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Le Club de Mediapart mer. 27 juil. 2016 27/7/2016 Édition du matin

Cahuzac: AFP ou agence TASS?

Comment faire d’une dépêche d’agence, a priori froide et factuelle, un monument de désinformation pour voler au secours de Jérôme Cahuzac ? Un bel exemple vient d’en être donné par l’Agence France Presse qui laisse mettre gravement en cause l’honneur professionnel de Mediapart.

Comment faire d’une dépêche d’agence, a priori froide et factuelle, un monument de désinformation pour voler au secours de Jérôme Cahuzac ? Un bel exemple vient d’en être donné par l’Agence France Presse qui laisse mettre gravement en cause l’honneur professionnel de Mediapart.

La communication de crise se poursuit de plus belle pour Jérôme Cahuzac, soutenu par Stéphane Fouks, grand manitou de l’agence Havas Worlwide/EuroRSCG, et quelques autres acteurs des réseaux rocardiens devenus strauss-khaniens toujours à l’œuvre. Mercredi, Le Figaro, à la suite de plusieurs autres médias, faisait état sur une pleine page du malaise grandissant à l’Elysée et au gouvernement concernant ce qui est devenu l’affaire Cahuzac. Cité par Le Figaro en off, un conseiller ministériel résumait le dilemme : «On ne va pas se traîner une “affaire Woerth” pendant six mois. À un moment, Hollande fera un arbitrage politique». Un propos proche des analyses que plusieurs responsables nous ont confiées (lire ici notre article L’embarras croissant de l’Élysée).

Heureusement, il y a l’AFP ! Quelques heures plus tard, une dépêche de l’agence tombait sur le fil. Titre : «Cahuzac a priori solidement installé au gouvernement, selon des experts ». Deux journalistes de l’agence interrogent dans cette dépêche (à lire intégralement à la fin de ce billet) des politologues et analystes d’instituts de sondages. Il ne nous revient certainement pas de contester l’utilité du sujet, l’AFP étant, nous l’espérons vivement, entièrement maître de ses choix.

En revanche, nous contestons vivement les nombreuses malfaçons de cette dépêche, qui a d’ailleurs du être corrigée quelques heures plus tard (nous y reviendrons).

Qui est interrogé ?

Gérard Grunberg, présenté comme politologue et membre du Centre d'études européennes de Sciences-Po. Pour lui, Jérôme Cahuzac « est considéré comme l'un des ministres les plus sérieux, qui porte tout le projet de Hollande ». Nos collègues de l’AFP omettent un élément. Gérard Grunberg est un rocardien de toujours, comme le fut Jérôme Cahuzac. Il a même été membre du cabinet de Michel Rocard, premier ministre, quand Jérôme Cahuzac était membre du cabinet de Claude Evin, ministre de la santé sous Michel Rocard… « Oui, bien sûr, j’ai connu jadis Jérôme Cahuzac lorsqu’il était rocardien », nous a d’ailleurs confirmé Gérard Grunberg, contacté ce jeudi matin.

Dommage que nos amis de l’AFP n’aient pas jugé utile ce rappel.

Jérôme Fourquet est aussi interrogé, présenté comme « de l’Ifop ». Pour cet analyste des études d’opinion, Jérôme Cahuzac «est un peu comme Manuel Valls (autre rocardien historique- ndlr) aux yeux de l'électorat de droite, c'est celui qui passe le mieux à droite ». Nos collègues de l’AFP omettent un élément. Jérôme Fourquet a participé il y a peu à un livre avec… Jérôme Cahuzac ! Publié par la Fondation Jean Jaurès, que dirige Gilles Filchenstein, proche de Manuel Valls, ami de toujours et collaborateur de Stéphane Fouks, ce livre de 2011 est consacré à la crise de l’euro.

Dommage que nos amis de l’AFP n’aient pas jugé utile ce rappel.

Mais cette amnésie n'a pas pour autant empêché des courts-circuits ! Car l’AFP a du réécrire sa dépêche. Dans une première version, le propos suivant était attribué à Gérard Grunberg :
« La droite comme la gauche supportent assez mal l'optique de journalisme que fait Mediapart (...) On sait très bien que ces gens-là ont un projet politique... et qu'ils veulent dynamiter le système politique »

Dans une deuxième version, ce paragraphe est ainsi reformulé, pour partie en style indirect :
« "La droite comme la gauche supportent assez mal l'optique de journalisme que fait Mediapart", dit Gérard Grunberg, jugeant que ce site d'information pratique davantage un journalisme engagé "anti-système" que l'investigation ».

