de la manière dont l'aide se met en place.
Les radios sont le média largement dominant en Haïti et il en existe des centaines. Seules trois fonctionnaient par intermittence ce lundi, Signal FM, Caraïbes FM et l’antenne locale de Radio France Internationale (RFI). D'après des informations recueillies par Reporters sans frontières, la télévision Tele Ginen a été totalement détruite, ainsi que la chaîne Canal 11 et la station de radio Magik 9. La Télé nationale d'Haïti ne peut diffuser. Autre radio réputée, Radio Ibo a subi de sérieux dommages rendant impossible la diffusion de ses programmes. Le siège de l’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) a été également emporté.
Les deux quotidiens de l'île, Le Nouvelliste et Le Matin, ont cessé leur parution. Le directeur du premier, Max Chauvet est porté disparu. Quelques médias, Radio Kiskeya, Radio Metropole, Le Nouvelliste tentent d'alimenter leur site Internet. Le Nouvelliste a ainsi filmé les rues de Port-au-Prince depuis vendredi (vidéo ci-dessus ou ici).
En partenariat avec le groupe canadien Québécor, Reporters sans frontières va organiser cette semaine un centre de presse pour les journalistes haïtiens. «La presse haïtienne est en ruine, note l'organisation, or il est impossible de localiser des survivants, d’organiser des secours et de répartir l’aide sans le relais d’une solide information par des médias en état de fonctionner.» Pour en savoir plus sur l'opération de Reporters sans frontières, cliquez ici.

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