L'artiste russe Piotr Pavlenski à la soirée «Sonnons l'alarme!»

Piotr Pavlenski, l'un des artistes les plus connus en Russie pour ses «performances», est en France, où il demande l'asile politique. Revendiquant un «art politique» qui dénonce le régime de Vladimir Poutine, il se trouve sous la menace d'un dossier judiciaire qui peut lui valoir dix ans de camp. Il participera lundi à la soirée organisée par Mediapart au Théâtre du Rond-Point à 20h.

Piotr Pavlenski. © Piotr Pavlenski Piotr Pavlenski. © Piotr Pavlenski
Piotr Pavlenski est arrivé en France, avec sa compagne Oksana Chaliguina et leurs deux enfants, il y a une semaine. L'artiste russe a décidé de demander l'asile politique à la France, s'estimant menacé par une affaire judiciaire montée de toutes pièces par le régime russe et qui pourrait lui valoir dix ans de camp. « Le pouvoir cherche à faire de moi un fou ou un criminel », a-t-il expliqué dans un entretien à France Info. En décembre dernier, il a appris lors d'un interrogatoire de police qu'il était visé par une affaire de violences sexuelles en réunion à l'encontre d'une jeune actrice russe. Ce qu'il nie catégoriquement. « On nous a expliqué qu'on avait en gros deux possibilités, aller en prison dans un camp pour dix ans, avec tout le loisir d'expliquer aux autres prisonniers qu'on avait été victimes d'une sale intrigue, ou partir de Russie », a expliqué l'artiste.

Depuis 2012, Piotr Pavlenski est devenu l'une des figures les plus connues de la contestation dans les milieux artistiques. Cette année-là, il se coud les lèvres en soutien au groupe Pussy Riot dont les membres sont condamnées et certaines emprisonnées pour avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou une « prière punk » critiquant Vladimir Poutine.

Depuis Piotr Pavlenski revendique un « art politique. Ce que je dénonce, c'est l'individu réduit à l'état de bétail par l'État, la propagande et les instruments du pouvoir ». Ces performances, largement médiatisées sur internet et les réseaux sociaux russes, exaspèrent le pouvoir. Il arrose d'essence et incendie les portes du siège de l'ex-KGB, place de la Loubianka à Moscou (ce qui lui vaudra sept mois de détention). Il se cloue la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge.

"Fixation" de Piotr Pavlenski en novembre 2013. L'artiste s'est cloué la peau des testicules sur le pavé de la place Rouge, à Moscou. © Reuters "Fixation" de Piotr Pavlenski en novembre 2013. L'artiste s'est cloué la peau des testicules sur le pavé de la place Rouge, à Moscou. © Reuters

Il s'enroule, nu, dans un rouleau de fil barbelé. Il se coupe le lobe d'une oreille, assis, nu, sur le mur de l'institut psychiatrique Serbsky, haut lieu de la psychiatrie répressive soviétique, ce qui lui vaut un internement. Il doit se plier à des tests qui, tous, concluent à l'absence de troubles. Lui revendique ces performances qui mettent en scène la souffrance du corps face à l'appareil répressif de l'État. « Le corps est le seul moyen qui existe pour exprimer suffisamment clairement la violence qui règne et s'exerce sur la société russe », dit-il.

Piotr Pavlenski et Oksana Chaliguina participeront lundi 23 janvier à la soirée organisée par Mediapart au Théâtre du Rond-Point, à Paris à partir de 20 h. L'entrée est libre pour les abonnés de Mediapart. L'événement sera retransmis en direct sur Mediapart.

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Piotr Pavlenski a également publié un livre traduit en français dans lequel il détaille sa démarche artistique : Le cas Pavlenski, la politique comme art,

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