Tiens donc ! La première citation n’est pas loin de nous assimiler à l’anti-France, nous déniant au passage toute qualité de journalistes. La seconde n’est guère mieux même si moins abrupte… Nos confrères n’ont pas jugé bon de nous appeler pour nous demander une réaction (une courte phrase aurait suffi) à cette grave mise en cause professionnelle.

Et en plus, contacté par Mediapart, Gérard Grunberg dément la première citation qui lui est attribuée par l’AFP! Il assure de même ne pas avoir appelé les journalistes auteurs de la dépêche pour la corriger. « Ca s’est fait au téléphone, très vite, je n’ai pas lu la dépêche », dit-il. A l’AFP, Pierre Glachant, l’un des auteurs de la dépêche, reconnaît qu’il aurait pu nous appeler, mais que ce n’était pas vraiment le sujet et qu’il n’avait pas de place… Interrogé sur le fait de ne pas avoir signalé les proximités entre Gérard Grunberg, Jérôme Fourquet et Jérôme Cahuzac, notre confrère ne sait que répondre.

Matthieu Demeestere, l’un des responsables du service politique de l’AFP, reconnaît avoir lui même réécrit la dépêche dont la deuxième version fut publiée quelques heures plus tard, pour atténuer la mise en cause de Mediapart. Le démenti de Gérard Grunberg ? Il n’est pas au courant. Ne pas avoir signalé « d’où parlaient » MM. Grunberg et Fourquet ? « Nous n’étions pas au courant du livre, pour le reste, l’angle du papier était de faire parler des experts ». Des experts sans histoire, sans engagement, sans amitié… une parole désincarnée tombée du ciel…

Jérôme Cahuzac, lui, peut être rassuré : « des experts » sont à ses côtés. Et tant pis pour l’information !

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Ci-dessous, concernant Gérard Grunberg, un extrait du livre d'Ariane Chemin, La Promo Sciences-po 1986,  éditions Stock, 2004:

 

Ci-dessous, le livre auquel Jérôme Fourquet a participé avec Jérôme Cahuzac et Joachim Poß: Crise de l'euro, crise de l'Europe. L'essai rassemble trois interventions faites lors d’un séminaire organisé par la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Friedrich Ebert. Il peut être gratuitement téléchargé en cliquant ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessous, les deux dépêches dans leur version intégrale:

Première version:

Cahuzac a priori solidement installé au gouvernement, selon des experts (PAPIER D'ANGLE)

Par Pierre GLACHANT et Jean-Philippe CHOGNOT

=(Photo Archives)=

PARIS, 26 déc 2012 (AFP) - La position de Jérôme Cahuzac au gouvernement paraît toujours solide et le restera tant que les accusations de compte bancaire secret en Suisse contre lui ne seront pas irréfutables, jugent des politologues interrogés par l'AFP, en relevant la retenue de la droite à son égard.

Le dossier n'est "pas béton et l'image personnelle de (Jérôme) Cahuzac n'est pas si mauvaise que ça à droite. Le dossier en lui-même n'est pas très convaincant, il n'y a pas de preuve complètement établie de l'existence de ce compte", résume Jérôme Fourquet, de l'Ifop.

"On n'est pas dans un contexte où les preuves seraient accablantes, où il ne bénéficierait que du soutien du Premier ministre et du président de la République et où il devrait faire face à des attaques permanentes de la part de l'opposition qui aurait décidé de le faire tomber pour affaiblir le gouvernement", poursuit ce spécialiste.

"Tant qu'on n'aura pas de preuves claires, absolues qu'il a eu un compte, je pense que (François) Hollande voudra absolument le garder. Il faudrait vraiment qu'il y ait des progrès importants dans cette affaire pour que Hollande change et il ne le fera que s'il est contraint et forcé", renchérit Gérard Grunberg, du Centre d'études européennes de Sciences-Po.

"Maintenant, il n'est pas du tout sûr, d'abord, que ce soit vrai, ensuite, qu'on pourra le prouver", ajoute-t-il.

Gérard Grunberg relève également que Jérôme Cahuzac "est considéré comme l'un des ministres les plus sérieux, qui porte tout le projet de Hollande (...) de réduire les déficits dans les années qui viennent" et le remplacer "serait très ennuyeux" pour l'exécutif.

Ces experts insistent aussi sur la modération de l'opposition à l'égard du ministre.

"C'est quelqu'un qui est réputé pour sa connaissance experte des dossiers (...) Dans les séances des questions d'actualité au gouvernement, c'est l'un des ministres les plus pugnaces", relève Frédéric Dabi, un autre politologue de l'Ifop.

Mais au-delà, "c'est lui qui serre les boulons, qui essaye de tenir les comptes. Il est un peu comme Manuel Valls aux yeux de l'électorat de droite, c'est celui qui passe le mieux à droite", commente Jérôme Fourquet.

Bien loin du "socialiste dépensier qui jetterait l'argent par les fenêtres", l'opposition lui reconnaît "un certain sérieux, un certain professionnalisme dans son action au Budget, qui est un thème très sensible pour l'électorat et les responsables de la droite", ajoute-t-il.

D'ailleurs Jean-François Copé confiait au tout début de l'affaire Cahuzac avoir pour le ministre une "estime personnelle". "Dans cet ensemble gouvernemental tellement amateur et chaotique, il est un des rares ministres dont on peut dire d'une manière unanime qu'il connaît vraiment bien les sujets dont il parle", ajoutait le numéro un de l'UMP.

L'ancien ministre de la Défense, Hervé Morin, président du Nouveau Centre, déclarait aussi vouloir laisser "le bénéfice du doute" au ministre du Budget.

Les spécialistes relèvent en outre que droite et gauche confondues sont pour le moins frileuses à l'égard de Mediapart, à l'origine de l'accusation contre Jérôme Cahuzac.

"La droite comme la gauche supportent assez mal l'optique de journalisme que fait Mediapart (...) On sait très bien que ces gens-là ont un projet politique... et qu'ils veulent dynamiter le système politique", selon Gérard Grunberg.

"Mediapart a laissé de mauvais souvenirs à droite", constate Jérôme Fourquet, rappelant l'affaire Bettencourt et la mise en cause de l'ancien ministre UMP Eric Woerth.

Pour Frédéric Dabi enfin, l'affaire Cahuzac "n'est pas un sujet de préoccupation" dans l'opinion, dans un "contexte de crise" où "l'angoisse sociale est au coeur des préoccupations".

pg-jah/mad/lth

 Deuxième version:

Cahuzac a priori solidement installé au gouvernement, selon des experts (PAPIER D'ANGLE,ACTUALISATION)

Par Pierre GLACHANT et Jean-Philippe CHOGNOT

=(PHOTO ARCHIVES)=

ATTENTION - ajoute background et antépénultième paragraphe reformulé ///

PARIS, 26 déc 2012 (AFP) - La position de Jérôme Cahuzac au gouvernement paraît toujours solide et le restera tant que les accusations de compte bancaire secret en Suisse contre lui ne seront pas irréfutables, estiment mercredi des politologues interrogés par l'AFP, en relevant la retenue de la droite à son égard.

Le dossier n'est "pas béton et l'image personnelle de (Jérôme) Cahuzac n'est pas si mauvaise que ça à droite. Le dossier en lui-même n'est pas très convaincant, il n'y a pas de preuve complètement établie de l'existence de ce compte", résume Jérôme Fourquet, de l'Ifop.

"On n'est pas dans un contexte où les preuves seraient accablantes, où il ne bénéficierait que du soutien du Premier ministre et du président de la République et où il devrait faire face à des attaques permanentes de la part de l'opposition qui aurait décidé de le faire tomber pour affaiblir le gouvernement", poursuit ce spécialiste.

"Tant qu'on n'aura pas de preuves claires, absolues qu'il a eu un compte, je pense que (François) Hollande voudra absolument le garder. Il faudrait vraiment qu'il y ait des progrès importants dans cette affaire pour que Hollande change et il ne le fera que s'il est contraint et forcé", renchérit Gérard Grunberg, du Centre d'études européennes de Sciences-Po.

"Maintenant, il n'est pas du tout sûr, d'abord, que ce soit vrai, ensuite, qu'on pourra le prouver", ajoute-t-il.

Gérard Grunberg relève également que M. Cahuzac "est considéré comme l'un des ministres les plus sérieux, qui porte tout le projet de Hollande (...) de réduire les déficits dans les années qui viennent" et le remplacer "serait très ennuyeux" pour l'exécutif.

Ces experts insistent aussi sur la modération de l'opposition à l'égard du ministre.

"C'est quelqu'un qui est réputé pour sa connaissance experte des dossiers (...) Dans les séances des questions d'actualité au gouvernement, c'est l'un des ministres les plus pugnaces", relève Frédéric Dabi, un autre politologue de l'Ifop.

Mais au-delà, "c'est lui qui serre les boulons, qui essaye de tenir les comptes. Il est un peu comme Manuel Valls aux yeux de l'électorat de droite, c'est celui qui passe le mieux à droite", commente Jérôme Fourquet.

Bien loin du "socialiste dépensier qui jetterait l'argent par les fenêtres", l'opposition lui reconnaît "un certain sérieux, un certain professionnalisme dans son action au Budget, qui est un thème très sensible pour l'électorat et les responsables de la droite", ajoute-t-il.

D'ailleurs Jean-François Copé confiait au tout début de l'affaire Cahuzac avoir pour le ministre une "estime personnelle". "Dans cet ensemble gouvernemental tellement amateur et chaotique, il est un des rares ministres dont on peut dire d'une manière unanime qu'il connaît vraiment bien les sujets dont il parle", ajoutait le numéro un de l'UMP.

L'ancien ministre de la Défense, le centriste Hervé Morin, déclarait aussi vouloir laisser "le bénéfice du doute" au ministre du Budget.

Les spécialistes relèvent en outre que droite et gauche confondues sont pour le moins frileuses à l'égard de Mediapart, à l'origine de l'accusation contre Jérôme Cahuzac.

"La droite comme la gauche supportent assez mal l'optique de journalisme que fait Mediapart", dit Gérard Grunberg, jugeant que ce site d'information pratique davantage un journalisme engagé "anti-système" que l'investigation.

"Mediapart a laissé de mauvais souvenirs à droite", constate Jérôme Fourquet, rappelant l'affaire Bettencourt et la mise en cause de l'ancien ministre UMP Eric Woerth.

Mediapart a rendu public début décembre un enregistrement datant, selon le site, de fin 2000, dans lequel un homme présenté comme étant Jérôme Cahuzac avoue détenir un compte dans une banque suisse. Le ministre, chirurgien de profession, qui a fait fortune dans les implants capillaires, a jugé "délirantes" ces accusations et porté plainte pour diffamation.

pg-jah/mad/nm

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Tous les commentaires

E. Woerth aidait Cahuzac, Pulvar et Bachelot aidaient Cahuzac, Zemour et Apathie (ex-perroquets Calviste de France 5) aidaient Cahuzac, de  même Tapie Voleuse, aidait Cahuzac, en se parrant d'objectivité, car disait-il: "Cahuzac ne m'avait pas épargné".. dans la commision des finance de l'assemblée nationale (la bonne blague!!), d'où même Charles de Courçon a faillit sortir dingue d'assisté à celle-ci.

© Europe1fr
   Pas d'affaire Woerth (Flou) / La belle présomption d'innocence pour son pote / Crise de régime (Flou) / Crise morale (Flou) / La dissolution (Qui y croyait ?).

   La difficulté pour le procureur Couroye ? (Bien prudent Cahuzac, pourquoi s'il doutait des instructions reçues par Courroye, prenait-il cela au dessus de la jambe ?).

Bien heureux, à l'époque la Cas Huzac !!!!
© BFMTV

 Une phrase louche totalement Estoufiante:
- Pas un truc vrai! Des trucs muches faux de A à Z.
- Mais temps en temps c'est vrai, temps en temps c'est faux..
Et oui! Et là c'était putôt : Temps Zen Temps c'est vrai!

 

Et le story fucking Beregovoy...... de l'acteur Tapie Tapin!

 Tapie : Il n'a tué personne .... Faudrait éduquer Tapie Tapin pour qu'il apprène, combien de personne la corruption (Servier ... Blanchiment des paradis Fiscaux - Claude Méry - Lobying - Vante d'Armes - Françafric etc rats) Tue, pour le petit confort des saintes ni touche corrompues! 

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